Caen Elle avait caché un enfant juif sous l'Occupation. Une famille de Normandie mise à l'honneur

Une famille du Calvados, recevra, à titre posthume, la médaille des « Justes parmi les Nations », au Mémorial de Caen (Calvados), pour avoir caché un enfant juif sous l'Occupation.

Mise à jour : 26/02/2016 à 18:21 par La Rédaction

(©Mémorial de Caen)
Maurice Etynger a été accueilli par la famille Calbris, dans le Calvados, durant la Seconde Guerre mondiale (©Mémorial de Caen)

Décernée par l’institut Yad Vashem aux personnes non juives qui ont sauvé des Juifs sous l’Occupation, la « médaille des Justes » sera décernée, à titre posthume, à une famille du Calvados, au Mémorial de Caen (Calvados), mercredi 2 mars 2016. Maurice Etynger, sauvé par cette famille, sera présent. Il a aujourd’hui 86 ans.

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Fuyant la misère et l’antisémitisme sévissant en Pologne, Isaac Etynger et son épouse Sarah sont arrivés en France en 1924. Isaac devient commerçant en vêtements pour hommes. La famille habite près de la Place Voltaire (devenue Place Léon Blum) à Paris dans le 11e arrondissement. Les Etynger ont trois enfants, Madeleine née en 1925, Rosa née en 1927 et Maurice né en 1929.
Dès le 20 août 1941, Isaac Etynger est envoyé à Drancy. Considéré comme « grand malade », il sera libéré le 4 novembre 1941. La famille Etynger porte l’étoile jaune. En raison des rumeurs alarmistes qui circulent juste avant la rafle du Vel’ d’Hiv’, la famille se réfugie dans une pension de Montmorency en banlieue nord. Là, Maurice est caché dans l’internat catholique du Mont-Louis durant quelques mois.
Maurice a fait la connaissance d’Henri Calbris, un jeune Normand qui se rend régulièrement à Paris et qui lui propose de venir se cacher dans la ferme que ses parents occupent dans le hameau du Tronquay, dans le Calvados. Il décide de s’y rendre le 5 avril 1944 et après des péripéties, il y parvient deux jours plus tard. Maurice est très bien accueilli et caché à la ferme.
Il s’initie aux travaux des champs et rend de multiples services. Il est même inconscient du danger et est, à la grande peur de la famille Calbris, réquisitionné par les Feldgendarmes pour réparer un parapet. Ce qui ne l’empêchera pas de suivre avec intensité les combats qui suivent le Débarquement allié.

« En excellentes relations avec la famille de ses sauveurs »

Depuis la fin de la guerre, Maurice serait « toujours resté en excellentes relations avec la famille de ses sauveurs ». Le comité français Yad Vashem, la Ville de Caen et le Mémorial de Caen organisent une cérémonie privée au cours de laquelle Ido Bromberg, directeur des Relations Publiques de l’Ambassade d’Israël en France, remettra la médaille et le diplôme des « Justes parmi les Nations » à titre posthume à Georges et Yvonne Calbris et leur fils Henri. La Normandie comptera désormais 112 « Justes » parmi les Nations.
Jeudi 20 novembre 2014, dans les salons de l’Hôtel de Ville, Henri et Madeleine Bitard avaient également reçu, à titre posthume, la médaille des Justes parmi les nations.

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