Mobilisation contre la loi travail. Les manifestations, en Normandie

La ministre du Travail défend devant la commission des Affaires sociales sa loi Travail, mardi 29 mars, deux jours avant les grands rassemblements du 31 mars. Le point en Normandie

Mise à jour : 30/03/2016 à 19:55 par

Illustration de l'article : Loi travail: El Khomri défend son texte controversé devant les députés
La ministre du Travail, Myriam El Khomri, dans la cour de l'Elysée à l'issue du conseil des ministres le 24 mars 2016 à Paris (©AFP/Archives/Thomas Samson).

Avant la contestation attendue dans la rue, jeudi 31 mars 2016, Myriam El Khomri, la ministre du Travail, a défendu mardi 29 mars 2016, son projet de loi devant les députés de la commission des Affaires sociales. Une étape formelle, mais délicate, qui permettra à la ministre de prendre le pouls du parlement. La ministre du Travail devait être entendue à partir de 16h30 par la commission, qui compte 70 députés.

Des concessions toujours jugées insuffisantes

Suppression du plafonnement des indemnités prud’homales pour licenciement abusif, renoncement aux décisions unilatérales de l’employeur sans accord dans les entreprises de moins de 50 salariés pour le forfait-jour ou les astreintes : le gouvernement a déjà fait des concessions qui ont satisfait la majorité, d’abord vent debout contre ce projet visant à réformer le droit du travail.
Mais pour des raisons diverses, voire opposées, les frondeurs du gouvernement, les écologistes et Les Républicains (LR) restent très critiques.

« Régressions sociales »

Frondeurs et écologistes, qui dénoncent une réforme reposant sur « une philosophie libérale » et des « régressions sociales », réclament le retrait du texte, comme les syndicats CGT, FO, Solidaires ou les organisations de jeunesse Unef et UNL, qui appellent à une « grosse mobilisation », jeudi 31 mars 2016. En écho au patronat, les députés LR réclament une « réécriture ». Le député UDI Philippe Vigier estime lui que le projet « ne répond pas » à deux questions que se posent les entrepreneurs : pouvoir alléger ou renforcer la voilure en cas de difficultés ou d’embellie.
Côté PS, rien n’est gagné : le député Christophe Sirugue, rapporteur du projet, compte sur des amendements. Il a, par exemple, évoqué l’article très décrié sur le licenciement économique. Modifié à la marge, il continue de faire craindre aux syndicats un risque de licenciement abusif au sein des grands groupes français.
L’ancien ministre du Travail François Rebsamen vient d’ailleurs d’inviter le gouvernement à faire évoluer le texte, notamment sur le licenciement économique.

« Des choses à améliorer »

La ministre du Travail a d’ores et déjà promis que le débat parlementaire, à partir du 3 mai dans l’hémicycle, allait « enrichir » la réforme avec des propositions émanant « de droite et de gauche » :

Certains députés socialistes se mobilisent sur la question des TPE-PME notamment, d’autres se mobilisent sur la question du compte personnel d’activité, d’autres s’interrogent sur la question de la médecine du travail, d’autres veulent muscler encore les mesures contre le travail détaché… », a-t-elle énuméré.

Cette loi est censée, selon Manuel Valls, répondre au chômage de masse « auquel notre pays s’est habitué depuis trop longtemps ». En février 2016, la France comptait 3,59 millions de personnes sans emploi.

> Lire aussi : Emploi en Normandie. Le chômage repart à la hausse. Le détail par département

Nouvelle mobilisation des syndicats

Les syndicats représentatifs (CGT, CFDT, CFE-CGC, FO, CFTC) et le patronat (Medef, CGPME, UPA), qui ont commencé le travail de lobbying au Parlement, seront, eux, entendus par la commission des Affaires sociales, mercredi 30 mars 2016.
Et jeudi 31 mars, le gouvernement va une nouvelle fois passer le test de la rue, avec des grèves et manifestations prévues partout en France.
La mobilisation s’annonce large : fonctionnaires, salariés d’Air France ou des ports et docks sont appelés à cesser le travail, tout comme la RATP et la SNCF. Les syndicats prévoient une mobilisation plus importante que celle du 9 mars, où plus de 200 000 personnes avaient défilé dans l’Hexagone (450 000 selon les organisateurs). Et ils menacent d’en organiser d’autres, afin de peser sur le débat parlementaire.

Les manifestations en Normandie, jeudi 31 mars 2016 (voir carte)

  • En Seine-Maritime :
    À Rouen
    , 10h30, cours Clémenceau
    Au Havre, blocages dès 6h aux entrées de ville et au pont de Normandie. Manifestation à partir de 11h, à la CCI puis à l’hôtel de Ville.
    À Dieppe, 10h30 devant la Gare.
    À Fécamp,  14 h 30 Place Dunan.
    À  Eu, 10h30, Place Guillaume le Conquérant. 
    À Lillebonne, 14h15, Théâtre Romain.
  • Dans le Calvados :
    À Caen, rassemblement à 10h30, place Saint-Pierre
    À Lisieux, sur la place François Mitterrand à 10h30
    À Vire, à 17h, place de l’Horloge
  • Dans l’Eure :
    À Évreux, rassemblement à 10h, pré du Bel Ébat.
  • Dans l’Orne : 
    À Alençon
    à 10h30, route du Mans au rond point de l’avenue de Koutiala. La manifestation se terminera place Foch devant la mairie.
    À Flers, à 16h, place du Gal de Gaulle et Rond point des 5 becs. Manifestation jusqu’à la mairie.
    À Argentan, à 16h, place du Gal Leclerc.
    À L’Aigle, à 17h30, place de L’Europe.
  • Dans La Manche :
    À Avranches, à 14h, Place de la Mairie.
    À Cherbourg, à 10h30, Place Napoléon.
    À Carentan, à 10h, Place de la République.
    À Granville, à 10h, à la mairie.
    À Saint-Lô, à 10h30, à la mairie.

Avec AFP

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