Caen Site de la caserne Martin, à Caen. Le projet immobilier de Rudy Ricciotti gelé

Le projet immobilier prévu à la place de l’ancienne caserne Martin, à Caen (Calvados), pourrait être remis en question après la découverte des vestiges d’un bastion. Explications.

Mise à jour : 05/10/2015 à 19:31 par Marjorie Janetaud

Architecte du MuCem à Marseille, Rudy Ricciotti a imaginé ce projet pour Caen, à la place de la caserne Martin. © Cirmand - R. Ricciotti
Architecte du MuCEM à Marseille, Rudy Ricciotti a imaginé ce projet pour Caen, à la place de la caserne Martin. © Cirmand - R. Ricciotti

« Aujourd’hui, on n’ose même plus donner un calendrier. » Le maire de Caen (Calvados) désespère de voir pousser le projet immobilier imaginé, par l’architecte Rudy Ricciotti, à la place de l’ancienne caserne Martin, rue Daniel-Huet. Joël Bruneau (Les Républicains) en a expliqué la raison, lors de la présentation du futur pôle enfance-jeunesse, prévu dans la même rue.

Les vestiges d’un bastion découverts

Les fouilles archéologiques préventives, menées par l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont mis au jour les vestiges d’un bastion datant probablement du XVIe siècle. Si les vestiges doivent être conservés, c’est tout le projet qui est remis en question.
En novembre 2014, Rudy Ricciotti était lui-même venu présenter l’ensemble immobilier : 179 logements (111 privés et 68 à vocation sociale), un pôle multi-accueil petite enfance, des locaux d’activité et 165 places de stationnement en sous-sol. L’architecte du MuCEM, à Marseille, annonçait que les travaux devaient commencer début 2016 et être livrés fin 2017.

› Lire aussi : L’architecte du MuCEM à Marseille s’empare de la caserne Martion à Caen

Impossible de construire un parking souterrain ?

Désaffectée depuis 2011, la caserne Martin, construite dans les années 1960, a été vendue à la Ville de Caen par l’État, en 2013, pour 3,2 millions d’euros au lieu de cinq millions. Une décote sur le prix de cession était conditionnée à la réalisation de logements sociaux et du pôle multi-accueil, comme le prévoit le projet. Malgré la décote, la vente pourrait être contestée par Joël Bruneau (Les Républicains). Si les vestiges devaient être conservés sur place, il serait alors impossible de réaliser un parking souterrain… L’ensemble du projet serait, du coup, remis en question. Le site de 5 800 m2, en plein cœur de ville, semble pourtant une véritable aubaine pour la Ville de Caen qui cherche à attirer de nouveaux habitants.

François Hollande venu signer la cession à Caen

François Hollande était à Caen, en novembre 2013, pour signer la cession de la caserne Martin. ©Côté Caen
François Hollande était à Caen, en novembre 2013, pour signer la cession de la caserne Martin. ©Côté Caen

Le 17 mai 2013, le président de la République venait en personne, à Caen, pour signer la cession de la caserne Martin. Dans son discours, François Hollande disait :

Il faut sortir de terre la croissance en apportant notre soutien à l’activité du bâtiment. C’est aussi le but de ces cessions. Le logement, c’est une priorité sociale, économique et écologique.

Caen était la première Ville à acquérir des bâtiments appartenant à l’État pour y réaliser des logements. C’était l’un des engagements du gouvernement de l’époque. Quelques mois plus tard, les bâtiments de la caserne étaient rasés.

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