Dieppe Une députée de Seine-Maritime démissionne : sa belle-fille lui succède

En Seine-Maritime, la cuisine interne de certains élus est savoureuse. Sandrine Hurel, députée PS, démissionne et cède sa place à sa suppléante, Marie Le Vern ... sa belle-fille !

Mise à jour : 27/08/2015 à 17:43 par Solène Bertrand

Sandrine Hurel quitte l'Assemblée nationale et cède sa place à ... sa belle-fille.©D.R.
Sandrine Hurel quitte l'Assemblée nationale et cède sa place à ... sa belle-fille.©D.R.

Mardi 25 août 2015, Sandrine Hurel, députée PS de Seine-Maritime, a annoncé sa démission. Sa mission sur la politique vaccinale a été prolongée par décret, obligeant l’élue à quitter ses fonctions à l’Assemblée nationale. Dès qu’une mission ministérielle dure plus de six mois, le parlementaire doit démissionner et céder sa place à son suppléant. L’organisation d’élections partielles n’est pas nécessaire, dans ce cas de figure. Et chez les Hurel-Le Vern, ça reste en famille : sa belle-fille, Marie Le Vern, 32 ans, conseillère régionale, lui succède. En raison de ses nouvelles responsabilités politiques, elle quittera, fin août 2015, ses fonctions à la Métropole de Rouen, où elle était, depuis janvier, « chargée de la coopération avec le Pôle métropolitain », rapporte Le Réveil. Alain Le Vern, le père de cette dernière et compagnon de la parlementaire démissionnaire, ancien président de la Région Haute-Normandie, s’est quant à lui reclassé à la SNCF, où il officie en tant que directeur général Régions et Intercités.

> Lire aussi : Une députée de Seine-Maritime va plancher sur « l’obligation vaccinale »

Une affaire de famille

Le blog Les cuisines de l’Assemblée nationale, hébergé par L’Express, se fait l’écho de cette passation, s’interrogeant « sur cette technique de « remplacement d’un parlementaire par une mission gouvernementale » qui donne le pouvoir de remplacer sans élection partielle au gouvernement. » Dans le cas de Sandrine Hurel, le hasard fait bien les choses : sa mission correspond à cette disposition et sa belle-fille peut donc lui succéder, sans avoir besoin de passer par la case élections. Une simplification des démarches qui peut faciliter la vie, s’amuse Le Lab d’Europe 1 :

C’est là que la situation devient cocasse : Marie Le Vern, suppléante de Sandrine Hurel et donc future députée de Seine-Maritime, est la fille d’Alain Le Vern, lui-même compagnon de… Sandrine Hurel.

Si cette passation est tout à fait régulière, elle n’en demeure pas moins éloquente : « On a connu des motifs de démission moins familiaux… », souligne le blog, Les cuisines de l’Assemblée nationale.

Une tactique politicienne ?

Les cuisines de l’Assemblée nationale interroge cette disposition qui offre la possibilité à un parlementaire de céder sa place, sans passer par les urnes. Une technique, voire une stratégie, selon certains. Le 17 août 2015, François Brottes, ex-député PS de l’Isère, abandonnait son mandat parlementaire pour rejoindre RTE (Réseau de transport d’électricité). L’opposition dénonçait la pratique de la mission parlementaire.

Les cadres des Républicains y voient une triste « manœuvre », une manière d’« éviter le retour au peuple » et de céder au « copinage », rapportait Europe 1.

Tactique politicienne ou hasard des calendriers et des missions de l’État ? Europe 1 de rappeler que certains élus, dans les plus hautes sphères, privilégient les liens familiaux, citant Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, qui, travaillant avec son épouse, se plaît à renverser la situation et botte en touche : « Je n’ai pas embauché ma femme, j’ai épousé ma collaboratrice.»

« Une vision clanique de la politique »

Dans l’équipe de campagne du candidat aux élections Régionales en Normandie, Hervé Morin (UDI), on tire à boulets rouges. Interrogé par Normandie-actu, le porte-parole de la campagne, Alexandre Rassaërt (maire de Gisors, Les Républicains), déclare :

Je trouve ça extrêmement choquant. C’est presque drôle, tant c’est ridicule, mais c’est aussi très sérieux. Honnêtement, après les articles de Mediapart (NDLR à propos du fonctionnement du PS en Seine-Maritime), on aurait pu penser que les comportements évolueraient. Mais il n’en est rien et on assiste à un véritable mépris des électeurs, et à une manière clanique de faire de la politique. Du coup, nous voulons faire passer un message : nous refusons que la Normandie soit livrée à un clan.

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