Le Havre Un pitbull blesse quatre enfants, au Havre : les deux maîtres seront jugés en novembre

Un chien s'est attaqué à six enfants, le 5 octobre 2014, au bois de Bléville, au Havre, faisant quatre blessés. Deux des propriétaires seront finalement jugés le 10 novembre 2014.

Mise à jour : 08/10/2014 à 17:08 par La Rédaction

Le chien, un American Staff, devrait être euthanasié. (Photo DR)
Ce chien, qui pourrait être un American Staff, devrait être euthanasié. (Photo DR)

Dernière minute : Le premier propriétaire du chien, un homme de 39 ans qui vit à Méru (Oise), a été placé en garde à vue, dans la matinée du mardi 7 octobre 2014, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Il a été transféré au Havre au cours de l’après-midi, où il a été entendu par les enquêteurs. Lui et le détenteur de l’animal, un Havrais âgé de 20 ans, ont été présentés devant le tribunal correctionnel, mercredi 8 octobre, en milieu d’après-midi, pour être jugés en comparution immédiate. Ils risquent jusqu’à cinq ans de prison : ce chien d’attaque, non tenu par une laisse, était interdit à la détention. Ils ont demandé un délai pour préparer leur défense. Le parquet a réclamé la détention provisoire, ils ont finalement été placés sous contrôle judiciaire. Ils seront jugés le 10 novembre 2014.
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Quatre enfants ont été mordus parmi six victimes en tout, dimanche 5 octobre 2014, en milieu d’après-midi, par un chien, dans le secteur du bois de Bléville, au Havre. L’animal, « un chien de type pitbull », serait d’abord entré dans la cour d’une habitation, où se trouvait une fillette de 9 ans.
Le chien l’a saisie au bras et « l’a mordue profondément », indique une source proche de l’enquête. « À 27 reprises », poursuit une autre source, avant d’être mis en fuite par la mère de l’enfant.
Dans une autre propriété, l’animal s’est ensuite attaqué à un groupe de trois autres enfants âgés de 11 à 17 ans, qui se trouvaient à proximité, en a blessé deux et griffé un troisième.

Une fillette profondément mordue au bras

Le chien a finalement été capturé et maîtrisé par un passant, qui est parvenu à le calmer. Prévenus, les policiers de la brigade canine sont intervenus pour récupérer l’animal, âgé de quatre ans, qui a été placé en fourrière.
La fillette, profondément mordue au bras (plusieurs dizaines de points de suture), a été hospitalisée à l’hôpital Jacques-Monod. Ses jours ne sont pas en danger, mais elle a été opérée.
L’animal était non muselé et non tenu en laisse. Il devrait être euthanasié, dans une quinzaine de jours. Mais, d’abord, mercredi 8 octobre, les vétérinaires devaient vérifier ses vaccins, et voir s’il souffrait d’éventuelles maladies, ayant pu être transmises aux enfants.

Gardes à vue et présentations au tribunal

Lundi 6 octobre 2014, dans l’après-midi, quatre personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. Membres d’une même famille, ces individus domiciliés à proximité du quartier du bois de Bléville, au Havre étaient soupçonnés d’être les détenteurs de l’animal. Trois d’entre eux ont été remis en liberté mardi 7 octobre 2014, en début d’après-midi. L’enquête se concentrait alors sur le plus jeune de la famille, âgé de 20 ans, qui pourrait en être l’actuel maître. Le premier propriétaire du chien, un homme de 38 ans qui vit à Méru (Oise), a, lui, été placé en garde à vue, dans la matinée du mardi 7 octobre 2014, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) avant d’être transféré au Havre. C’est la puce de l’animal qui a permis de l’identifier, dès le dimanche 5 octobre 2014, en soirée.
Les enquêteurs cherchent à établir si une cession de l’animal a eu lieu, afin de déterminer les responsabilités dans cette affaire. Ils auraient également interpellé et placé en garde à vue deux anciens propriétaires du chien : ces quatre détenteurs au total se seraient revendu l’animal… classé dans la première catégorie des chiens dits dangereux et interdits à la détention, a-t-on appris auprès des enquêteurs, mercredi 8 octobre.
La catégorie 1 est celle pour laquelle les conditions de détention sont les plus draconiennes.
Ce que dit la loi. En vigueur depuis le 6 janvier 1999, la loi qui encadre l’adoption et la gestion des chiens dangereux a établi deux catégories. La première, dite des chiens d’attaque, regroupe les chiens de type Pitbull, de type American Staffordshire Terrier, de type Mastiff ou de type Tosa. La seconde, dite des chiens de garde et de défense, regroupe les chiens de race American Staffordshire Terrier, de race ou de type rottweiler et de race Tosa. La différence entre type et race est importante. Pour être de race et donc identifié de manière formelle génétiquement (ce qui permet de mieux cerner l’animal au niveau du comportement), le chien doit être garanti au LOF (Livre des origines françaises). En cas de croisement, un chien est de type et, donc, potentiellement plus dangereux. Les personnes mineures, placées sous tutelle ou déjà condamnées en justice ne peuvent pas posséder un chien de l’une de ces deux catégories. Les propriétaires légaux des chiens ont eux plusieurs obligations : une déclaration en mairie, l’identification et la stérilisation de l’animal, une déclaration à l’assurance et un permis de détention.

Les deux maîtres placés sous contrôle judiciaire

Deux de ces détenteurs (le Havrais) ou propriétaires (de l’Oise) de l’animal ont été déférés au parquet du Havre mercredi 8 octobre. Ce, pour être jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel. Le Havrais devait répondre de blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail de moins (ou plus) de trois mois (selon l’état de la victime tel qu’il sera examiné par le médecin-légiste lors d’une prochaine expertise), avec un chien non tenu en laisse. Il pourrait risquer jusqu’à cinq ans de prison », indique une source judiciaire. L’ancien propriétaire du chien d’attaque, cet homme qui habite dans l’Oise est, lui, poursuivi pour mise en danger de la vie d’autrui et détention d’un chien d’attaque : il encourt jusqu’à trois ans de prison. Quant aux deux autres ex-propriétaires de l’animal, originaires eux aussi de la banlieue parisienne, ils ont été mis hors de cause.
Les deux prévenus ont demandé un délai pour préparer leur défense. Le parquet du Havre avait réclamé leur placement en détention provisoire. Ils ont finalement été placés sous contrôle judiciaire. Ils seront jugés le 10 novembre 2014.

Vidéo. Le reportage de France 3 Haute-Normandie :

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