Caen [Vidéo] Cancer. À Caen, Marie, dompteuse de crabe, est partie. Un film restera

Marie, "la dompteuse de crabe" de Caen (Calvados), s'est éteinte des suites d'un cancer métastasé, fin septembre 2015. Elle tournait un reportage sur son combat, pour ses enfants.

Mise à jour : 09/10/2015 à 08:08 par Valentine Godquin

Marie Gilleron s'est éteinte à 36 ans d'un cancer, alors qu'elle tournait un reportage sur son combat. (Photo : Marie, dompteuse de crabe)
Marie Gilleron s'est éteinte à 36 ans d'un cancer, alors qu'elle tournait un reportage sur son combat. (Photo : Marie, dompteuse de crabe)

Elle avait 36 ans et les deux dernières années de sa vie auront été un combat au quotidien contre le cancer. Marie Gilleron, de Caen (Calvados), s’est éteinte dans la nuit du 29 au 30 septembre 2015. Mère de deux jeunes enfants, elle avait décidé d’être le personnage central d’un documentaire-fiction sur son combat, pour que ses proches gardent des souvenirs d’elle.

Découvrez Marie, la dompteuse de crabe, dans le teaser du docu-fiction :

Un festival pour le centre Baclesse

Marie Gilleron vivait dans un univers baignant dans la joie et le divertissement. Son mari, Emmanuel, est le fondateur du cirque Max et Maurice, près de Caen. Le cancer changera complètement le cheminement de sa vie.
Comme le rapportait alors Liberté le Bonhomme libre, Marie découvre le parcours d’un malade du cancer : les soins, les chimiothérapies, les structures mises en place pour soutenir les malades… Elle se lance alors pour défi de lancer son premier festival, C’est ma tournée, en 2014, qui lui permettra de récolter plus de 20 000 euros, qui seront remis au Centre de lutte contre le cancer François-Baclesse, de Caen, pour l’unité de soins. Une deuxième édition a également eu lieu, avec plus d’artistes, en 2015.

Un docu-fiction, pour « fabriquer des souvenirs »

Marie Gilleron a organisé deux festivals pour récolter des fonds pour le centre Baclesse. (Photo : MG)
Marie Gilleron a organisé deux festivals pour récolter des fonds pour le centre Baclesse. (Photo : MG)

Quand elle apprend en 2013 qu’elle est atteinte d’un cancer digestif à un stade avancé, dont elle ne pourra guérir, deux réalisateurs tournaient alors un film sur le cirque de son mari : Benjamin Clavel et Quentin Laroche. Très vite, le projet de réaliser un docu-fiction sur son quotidien voit le jour, et une campagne de financement participatif, sur le site Internet de crowfunding Ulule se met en place. Sur une base de 5 000 euros, la participation des finançeurs atteint des sommets, et permet de récolter plus de 16 000 euros, pour mener le projet.
Mêlant des témoignages à vif de Marie, des images du quotidien, mais aussi des séquences scénarisées « qui interviennent quand la parole ne suffit plus, à des moments où Marie fantasme, rêve ou lorsqu’elle est en crise », le documentaire était encore en tournage durant ces dernières semaines. Pour la mère de famille, l’objectif était de laisser une trace dans la mémoire de ses enfants.

À 34 ans j’ai pas envie de crever d’un cancer. Mon dernier enfant à 3 ans. Je me dis que moi je n’ai aucun souvenir de mes 3 ans. Demain je meurs, il n’aura aucun souvenir de sa mère. C’est vraiment un sentiment d’injustice. Tu te dis, c’est pas possible.

Pour le moment, un teaser du documentaire Marie, dompteuse de crabe, qui devrait durer 1h30, permet de retrouver cette femme à la force exceptionnelle.

J’étais bien plus heureuse avant. Aujourd’hui, tous les jours je me dis : « Allez, un jour de gagné ma fille ».

Jusque dans les dernières semaines de la vie de Marie Gilleron, les réalisateurs ont multiplié les prises de vue pour immortaliser la vie de famille de leur « dompteuse de crabe ». Un film qui sera comme une boîte à souvenirs pour ses enfants.

Plus que jamais nous le ferons. Il sera différent de ce que l’on avait prévu au départ, mais nous le mènerons au bout car c’était à l’évidence la volonté de Marie », commentent les réalisateurs au Liberté Le Bonhomme libre. « C’est un film qui ne sera pas l’histoire de sa mort mais bel et bien de sa vie, de cette femme exceptionnelle qu’elle a été.

 

Nous vous rappelons qu'en envoyant votre commentaire vous acceptez de respecter la charte de modération. Vous êtes pénalement responsable de vos écrits.