Boos Aéroport de Rouen Vallée de Seine, en Seine-Maritime. Un nouvel élan donné au projet de relance

La Matmut va porter, avec la Métropole et la Chambre de commerce et d’industrie, un projet pour relancer et développer l'aéroport de Rouen Vallée de Seine. Explications.

Mise à jour : 11/03/2016 à 18:47 par Isabelle Villy

Avec l’engagement de nouveaux partenaires, l’aéroport de Rouen Vallée de Seine s’offre une bouffée d’oxygène (Photo © Isabelle Villy)
Avec l’engagement de nouveaux partenaires, l’aéroport de Rouen Vallée de Seine s’offre une bouffée d’oxygène (Photo © Isabelle Villy)

En sursis un jour, menacé de fermeture un autre… l’aéroport de Rouen Vallée de Seine implanté à Boos (Seine-Maritime), n’en finit plus de faire parler de lui. La dernière bouffée d’oxygène consentie à la structure avait été annoncée, il y a quelques mois, avec la prolongation de la délégation de service public qui devrait s’achever le 28 février 2017. Le soutien financier public, lui, va se réduire. La solution ? Faire intervenir des partenaires privés pour que perdure ce que les décideurs appellent « un aéroport de service public nécessaire au dynamisme économique du territoire ».

> Lire aussi : L’aéroport de Rouen-Boos sauve sa peau pour un an !

Un projet porté avec la Matmut

Cette position devrait ravir les membres de l’association pour le maintien de l’aéroport, créée il y a plus d’un an maintenant et présidée par Alain Stéphanopoli de Commene .

Réaction de l’association pour le maintien de l’aéroport. L’Association des usagers et des partisans de l’Aéroport de Rouen s’est constituée le 28 février 2015, sous l’impulsion notamment de Alain Stephanopoli de Commene, pour fédérer l’ensemble des usagers mais aussi les partisans de cet aéroport, alors que la fermeture programmée de la structure semblait à l’ordre du jour. Aujourd’hui, le président de l’association se dit évidemment satisfait en constatant que les arguments mis alors en avant par l’association, ont été repris pour justifier le nouvel élan donné à l’aéroport.
« Initialement force de dissuasion en empêchant le déclassement puis la fermeture sans avoir à recourir à la justice, l’association, à laquelle se sont joints notamment les personnels de l’Aviation civile de Rouen, les professionnels de la santé mais aussi l’Association des transplantés de Normandie, a pu remplir son objet social en se comportant en force de concertation et de propositions », souligne ainsi le président, rappelant le lobbying important qui a été réalisé auprès des services de l’État ou encore des élus. « Nous avons pu faire prendre conscience que cet aéroport était indispensable à la Métropole de Rouen Normandie pour les missions de service public (notamment de protection civile et sanitaires) et l’économie de la Métropole rouennaise », insiste Alain Stephanopoli de Commene.
Pour lui, l’annonce récente de la Métropole et de la Chambre de commerce constitue la meilleure des récompenses « pour les actions menées durant l’année écoulée à l’occasion de l’anniversaire de sa création et ce d’autant que ses propositions tendant à la poursuite et au développement des activités de l’Aéroport semblent aujourd’hui validées ».
« Nous approuvons le fait que la Métropole et la Chambre de commerce et d’industrie aient enfin décidé de recourir à une gestion directe de cet équipement public, s’affranchissant d’un délégataire de service public ».

Préserver les enjeux de service public et notamment de santé publique avec les transferts d’organes, les rapatriements sanitaires », « développer l’aviation d’affaires, qui permet à la Métropole d’affirmer sa vocation de capitale économique régionale », « valoriser le foncier de la plateforme aéroportuaire pour développer l’emploi », « accompagner et soutenir les initiatives privées pour la réouverture de lignes régulières » (pour les besoins des entreprises ou pour répondre à des demandes touristiques), « maintenir les activités économiques et de loisirs directement liées au fonctionnement de l’aéroport » : tels sont les objectifs poursuivis par le syndicat mixte de gestion de l’aéroport, composé de la Métropole Rouen Normandie et la Chambre de commerce et d’industrie.

Pour atteindre ces objectifs, la Matmut entre donc en scène, mais pas pour « investir de l’argent », souligne le groupe, régulièrement impliqué dans de nombreux projets en Seine-Maritime… et ailleurs.

Un engagement dépendant de l’activité de l’aéroport

Le groupe Matmut n’investira pas d’argent dans l’aéroport et ne financera pas de travaux de rénovation. « Il ne vient pas compenser une quelconque réduction du soutien financier public », précise la Matmut. Ce point clarifié, les responsables de la Matmut font valoir qu’ils seront « en partie » porteurs du projet de relance et de développement. Comment ? « En s’engageant à accompagner financièrement les investissements futurs qui seront à réaliser sur la plateforme ». Quand ? Encore trop tôt pour le dire confie la Matmut, avec prudence. « Il est trop tôt pour évoquer dans le détail la valorisation foncière qui sera faite du site. Elle dépendra évidemment de l’évolution de l’activité de l’aéroport ».

Les enjeux de l’aéroport

Quant à savoir pourquoi la Matmut, dont le siège social est implanté à Rouen, s’est engagée à devenir partenaire, ou plutôt partie prenante d’un tel projet, la réponse est simple… et naturelle pour le groupe.

Depuis notre création, il y a plus de 50 ans, nous encourageons les projets qui contribuent à l’activité économique et sociale du territoire », souligne la Matmut, qui se trouve être un acteur économique et un employeur importants dans la région. « Nous soutenons les initiatives qui présentent un intérêt pour notre développement propre et pour la région. Nous considérons que l’aéroport est un élément important de cette équation, s’agissant d’emplois sur le site, de tourisme, d’avion d’affaires. Mais il est aussi un enjeu de santé publique », énumèrent les responsables du groupe Matmut.

Dernier point important dans ce dossier de l’aéroport : le soutien de la Région Normandie va être sollicité. Une étude doit être effectuée pour définir « une mise en réseau nécessaire » des aéroports de Normandie. Un autre débat, d’autres rivalités peut-être entre les différents aéroports du littoral… mais pas avec celui de Rouen, « du fait de son positionnement géographique », soulignent la Métropole et la CCI.

> Sur le même sujet : Trop d’aéroports en Normandie ? Celui du Havre n’est pas mort !

Nous vous rappelons qu'en envoyant votre commentaire vous acceptez de respecter la charte de modération. Vous êtes pénalement responsable de vos écrits.