Saint-Hilaire-du-Harcouët Un service d'urgences à nouveau menacé en Normandie. Les syndicats se mobilisent

Les syndicats de l'hôpital de Saint-Hilaire-du-Harcouët (Manche) craignent une possible fermeture des urgences. Ils demandent un entretien avec la ministre de la Santé.

Mise à jour : 01/03/2016 à 16:06 par Raphaël Tual

Les syndicats du centre hospitalier de Saint-Hilaire-du-Harcouët (Manche) craignent une fermeture du service des urgences (capture d'écran ©Google street view 2016).
Les syndicats du centre hospitalier de Saint-Hilaire-du-Harcouët (Manche) craignent une fermeture du service des urgences (capture d'écran ©Google street view 2016).

Et si c’était au tour du service des urgences de Saint-Hilaire-du-Harcouët (Manche) de fermer ses portes ? L’inquiétude gagne le personnel du centre hospitalier. Depuis la fin février 2016, les syndicat FO et CGT ont affiché leur crainte à l’entrée de l’établissement.
Pour le moment, ils n’ont aucune information officielle, uniquement des bruits de couloirs.

Fermer les urgences, « un acte meurtrier »

Il y a une présomption très forte, souligne Didier Pinson de Force ouvrière santé Manche. Si les urgences ferment ici, les malades devront se rendre à Avranches ou Fougères (Ille-et-Vilaine). Dans les deux cas, c’est à une heure de route pour les habitants de Barenton (Manche), par exemple. Si le gouvernement venait à fermer les urgences de Saint-Hilaire-du-Harcouët, ce serait un acte meurtrier.

Les représentants des salariés redoutent un scénario similaire à celui de Valognes (Manche), mais en pire. « Dans le cas de Valognes, Cherbourg se situe à 10 minutes en voiture », précise Didier Pinson, représentant FO.

> Lire aussi : Manche. Fermeture du service des urgences à Valognes. Opération escargot prévue

Le syndicaliste de Force ouvrière a envoyé un SMS au ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, ancien maire de Cherbourg, qu’il connaît personnellement, pour lui demander un entretien avec la ministre de la Santé, Marisol Touraine. « Je lui ai dit que si la fermeture venait à se faire, elle ne serait pas conforme avec les mots du président de la République qui a insisté pour que les urgences ne se trouvent pas à plus de 30 minutes des populations. »

« Il faut être un peu réaliste »

Les rumeurs de cette fermeture seraient parties d’une conversation téléphonique entre le président du conseil de l’ordre des médecins de la Manche, Jean-Yves Bureau, et un membre du personnel hospitalier.

Lors de cette conversation, je n’ai jamais dit que les urgences allaient fermer, mais je suis inquiet pour la survie de ce service, indique à Normandie-actu le président départemental du conseil de l’ordre des médecins. Il n’y a pas d’information officielle, mais il faut être un peu réaliste. Il manque des médecins de garde. Donc s’il y a moins de médecins, il y a moins de patients.

Jean-Yves Bureau a appelé le président du département de la Manche, Philippe Bas, lundi 29 février 2016. « On a parlé de cette possible fermeture. »
Selon la CGT de l’établissement, le sujet a été abordé lors d’une réunion du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), vendredi 26 février 2016. « Le directeur s’est dit très inquiet quant à la survie du service », souligne Nathalie Jéhenne, déléguée CGT du personnel.
La direction, contactée par Normandie-actu, n’a pas souhaité communiquer pour le moment.

Une inquiétude pour le service des urgences dans le Calvados

Dans le Calvados voisin, les élus s’inquiètent de la situation de l’hôpital d’Aunay-sur-Odon, et craignent la fermeture du service des urgences et de médecine. Une rencontre a eu lieu jeudi 25 février 2016, entre des élus de ce département et l’Agence régional de santé (ARS) de Normandie.

> Notre article à lire ici : Près de Caen, des élus se mobilisent pour sauver un hôpital.

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