Faux et usage de faux. Le fils du ministre, Thomas Fabius, mis en examen

Vendredi 29 janvier 2016, Thomas Fabius, le fils du député de Seine-Maritime Laurent Fabius, a été mis en examen pour « faux et usage de faux » par un juge d'instruction.

Mise à jour : 30/01/2016 à 13:37 par La Rédaction

Illustration de l'article : Thomas Fabius chez le juge pour s'expliquer sur son train de vie<br />
Thomas Fabius, le fils du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, à son arrivée le 1er juin 2011 au palais de justice à Paris. (© AFP/Archives/Bertrand Guay)

Thomas Fabius, le fils du député de Seine-Maritime Laurent Fabius, a été entendu, vendredi 29 janvier 2016, par un juge d’instruction. Son audition, en vue d’une éventuelle mise en examen, a duré plusieurs heures. La Justice s’intéresse au train de vie du fils de l’actuel ministre des Affaires étrangères, qui fréquente régulièrement les casinos.  Il a été mis en examen à l’issue de cette audition, pour « faux et usage de faux », pour des faits présumés en lien avec sa passion pour les casinos, a-t-on appris samedi de source proche du dossier.

Un appartement à 7 millions d’euros et des questions

L’homme de 34 ans a été entendu dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Paris en 2013, pour faux, escroquerie et blanchiment, indiquent des sources proches du dossier. Son avocat n’a pas précisé s’il avait été mis en examen à l’issue de son audition.
En cause, d’importantes mouvement de fonds qui pourraient avoir transité sur les comptes de Thomas Fabius et qui intéressent les magistrats du pôle financier. Ils cherchent notamment à déterminer comment il a acquis, en 2012, un appartement de 300 mètres carrés situé boulevard Saint-Germain, en plein cœur de Paris. L’appartement avait été acheté pour sept millions d’euros et la transaction avait fait l’objet d’un signalement Tracfin, auprès de la cellule anti-blanchiment du ministères des Finances. Thomas Fabius ne déclarait alors aucun revenu.

Une plainte de la Société générale

L’enquête avait débuté à la fin de l’année 2011 : la Société générale accusait alors le jeune homme d’avoir rédigé un faux mail, alors qu’il se trouvait au Maroc.

D’après cette plainte, le courriel avait été prétendument rédigé par son conseiller bancaire et laissait croire à un casino marocain que Thomas Fabius allait être prochainement destinataire de 200 000 euros », précise une source proche de l’enquête.

Au mois de novembre 2015, Thomas Fabius avait déjà été placé durant 12h en garde à vue. Il avait alors expliqué que cet appartement avait été « en partie financé par des gains issus du jeu et par un emprunt bancaire. » Son avocat, Me Bonan, avait alors indiqué que son client avait « pu s’expliquer de manière complète et détaillée » et qu’il était « déterminé à faire reconnaître son innocence et à mettre fin à quatre ans de mises en cause injustifiées. »

Des chèques en bois, à Las Vegas ?

Ce n’est pas la première fois que Thomas Fabius est au cœur d’ennuis judiciaires. Le procureur du Nevada (États-Unis) avait même délivré, à la fin du mois d’octobre 2015, un mandat d’arrêt contre le fils du ministre des Affaires étrangères. Il était alors soupçonné d’avoir rédigé des chèques en bois dans plusieurs casinos de Las Vegas, trois ans plus tôt, pour un montant total de plus de 3,5 millions d’euros.
Il aurait notamment libellé trois chèques à l’ordre du Palazzo, un hôtel de luxe. L’un portait sur un montant d’un million de dollars.

Il ne s’agit pas de chèques, mais de reconnaissances de dettes rédigées sur papier libre et qui ont valeur de bon à payer, avait expliqué Thomas Fabius, selon une source proche de l’enquête.

En 2009, Thomas Fabius avait connus de premiers déboires judiciaires après la tentative de création d’un projet de carte de paiement à puce pour l’Afrique : un entrepreneur avait porté plainte contre l’homme d’affaires et il avait reconnu, lors d’une procédure de plaider-coupable en juin 2011, avoir « détourné des fonds » à hauteur de 90 000 euros. Il avait été condamné à une amende de 15 000 euros, dont 10 000 euros avec sursis.

Avec AFP

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