Rouen Vidéos. Petroplus : le choc du verdict

Le tribunal de commerce de Rouen a prononcé, ce mardi, la liquidation judiciaire de la raffinerie Petroplus, à moins d'une nouvelle offre de reprise avant le 5 novembre. Réactions.

Mise à jour : 16/10/2012 à 19:09 par La Rédaction

Colère et émotion ont prédominés au moment de l'annonce de la liquidation de Petroplus, ce mardi midi (photo : DVelec)
Colère et émotion pouvaient se lire sur les visages au moment de l'annonce de la liquidation de Petroplus, ce mardi 16 octobre (photo : DVelec).

Encore une mauvaise nouvelle sur le front de l’emploi : la raffinerie Petroplus, qui emploie 470 personnes à Petit-Couronne, en Seine-Maritime, a été placée en liquidation judiciaire, ce mardi midi, par le tribunal de commerce de Rouen, selon Yvon Scornet, porte-parole de l’intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC (les premières réactions, ce midi).
L’activité est maintenue au moins jusqu’au 5 novembre, délai supplémentaire pour le dépôt de nouvelles offres de reprise.

« Ils ont pris la décision de nous tuer », a lâché le porte-parole de l’intersyndicale de Petroplus, face à un groupe de 100 à 200 salariés réunis devant le tribunal.

Yvon Scornet estime qu’en additionnant les 470 emplois directs et les sous-traitants, la raffinerie faisait vivre près de 2 000 familles.

« Tout ce que j’ai demandé, c’est laissez-nous notre chance, éviter ce processus de liquidation. On va nous tuer », a ajouté Yvon Scornet : « c’est anomal, injuste.»

Retrouvez, en vidéo, l’annonce de la liquidation par Yvon Scornet (Crédit : DVelec) :

Les réactions des salariés… (Crédit : DVelec) :

La réaction de Guillaume Bachelay, ancien député de la 4e circonscription de Seine-Maritime (Crédit : DVelec) :

Sur le réseau social Twitter, les réactions se sont rapidement multipliées :

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Du côté des élus, les réactions pleuvent aussi depuis ce midi :

  • Alain Le Vern, le président de la Région Haute-Normandie :
« La décision du tribunal de commerce est un coup de massue, non seulement pour les salariés de Petroplus et leurs familles, mais également pour tous les sous-traitants qui vivent de l’activité du site de Petit-Couronne. Contrairement à Mr Sarkozy qui annonçait sans vergogne, il y a quelques mois « Petroplus, c’est réglé », le gouvernement Ayrault demeure totalement mobilisé pour obtenir une issue favorable au site industriel haut-normand. Tout doit être mis en œuvre ces prochaines semaines pour trouver un repreneur à la hauteur des enjeux. Dans ce contexte, l’ensemble des acteurs concernés doit s’engager, à commencer par les acteurs de la filière pétrole dont certaines positions ou déclarations méritent d’être clarifiées. La collectivité régionale, comme elle le fait depuis le début, est aux côtés des salariés dans la lutte pour le maintien de l’activité du site ».
  • Frédéric Sanchez, président de la CREA (l’Agglo de Rouen) :
« Je souhaite, avant tout, dire toute ma déception, mon émotion et ma mobilisation, personnelle et institutionnelle. [...] Aujourd’hui pourrait marquer la fin de la raffinerie que nous connaissions. Il reste trois semaines pour identifier de nouveaux repreneurs. Nul n’imagine la fin de l’activité industrielle sur ce site. Nous ne pouvons, et nous ne devons pas nous y résoudre. »

  • Yvon Robert, le maire de Rouen :
« Ma pensée s’adresse d’abord aux salariés de l’entreprise et à leurs familles. Les salariés de l’entreprise et leurs syndicats ont montré un grand sens des responsabilités pendant toute cette période pour défendre la raffinerie et accompagner un nouveau projet industriel. L’annonce qui leur est faite aujourd’hui en est d’autant plus douloureuse. »
  • Jean-Paul Lecoq, maire de Gonfreville l’Orcher et Nathalie Nail, conseillère municipale, ont quant à eux considéré :
« Encore une fois, l’obsession acharnée du grand patronat de liquider nos industries sur le territoire national afin de répondre à son insatiable appétit de rentabilité toujours plus forte a été satisfaite. Ils sortent encore vainqueurs de la logique capitaliste. À la majorité du peuple l’austérité et la rigueur à perpétuité, à la minorité de riches, des profits exacerbés ! Nous réaffirmons la nécessité urgente de faire voter par la majorité de gauche, la loi déposée sur le bureau du président de l’Assemblée nationale, concernant l’interdiction des licenciements boursiers et le maintien des activités industrielles. »
  • Christophe Bouillon, premier Secrétaire fédéral du Parti Socialiste en Seine-Maritime :
« Jusqu’au bout, nous resterons mobilisés aux côtés des salariés. Une douzaine de raffineries ont fermé leurs portes en France depuis 1975. Il n’en reste plus que 10. La capacité de production a plongé de 18% entre 2007 et 2012. C’est de l’avenir de centaines de familles dont il s’agit mais aussi l’avenir du raffinage et de l’industrie en France. »
  • La réaction des élus Europe Écologie Les Verts de Haute-Normandie
« Il est essentiel de comprendre que cette issue est le résultat du désengagement de la société Shell, qui a créé le site et l’a revendu il y a plusieurs années. De nombreuses multinationales pratiquent cette stratégie de la terre brûlée en exploitant des sites et des salariés, avant de les abandonner lorsque la rentabilité diminue. Dans ce contexte, on ne peut être qu’exaspéré en constatant que ces sociétés très prospères puissent encore se voir confier pour leurs plus grands profits des permis d’exploitation de pétrole sur notre territoire national.
En effet, Shell a pu commencer à exploiter de nouveaux gisements au large de la Guyane, dans les eaux territoriales françaises.
Pour ces multinationales, l’environnement, les ressources naturelles et les salariés sont à exploiter sans modération ni sans aucune considération. Des raffineries françaises en inadéquation avec le carburant majoritairement utilisé en France. Le parc automobile diesel, du fait de la taxation avantageuse dont bénéficie ce carburant, est largement majoritaire en France. Or, notre capacité de raffinage est davantage orientée vers les autres carburants. C’est d’autant plus scandaleux qu’une récente étude confirme l’extrême dangerosité du diesel sur la santé.
Il est temps de faire évoluer le parc automobile vers des véhicules plus économes, plus propres et sans diesel. Au-delà des mesures d’urgence, le Gouvernement doit assumer un réel rapport de force avec les multinationales en les mettant devant leurs responsabilités sociales et environnementales. Par ailleurs, il est urgent de prendre les décisions politiques nécessaires en faveur d’un parc automobile moins polluant et en adéquation avec nos capacités de raffinage. »

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