Déville-lès-Rouen Suppressions d'emplois à l'usine Vallourec, près de Rouen. Emmanuel Macron interpellé

Mercredi 20 janvier 2016, Valérie Foureyron, députée de Seine-Maritime, a interpellé le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, à propos de la situation à l'entreprise Vallourec.

Mise à jour : 21/01/2016 à 19:34 par Fabien Massin

Valérie Fourneyron, députée de Seine-Maritime, lors de la séance de questions aux gouvernement, mercredi 20 janvier 2016. (capture d'écran La chaîne parlementaire)
Valérie Fourneyron, députée PS de Seine-Maritime, lors de la séance de questions aux gouvernement, mercredi 20 janvier 2016. (capture d'écran La chaîne parlementaire)

Mercredi 20 janvier 2016, en séance des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, Valérie Fourneyron, députée (PS) de Seine-Maritime, a interpellé le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, à propos de la situation à l’entreprise Vallourec. Le spécialiste des tubes en acier sans soudure, qui compte un site à Déville-lès-Rouen, près de Rouen, est dans la tourmente. Jeudi 14 janvier 2016, la direction du groupe a annoncé qu’elle allait « réexaminer » son plan de restructuration, du fait de la dégradation de la conjoncture économique dans son secteur. À Déville-lès-Rouen, 110 emplois sur 380 doivent être supprimés, mais l’annonce du report du « plan de compétitivité » – selon les termes de l’entreprise - fait craindre à un scénario plus sombre encore. Lors de son intervention, Valérie Fourneyron a précisé que ses collègues Guillaume Bachelay et Christophe Bouillon, députés (PS) de Seine-Maritime, s’associaient à sa démarche.

« Concurrence brutale venant de Chine »

Monsieur le ministre, les salariés de Vallourec sont inquiets, a déclaré Valérie Fourneyron. Inquiets pour le devenir de leur groupe. Inquiets pour l’avenir des sept sites industriels qui les emploient, dont celui de Déville-lès-Rouen en Seine-Maritime. Inquiets pour leur avenir et celui de leur famille. En avril 2015, l’entreprise Vallourec, spécialiste mondial des tubes sans soudure, a annoncé la suppression de 2 000 emplois, dont 900 en France, sur les 5 000 que compte l’Hexagone. En cause, une crise mondiale de l’industrie pétrolière et gazière, profonde et durable, qui frappe de plein fouet le secteur de la métallurgie, en le privant de nombreux débouchés. En cause aussi, une frilosité à réaliser les investissement qui auraient été opportuns dans le passé. En cause enfin, une concurrence de plus en plus brutale venant de Chine. Aujourd’hui, il ne s’agit plus de savoir qui a commis des erreurs et quand. Il s’agit de trouver des solutions pragmatiques. Il s’agit de trouver des solutions pragmatiques et de sauver des emplois. La semaine dernière, la direction du groupe a annoncé la suspension du plan de sauvegarde de l’emploi qui était en cours de négociation avec les partenaires sociaux. Cette annonce, a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Elle laisse en effet présager un durcissement du plan de restructuration, des suppressions de postes supplémentaires et une réduction des capacités de production et des outils industriels. L’État, qui détient 7 % du capital de Vallourec, et particulièrement votre ministère, sont totalement mobilisés, pour rechercher de nouveaux actionnaires, des repreneurs, préserver l’emploi, assurer la survie des capacités industrielles françaises. Pouvez-vous nous dire, Monsieur le ministre, où en sont vos discussions avec la direction de Vallourec ? Quelle solutions industrielles envisager ? Quels investissements réaliser ? Quelle est la stratégie de l’État vis-à-vis de Vallourec ? Quelles sont enfin les avancées vers une réponse européenne au dumping des importations chinoises ?

« Diversification des débouchés »

Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’industrie et du numérique, a partagé l’analyse de la députée de Seine-Maritime, et esquissé des pistes d’actions.

Vous avez, madame la ministre, parfaitement posé débat, puisque le groupe Vallourec se trouve aujourd’hui confronté à deux crises. Celle, d’une part du secteur pétrolier, puisque 66 % du on chiffre d’affaires du groupe Vallourec, c’est en effet l’industrie para pétrolière. Elle est, aujourd’hui, à l’arrêt, quasiment, en termes d’investissement, compte tenu de l’effondrement du prix du pétrole, qui s’est encore accéléré au cours des dernières semaines. Et aujourd’hui, tous les professionnels du secteur considèrent que nous sommes dans cette situation pour de longs mois. La deuxième crise c’est celle de la sidérurgie et en particulier, des pratiques de dumping chinoises qui viennent inonder le marché européen, et donc faire drastiquement baisser les prix. Face à cela, deux séries d’action, que nous sommes en train de livrer, pour répondre à la situation du groupe Vallourec, qui comme vous l’avez dit, a annoncé, le 14 janvier dernier, le décalage de son premier plan. D’abord, une action renforcée au niveau européen, pour prendre toutes mesures nécessaires contre le dumping chinois. Avec mon collègue Matthias Fekl, nous avons, l’un et l’autre défendu la position de la France devant les conseils compétents pour que nous puissions prendre des mesures efficaces et plus rapides que celles que prévoient les dispositifs classiques aujourd’hui en vigueur. Il faut ensuite mobiliser l’ensemble du corps productif de Vallourec pour répondre à cette situation. Il s’agit d’abord d’appeler l’ensemble des clients à participer à ces efforts, d’explorer toutes les voies possibles en termes de diversification des débouchés des sites productifs de Vallourec, mais aussi d’articuler le plan social, lancé au printemps dernier et sur lequel j’avais pris moi-même des engagements, et la réorganisation industrielle que doit préparer le groupe Vallourec. Il s’agit enfin des efforts que les dirigeants du groupe et les actionnaires, dont la Banque publique d’investissement, la BPI, doivent assumer dans le cadre de ce défi. C’est dans cette perspective que je tiendrai la semaine prochaine une nouvelle réunion de travail avec l’ensemble des élus concernés, à laquelle vous serez associée.

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