Dieppe Vol MH370. Deux ans après, une famille de Seine-Maritime toujours portée disparue

La veille du deuxième anniversaire de la disparition du vol MH370 de la Malaysia Airlines, des familles de victimes chinoises ont décidé de porter plainte contre la compagnie.

Mise à jour : 07/03/2016 à 18:01 par La Rédaction

© AFP/FRED DUFOUR. Des proches des victimes du MH370 à la sortie du Tribunal des affaires ferroviaires le 7 mars 2016 à Pékin
Des proches des victimes du MH370 à la sortie du tribunal des affaires ferroviaires le 7 mars 2016 à Pékin. (© AFP/Fred Dufour)

Le 8 mars 2014, le vol MH370 reliant Kuala Lumpur à Pékin disparaissait des écrans radars, peu de temps après son décollage. Le mystère demeure entier pour les familles des victimes. Les proches de 12 passagers chinois du vol MH370 de la Malaysia Airlines ont déposé plainte lundi 7 mars 2016 contre la compagnie, devant un tribunal de Pékin, à la veille du deuxième anniversaire de la disparition de l’appareil, et du délai légal pour cette procédure. Dans l’avion, une famille originaire de Seine-Maritime.

Une famille de Normandie toujours endeuillée

Plusieurs membres d’une famille de Normandie se trouvaient à bord de l’appareil et font partie des victimes de ce vol. Le 8 mars 2014, Laurence Wattrelos (51 ans), originaire de Saint-Aubin-sur-Scie, près de Dieppe (Seine-Maritime), disparaissait avec deux de ses trois enfants, Ambre (13 ans) et Hadrien (17 ans), ainsi que la petite amie de ce dernier. Depuis, le père de famille, Ghyslain Wattrelos, se bat pour que les causes de la disparition de l’appareil soient établies.

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Ghyslain Wattrelos a perdu trois membres de sa famille, avec la disparition du vol MH370 de la Malaysia Airlines. (Photo archives)
Ghyslain Wattrelos a perdu trois membres de sa famille, qui se trouvaient à bord du vol MH370 de la Malaysia Airlines. (Photo archives)

Des familles « profondément déchirées »

À Pékin, massés dans un petit bureau du tribunal des affaires ferroviaires, en charge du dossier MH370, les proches, certains en larmes, ont remis aux fonctionnaires les documents nécessaires pour leur plaint e. Selon la version officielle, l’appareil se serait abîmé au sud de l’océan Indien. Mais l’affaire reste à ce jour le plus grand mystère de l’aéronautique moderne.
La loi internationale donne deux ans aux familles pour déposer une plainte dans les affaires d’accidents aériens. Mais les familles chinoises étaient « profondément déchirées » quant à la décision d’aller en justice, a déclaré l’avocat du groupe de plaignants, lundi 7 mars.
Car même en déposant plainte, beaucoup de proches des disparus chinois restent convaincus que leurs parents sont encore en vie, peut-être retenus de force quelque part, et ce, en dépit d’une pièce de l’avion retrouvée sur l’île de la Réunion et d’autres éventuels débris au Mozambique.

Ils pensent que s’ils acceptent les compensations, la compagnie aérienne peut rejeter toute responsabilité ultérieure et se laver les mains de ce qui s’est passé, et que le public va spontanément tout oublier », a expliqué M. Zhang, leur avocat.
Ghyslain Wattrelos (3e à d), proche de victimes du vol MH370 de la Malaysia Airlines qui a disparu en mars 2014, en tête d'une marche silencieuse vers le Palais de l'Élysée à Paris, le 8 mars 2015 ( ©AFP/Archives/THOMAS SAMSON)
Ghyslain Wattrelos (3e à d), proche de victimes du vol MH370 de la Malaysia Airlines qui a disparu en mars 2014, en tête d'une marche silencieuse vers le Palais de l'Élysée à Paris, le 8 mars 2015 ( ©AFP/Archives/THOMAS SAMSON)

Les indemnisations demandées s’échelonnent de 5 à 8 millions de yuans (700 000 à 1,12 million d’euros) par victime, a précisé l’avocat. Une indemnisation calculée en fonction des âges et des revenus des victimes.

À l’origine, beaucoup ne voulaient pas déposer plainte, et continuer à attendre. Mais il y a une limite de temps, donc ils n’ont pas le choix. Perdre le droit de déposer plainte serait une douleur terrible.

Plusieurs cabinets américains, malaisiens, australiens et chinois ont déclaré avoir commencé à engager des actions judiciaires au nom des proches de disparus. L’Australie dirige les recherches dans le sud de l’océan Indien, dans les profondeurs d’une zone de 120 000 kilomètres carrés, soit l’équivalent de trois fois la superficie de la Suisse. Mais les tentatives de localiser l’épave ont pour l’instant échoué et, faute de nouvelle piste, les autorités ont prévu de conclure leurs opérations d’ici au mois de juillet.

Avec AFP

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