[Vos réactions] Prix et « qualité » des cantines en Normandie, des disparités

La revue 60 millions de consommateurs publie une longue enquête sur les cantines françaises sous le titre Les inégalités s'invitent au menu. Où mange-t-on le "mieux" en Normandie ?

Mise à jour : 28/08/2015 à 16:23 par Karine Lebrun

L'enquête de 60 millions de consommateurs pointe les inégalités entre grandes et petites communes (photo d'illustration Fotolia).
L'enquête de 60 millions de consommateurs pointe les inégalités entre grandes et petites communes (photo d'illustration Fotolia).

La rentrée scolaire approche, et, avec le retour des enfants sur le chemin de l’école, les parents optent, dans une majorité des cas, pour une inscription de leur progéniture dans un service de restauration scolaire. Le magazine 60 millions de consommateurs s’est saisi de ce moment propice pour publier, dans son édition de septembre 2015, une enquête de longue haleine sur les cantines scolaires, avec un titre choc: « Les inégalités s’invitent au menu des cantines ». La rédaction de 60 millions de consommateurs a exploré ces inégalités. Premier constat établi : « En termes de qualité, de services et de prix, mieux vaut habiter une grande ville qu’une petite commune. » Six millions d’enfants et d’adolescents fréquentent en France la cantine scolaire.

Au Havre et à Rouen, 32 minutes en moyenne pour déjeuner ?

L’organisation de la restauration scolaire se fait non pas au niveau national, mais au niveau local. De fait, chaque commune « fait avec son budget, ses moyens humains et ses convictions », souligne la journaliste, Patricia Chairopoulos.  Pour les besoins de cette enquête, elle a recueilli les réponses de plus de 2 500 mairies et 1 100 parents d’élèves. Premier chiffre à retenir : 83 % des communes de moins de 5 000 habitants assurent le service seulement quatre jours par semaine tandis que les villes plus importantes peuvent ouvrir la cantine, le mercredi aussi. Avantages pour les premières, les enfants disposent de 43 minutes en moyenne contre 35 minutes dans les villes comme Caen (Calvados) et Évreux (Eure), 32 minutes dans les communes avec plus d’habitants comme Le Havre et Rouen en Seine-Maritime.

Le bio à la cantine : encore du chemin à faire

Autres chiffres importants : moins de 50 % des petites communes en-dessous de 1 000 habitants servent des aliments bio à la cantine, contre 75 à 93 % dans les grandes villes, un enfant sur deux se dit insatisfait de la qualité des repas servis à la cantine, 13 %, seulement,  des communes de moins de 5 000 habitants réduisent le prix du repas en fonction du quotient familial, contre une large majorité des villes plus importantes. Concernant le coût, d’ailleurs, l’enquête révèle que le prix moyen d’un repas augmente au fur à mesure de l’agrandissement de la taille de la commune : 3, 69 euros pour les communes de 500 à 1000 habitants, 3, 85 euros pour les communes de 1 000 à 5 000 habitants, 4, 49 euros pour les communes de 5 000 à 10 000 habitants, 4, 53 euros pour les communes de 10 000 à 50 000 habitants et 4, 83 euros pour les communes de 50 000 à 200 000 habitants. La tendance s’inverse dès lors que le nombre d’habitants de l’agglomération franchit les 200 000 : le prix du repas descend à 4, 13 euros.

Quel est le prix « plein pot » du repas des villes de Normandie ?

Les principales villes normandes s’inscrivent-elles dans cette politique de prix ? Dans la catégorie des villes de 50 à 200 000 habitants, la ville du Havre (Seine-Maritime), oui. Le prix “plein pot”du repas pour l’année 2015 /2016 grimpe cette année à 5,18 euros.
Á Rouen (Seine-Maritime), il est établi à 5, 28 euros. La commune de Caen (Calvados) sort du lot avec un prix “plein pot” pour les Caennais de 3, 99 euros. Pour les hors Caen, la facture grimpe en revanche à 5, 50 euros, le repas. Á Saint-Lô (Manche), ville de 20 000 habitants, le plein tarif est de 4, 84 euros, le repas. Á Alençon (Orne), ville de 30 000 habitants, il est de 3,84 euros. Enfin, à Évreux (Eure), il est établi à 5, 30 euros pour les habitants de la ville et à 7, 80 euros pour les hors commune.
En Normandie, c’est un fait, les communes privilégient le circuit court. Pour l’exemple, en Seine-Maritime, 70 % des produits qui entrent dans la composition des repas proviennent de la production locale. Cette préférence joue inévitablement sur le prix des repas de la cantine.

> Lire aussi : Manifestation des agriculteurs : En Normandie, les produits servis à la cantine sont-ils locaux ?

Un repas de substitution végétarien à l’école : un projet de loi déposé

L’enquête de 60 millions de consommateurs s’intéresse également aux repas de substitution (repas sans porc, sans viande spécifique pour les personnes allergiques). On apprend que 52 % des communes les établissent à la demande des parents. Le sujet a fait débat cet été et a divisé la droite. Il est encore loin d’être clos : le député UDI, Yves Jégo, veut proposer, à la rentrée, un projet de loi pour rendre obligatoire la présence d’un menu végétarien dans les cantines scolaires. Cela permettra aux enfants, « qui pour des raisons médicales, pour des raisons éthiques, pour des raisons religieuses ne veulent pas manger de viande parce que ceci parce que cela (…) de ne pas les stigmatiser », a-t-il expliqué dans les colonnes du Huffington Post, le 25 août 2015. Il déposera cette proposition de loi « à la rentrée parlementaire ».« C’est simple, et cela garantit l’apport en protéines », a-t-il encore argumenté.

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