Paluel Seine-Maritime. Les photos de l'improbable accident à la centrale nucléaire de Paluel

Alors qu'EDF aurait déclaré que toutes les images de l'accident de Paluel n'avaient pas été enregistrées, un député écolo et le réseau Sortir du Nucléaire les diffusent.

Mise à jour : 13/04/2016 à 18:22 par

Le réseau Sortir du nucléaire dit détenir plusieurs images de l'accident de Paluel (capture d'écran Facebook Sortir du nucléaire).
Le réseau Sortir du nucléaire dit détenir plusieurs images de l'accident à la centrale nucléaire de Paluel, en Seine-Maritime. (capture d'écran Facebook Sortir du nucléaire).

Jeudi 31 mars 2016, sur le chantier de grand carénage de la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime) : lors de son transfert, un générateur de vapeur de 465 tonnes est tombé de toute sa hauteur à l’intérieur d’un bâtiment de la centrale. L’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) a immédiatement diligenté une enquête. Dans un courrier en date du 8 avril 2016, elle met en évidence la probabilité de plusieurs défaillances et regrette que des images du chantier qui auraient pu être captées, aient disparu. Toutes, certainement pas, puisque le député Europe Écologie-Les Verts de Paris, Denis Baupin, publie en date du mardi 12 avril 2016, une image du générateur, après sa chute. Une image reprise par le réseau Sortir du nucléaire sur sa page Facebook et qui affirme à Normandie-actu, détenir d’autres photos de l’accident. « Si Dieu (NDLR : EDF, l’exploitant de la centrale) ne retrouve pas les images, nous tenons à lui montrer que nous pouvons l’aider dans cette entreprise », ironise, amer, un militant.

> Lire aussi : Chute d’un générateur dans une centrale nucléaire de Seine-Maritime. Des défaillances, selon l’ASN

Un accident très inquiétant

L’accident qui s’est produit est très grave. Il a été vécu comme un véritable mini-séisme par les salariés de la centrale. Certains en sont littéralement tombés de leur siège. Il est aussi très inquiétant. Le générateur de vapeur, c’est l’équivalent d’un gigantesque chauffe-eau percé de nombreux orifices, qui, parce que le générateur est usé, sont inévitablement obstrués par de nombreux résidus de combustibles, chargés en radioactivité. L’ASN en est consciente. Elle ne publie que très rarement des lettres comme celle du 8 avril », s’offusque Guillaume Blavette du réseau Sortir du nucléaire et membre de la commission locale d’information (CLI) de la centrale de Paluel.

Une commission qui a demandé aussi des analyses à EDF pour comprendre les raisons de l’accident et ses conséquences. « Cette masse de 465 tonnes a forcément ébranlé les fondations du bâtiment », s’inquiète le représentant associatif. La commission technique de la CLI doit se réunir, « dans un mois fort probablement pour tenter d’en apprendre un peu plus. Mais nous devons nous préparer à une bataille d’informations ».

Des maintenances mal effectuées ?

Pour sa part, le député, Denis Baupin, sur son blog, écrit :

Même s’il est trop tôt pour tirer les enseignements de cet accident, il nous renvoie forcément aux interrogations posées par de nombreux experts sur la capacité réelle d’EDF à mener l’énorme chantier industriel du grand carénage, sur le trop grand nombre de tâches confiées à des sous-traitants, et la multiplication des incidents organisationnels et humains lors des opérations de maintenance. La maintenance est un facteur essentiel de la sûreté nucléaire. De nombreux incidents résultent de maintenances mal effectuées. EDF et l’ASN doivent faire toute la lumière sur l’accident de Paluel, pour que tous les enseignements puissent en être tirés. »

L’élu a également signé en date du mercredi 13 avril 2016, une tribune dans le journal, Le Monde, intitulée « L’Histoire du nucléaire est en train de s’achever, anticipons ! »

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