Saint-Lô VIDEO. Crise agricole. Incidents entre agriculteurs et forces de l'ordre en Normandie

Des agriculteurs étaient encore rassemblés pour protester contre la chute des prix, mardi 2 février 2016, devant la préfecture de la Manche. Des incidents ont éclaté. Vidéo.

Mise à jour : 03/02/2016 à 13:56 par La Rédaction

(©CôtéManche)
La tension est montée entre les agriculteurs et les forces de l'ordre, mardi 2 février 2016, à Saint-Lô (Manche) (©Côté Manche)

Dernière minute. Après la mobilisation des agriculteurs qui a mal tourné devant la préfecture de Saint-Lô (Manche), mardi 2 février 2016, le préfet a décidé de déposer plainte.

À un mois du salon de l’Agriculture, le patron de la FNSEA, Xavier Beulin, a plaidé devant le président de la République à l’Élysée, mardi 2 février 2016, la cause des agriculteurs « en colère » et « désespérés ». Au même moment, de nombreuses manifestations se sont déroulées en France. À Saint-Lô, dans la Manche, les syndicats (FDSEA et JA) ont organisé une action devant la préfecture, à 11h30.

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Un rendez-vous qui a dégénéré. Des incidents ont éclaté avec les forces de l’ordre. Vers 12h30, les gendarmes mobiles sont intervenus avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes afin de disperser les manifestants. Environ 150 agriculteurs étaient mobilisés. En Normandie, d’autres actions pourraient être organisées dans la semaine.

Vidéo de Côté Manche >

« Je ne leur dirai  pas de rentrer chez eux »

À l’issue d’un entretien d’une heure avec François Hollande à l’Elysée, en présence du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, le président du syndicat agricole majoritaire, Xavier Beulin, a assuré que le président avait « pris l’engagement de s’exprimer d’ici le Salon de l’agriculture », du 27 février au 6 mars 2016.

Il a entendu nos demandes ce matin », a-t-il ajouté. Mais, « ne me demandez pas aujourd’hui de dire à des gens qui perdent chaque semaine 6 000 euros de rentrer chez eux, ce n’est pas possible aujourd’hui », a-t-il déclaré à la presse.

Les agriculteurs en difficulté, notamment les éleveurs de l’Ouest, manifestent de nouveau depuis la fin de l’année 2015, dans le sillage de leur forte mobilisation de l’été précédent, pour protester contre la chute des prix de leurs productions. L’annonce faite fin janvier par Stéphane Le Foll d’une rallonge de 125 millions d’euros aux 700 millions accordés dans le cadre du plan d’aide aux éleveurs n’a, semble-t-il, pas suffi.

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Des opérations dans toute la France

Mardi 2 février 2016, plusieurs opérations escargot et des blocages étaient ainsi menés dans plusieurs régions pour réclamer une réévaluation des prix du porc, du lait et de la viande bovine. Une soixantaine de tracteurs et environ 200 agriculteurs bloquaient la cité administrative et la préfecture à Chartres (Eure-et-Loir) pour protester « contre les prix, les normes et les charges qui pèsent sur la profession », a constaté l’AFP.
Autour d’Arles (Bouches-du-Rhône) les agriculteurs effectuaient aussi des opérations escargot créant plusieurs kilomètres de bouchons notamment sur l’autoroute A54, selon la FDSEA des Bouches-du-Rhône.
Environ 500 tracteurs étaient présents à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), a indiqué la préfecture, « du jamais vu » selon la FDSEA à l’origine du mouvement de protestation.

Quatre millions d’euros de dégâts en Bretagne

Dans le Tarn-et-Garonne, ce sont 155 agriculteurs qui avaient mis en place des barrages filtrants à la sortie de quatre communes, à l’aide de 46 tracteurs, selon le décompte de la préfecture. Les manifestants ralentissaient la circulation et distribuaient des tracts près de Montauban, Castelsarrasin, Caussade et Caylus, selon un correspondant de l’AFP.

Depuis nos dernières manifestations de l’automne, la situation n’a pas évolué en mieux, au contraire. Presque toutes les productions sont en crise, le lait, la viande, les canards » , a déclaré Jean-Philippe Viguié, président des Jeunes Agriculteurs (JA) du département. Cette action veut  « simplement montrer notre désarroi », a-t-il ajouté.

Xavier Beulin, accompagné du président des Jeunes agriculteurs (JA) Thomas Diemer, en a d’ailleurs appelé « à la responsabilité des uns et des autres », dénonçant « une maladresse » du préfet de la Région Bretagne qui a chiffré lundi à quatre millions d’euros les dégâts causés récemment par les éleveurs en colère. Les agriculteurs avaient déjà laissé une ardoise salée, à Caen (Calvados), après leur coup de colère, vendredi 14 août 2015. Plus de 200 000 euros de dégâts !

Les réunions sont extrêmement rudes parce qu’on a en face de nous des gens qui sont en colère ou à l’inverse désespérés. Il faut trouver les mots, les actes qui peuvent les réconforter », a-t-il demandé. Faute de « mesures fortes de prise en compte des difficultés et de réponses appropriées, on n’est plus audible, les gens deviennent autistes », a-t-il fait valoir.

Le besoin d’une mobilisation de la puissance publique

Parmi ses revendications, il a notamment demandé à François Hollande d’évoquer la crise agricole lors de sa rencontre avec la chancelière allemande, Angela Merkel, dimanche, à Strasbourg (Bas-Rhin), pour « reprendre l’initiative au plan européen ».
Il a par ailleurs réclamé une baisse de dix points des charges sociales, de 45% à 35%, pesant sur les agriculteurs, une mesure qu’il a chiffrée à 600 millions d’euros.

On a besoin d’une mobilisation de la puissance publique pour nous accompagner financièrement, je n’ai pas honte de le dire. Mais on a aussi besoin, dans le même temps, de redonner des perspectives à la profession », a-t-il plaidé.

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