Octeville-sur-Mer Usine Sidel, près du Havre. Après un mois de trêve, nouvelle grève

Les salariés de l'usine Sidel, près du Havre, ont repris le chemin de la grève. 95 suppressions de postes sont encore envisagées dans l'usine. "Encore trop", clament les grévistes.

Mise à jour : 02/02/2016 à 17:49 par Karine Lebrun

En décembre 2015, un premier mouvement de grève avait perturbé l'activité de l'entreprise Sidel, pendant trois semaines (photo Facebook CGT Sidel).
En décembre 2015, un premier mouvement de grève avait perturbé l'activité de l'entreprise Sidel, à Octeville-sur-Mer, près du Havre (Seine-Maritime), pendant dix jours. (Photo Facebook CGT Sidel).

Lundi 1er février 2016, près de 500 salariés de l’usine Sidel, spécialisée dans l’embouteillage, ont voté massivement pour la reprise de la grève, après un mois de trêve. L’entreprise, leader mondial dans son domaine, implantée à Octeville-sur-Mer, près du Havre (Seine-Maritime), est touchée par un plan de restructuration. Près de 200 emplois étaient menacés. Après quatre mois de lutte, la direction du site parle désormais de 95 suppressions de postes. « C’est encore trop », répète Reynald Kubecki, délégué CGT au nom de l’intersyndicale CGT-CFDT-CFE-CGC. La grève doit se poursuivre encore, mercredi 3 février 2016 ainsi que le blocage de l’entreprise orchestré par la CGT de l’usine aidée des membres de l’union locale CGT du Havre.

Un premier mouvement dur en décembre

À l’annonce du plan de restructuration, en septembre 2015, les syndicats ont d’abord privilégié le dialogue avec leur direction. Mais, après trois mois de négociations, les salariés décidaient d’une action plus dure : le blocage complet de l’entreprise. Un mouvement qui s’installait dans le temps, puisque, pendant dix jours, palettes et brasero ont brûlé à l’entrée du site. « Plus rien ne passait avec la direction. » Ce n’est qu’à la veille de Noël que les grévistes ont mis un terme à leur mouvement. Un nouveau directeur avait été nommé au sein du groupe mère de Sidel, Tetra Laval, Sam Strömestén. Un directeur qui faisait la promesse d’être à l’écoute des salariés de Sidel et des problématiques de l’usine. En décembre 2015, il venait à la rencontre des salariés d’Octeville-sur-Mer.

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« Des mesures trop peu incitatives pour les départs en pré-retraite »

Mais, alors que les négociations touchent à leur fin, le ton monte, une fois de plus.

Les derniers échanges avec la direction nous permettent de penser que nous allons encore préserver cinq emplois sur les 95 suppressions annoncées. Mais nous sommes insatisfaits des mesures annoncées pour favoriser les départs volontaires. Elles ne sont pas incitatives. En l’état actuel des choses, 27 personnes pourraient encore rester sur le carreau. Nous ne l’envisageons pas. Nous défendons toujours le zéro licenciement. Nous avons proposé à la direction d’ouvrir les départs à la pré-retraite des carrières longues aux personnes âgées de 56 ans. Douze salariés pourraient profiter de cette mesure. Nous attendons son retour. »

La direction de Sidel « déçue »

Mais, dans cette attente, les salariés de Sidel ont choisi une nouvelle fois de durcir le mouvement. La direction de Sidel se déclare « déçue par la reprise de la grève alors que des progrès significatifs ont été réalisés dans nos dernières négociations. Il s’agit d’une action contre-productive à un moment où la direction a proposé de nouvelles améliorations, qui ont été refusées par les organisations syndicales. Nous encourageons fortement les représentants du personnel à reconsidérer leurs actions car elles ont un impact négatif pour l’image du site d’Octeville-sur-Mer et ses salariés, à court et moyen terme. La direction de Sidel reste engagée depuis toujours dans un dialogue constructif, pour le bénéfice de Sidel, du site d’Octeville et de l’ensemble de la communauté locale », répète la direction.

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