Rouen Un jeune homme meurt en garde à vue, à Rouen. Le médecin condamné

En 2009, un homme placé en garde à vue à Rouen avait été retrouvé mort dans sa cellule. Le médecin qui lui avait prescrit de la méthadone a été condamné, jeudi 17 mars 2016.

Mise à jour : 17/03/2016 à 19:32 par La Rédaction

Le jeune homme de 22 ans est mort en garde à vue à Rouen (Seine-Maritime) en avril 2009. Le médecin qui le suivait a été condamné (Photo d'illustration © SICOP/DGPN)
Le jeune homme de 22 ans est mort en garde à vue à Rouen (Seine-Maritime) en avril 2009. Le médecin qui le suivait a été condamné. (Photo d'illustration © SICOP/DGPN)

Les faits remontent à 2009. Un homme, âgé de 22 ans, placé en garde à vue à Rouen (Seine-Maritime) avait été retrouvé mort dans sa cellule. Le médecin – aujourd’hui retraité – qui lui avait administré de la méthadone, a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris, jeudi 17 mars 2016, pour homicide involontaire.

Une dose mortelle de méthadone

Placé en détention dans le cadre d’une enquête sur le décès suspect de son bébé de trois mois, le jeune homme s’est vu administrer au cours de la nuit, différents médicaments. Le médecin lui avait prescrit des anxiolytiques et de la méthadone, un substitut de l’héroïne. C’est ce deuxième produit qui aurait causé le décès du jeune homme. 
80 mg de méthadone ont en effet été donnés au gardé à vue, une dose bien trop élevée pour une personne n’en ayant pas une prise suivie, a estimé la procureure. Pour sa défense, le médecin a indiqué que le gardé à vue lui avait affirmé prendre régulièrement de la méthadone, probablement obtenue illégalement.

Quatre mois de prison avec sursis et 166 000 euros de dommages et intérêts

Me Nathalie Schmelck, l’avocate du médecin, s’est étonnée auprès de l’AFP de cette condamnation. Elle estime qu’il manquait des « examens essentiels » pour déterminer avec certitude le lien entre la prescription de méthadone et le décès du jeune homme de 22 ans. 
Devant les juges, l’ancien médecin de Rouen, aujourd’hui âgé de 81 ans, n’a cessé de marteler qu’il avait « assuré la continuité des soins ». Insuffisant pour échapper à une condamnation. Les juges ont suivi les réquisitions du parquet et l’octogénaire écope de quatre mois de prison avec sursis et devra verser 166 000 euros de dommages et intérêts à la famille de la victime.

Avec AFP

Nous vous rappelons qu'en envoyant votre commentaire vous acceptez de respecter la charte de modération. Vous êtes pénalement responsable de vos écrits.