Limoges Théâtre. Jean Lambert-wild de retour en Normandie avec son « Richard III »

Jean Lambert-wild, l'ancien directeur de la Comédie de Caen (Calvados), va faire son retour en Normandie, du 1er au 10 mars 2016, sur la scène du Volcan, au Havre (Seine-Maritime).

Mise à jour : 23/01/2016 à 16:31 par La Rédaction

Le comédien Jean Lambert-Wild  vêtu d'une armure de porcelaine, et la comédienne Elodie Bordas dans la pièce "Richard III" de Shakespeare, le 19 janvier 2016 au Théâtre de l'Union à Limoges ( © Pascal Lachenaud )
Le comédien Jean Lambert-wild vêtu d'une armure de porcelaine, dans la pièce Richard III de Shakespeare. À découvrir du 1er au 10 mars 2016, sur la scène du Volcan, au Havre (Seine-Maritime). (© Pascal Lachenaud)

Du 1er au 10 mars 2016, le Volcan, la Scène nationale du Havre (Seine-Maritime), va programmer la pièce Richard III. L’adaptation de cette œuvre fameuse de William Shakespeare est signée Jean Lambert-wild, un metteur en scène que les Normands connaissent bien puisqu’il a dirigé pendant huit ans la Comédie de Caen (Calvados), le Centre dramatique national de Normandie. Remplacé en janvier 2015 par Marcial Di Fonzo Bo, il est désormais en charge du Théâtre de l’Union de Limoges (Haute-Vienne), le Centre dramatique national du Limousin.

« La Comédie de Caen restera ma maison »

À la veille de son départ, en décembre 2014, il nous avait confié que ses années en Normandie étaient passées trop vite…

On a travaillé comme des fous pour que la Comédie de Caen soit reconnue nationalement et internationalement. L’objectif était de stabiliser cette institution et de la développer. Aujourd’hui, les salles sont pleines. En huit ans, les abonnements ont augmenté de 350% !  À titre personnel, ce théâtre restera ma maison. J’y ai débuté comme apprenti, j’y ai un attachement particulier. D’ailleurs, je n’ai pas l’impression de la quitter, mais plus de l’avoir traversée à un moment de son histoire. C’est un « esprit » qui fait partie de moi, et qui va m’accompagner dans la suite de ma carrière.

Le comédien préside désormais à la destinée du Centre dramatique national de Limoges, mais il n’a pas oublié sa terre d’adoption. Début mars 2016, il fera son retour en Normandie, au Volcan, au Havre (Seine-Maritime), avec le tonitruant Richard III de Shakespeare, une pièce de légende que le Rouennais Thomas Jolly présentera aussi dans la région, du 24 au 25 mars 2016, à la Comédie de Caen, pour clôturer en beauté l’épopée Henry VI.

> Lire aussi : [Interview] À Caen, Thomas Jolly présente Henry VI, la pièce la plus longue du monde.

Il est d’ailleurs amusant de constater que les deux metteurs en scène se sont attribués le rôle-titre, qu’ils proposeront dans un style très différent. Difficile de résister à la tentation d’interpréter une tel personnage…

Un costume en porcelaine de Limoges

Si Jolly présentera une version « opéra rock» de la pièce du célèbre dramaturge anglais, Jean Lambert-wild a opté pour une création plus intimiste, avec seulement deux comédiens sur scène. Intimiste, mais qui ne manquera pas d’originalité pour autant ! Sur scène, il revêtira un costume jamais vu dans un théâtre : une armure de porcelaine conçue et dessinée par l’artiste-plasticien et scénographe, Stéphane Blanquet, et réalisée sur mesure, dans  la capitale française de la céramique. Elle se compose de sept pièces moulées directement sur le corps de l’acteur, pesant plus de 6 kg mais « qui se portent comme un vêtement, grâce à l’ingéniosité des costumières du Théâtre de l’Union », déclare-t-il.

Découvrez les secrets de fabrication de l’armure de porcelaine :

Il aura fallu au total plus de sept mois de travail pour réaliser cette pièce exceptionnelle, parée de motifs réalisés au « bleu de four », couleur emblématique de la porcelaine de Limoges. Une « folle aventure » dans laquelle le metteur en scène a réussi à embarquer le directeur des porcelaines de La Fabrique, « qui ont mis leurs locaux et moyens à notre disposition ».
Habitué des projets insolites, comme des performances en impesanteur dans un avion « zéro gravité », le directeur de théâtre aime inclure dans ses créations les savoir-faire des territoires qui l’ont accueilli. Et il cherchait depuis longtemps à faire monter sur scène la célèbre porcelaine de Limoges.

Quand j’ai commencé à me plonger dans le texte de Richard III et à me renseigner sur la biographie du personnage, j’ai rapidement été convaincu que la porcelaine serait ici à sa place.

Richard III sous les traits d’un clown boiteux

Une idée loufoque pensez-vous ? Surtout pour habiller l’impitoyable tyran bossu dépeint par Shakespeare ? « Il y a quelque chose de très poétique à réaliser une armure, qui symbolise la force, la puissance virile et qui doit protéger le corps, dans un matériau qui, dans l’imaginaire, renvoie à la fragilité, au délicat, au subtil. Pour moi, ce vêtement est une belle interprétation de Richard III : sous la puissance extérieure, on perçoit des fragilités, des failles », explique Jean Lambert-wild, qui a choisi d’incarner le difforme monarque sous les traits d’un clown boiteux.

Le comédien Jean Lambert-Wild  vêtu d'une armure de porcelaine, et la comédienne Elodie Bordas dans la pièce "Richard III" de Shakespeare, le 19 janvier 2016 au Théâtre de l'Union à Limoges (© Pascal Lachenaud )
Jean Lambert-wild propose une version intimiste de l'œuvre de Shakespeare, avec seulement deux comédiens sur scène. (© Pascal Lachenaud )

« Sous son apparente fragilité, la porcelaine a en vérité des propriétés techniques et de robustesse insoupçonnées », assure le céramiste Christian Couty, pour qui « on peut à peu près tout faire avec ce matériau ». Quant aux costumières du Théâtre de l’Union, elles ont dû ruser pour permettre au comédien de bouger avec fluidité malgré cette armure rigide. « C’est un costume que je mets et que j’enlève à plusieurs reprises pendant la pièce. Elles ont donc dû tester et inventer plusieurs systèmes de rembourrage pour éviter les frottements mais aussi d’attaches, de telle sorte que l’armure tienne solidement sur moi mais soit facile à poser pendant les changements », conclut Lambert-wild.

Avec Julie Carnis (AFP).

Infos pratiques :
Du 1er au 10 mars 2016, au Volcan, 8 place Niemeyer, au Havre (Seine-Maritime).
Tarifs : de 5 à 33 euros. Tél : 02 35 19 10 20.

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