Blangy-sur-Bresle Seine-Maritime. Juliette, 7 ans, souffrant d'un handicap moteur, privée de rentrée ?

Une fillette de 7 ans souffrant de handicap n'a plus d'auxiliaire de vie scolaire. Ce qui l'empêche d'aller à l'école, mardi 1er septembre 2015. Son papa nous explique le problème.

Mise à jour : 25/08/2015 à 19:16 par Gwénaëlle Fliti

(© Arnaud B.)
La petite Juliette entourée de ses parents, Arnaud et Magali, à Blangy-sur-Bresle (Seine-Maritime). La fillette ne sait pas encore si elle pourra intégrer sa classe de CP, le mardi 1er septembre 2015. (© Arnaud B.)

Comme toutes les petites filles de son âge, Juliette, 7 ans, « a des amoureux, va à des goûters d’anniversaire… » et doit entrer au CP, le mardi 1er septembre 2015 à l’école primaire de Blangy-sur-Bresle (Seine-Maritime). Seulement, Juliette, contrairement à ses petits camarades, n’est pas certaine de pouvoir faire sa rentrée des classes. La raison ? La fillette, en fauteuil roulant, qui souffre d’un handicap moteur depuis ses neuf mois, sans impact sur son développement intellectuel, n’a plus d’Auxiliaire de vie scolaire (AVS). Une aide pourtant indispensable à la scolarisation des enfants en situation de handicap, comme elle.

Auxiliaire non renouvelée après deux ans de (bon) travail

Depuis son entrée en maternelle il y a deux ans, Juliette était accompagnée d’une auxiliaire. « Tout se passait bien, indique son père, Arnaud. Cette personne a vraiment participé à la sociabilisation de notre fille qui ne peut être autonome ». Mais en mai 2015, la directrice de l’école apprend aux parents que l’auxiliaire ne sera pas reconduite.
Avec Magali, la maman de Juliette, « nous avons écrit au ministère de l’Éducation nationale et au Rectorat de Rouen pour demander à ce que l’AVS de Juliette soit renouvelée », explique Arnaud. D’après la réponse reçue, il manquerait à cette auxiliaire les diplômes requis. Le couple tombe de haut, s’interroge :

Elle était suffisamment formée pour s’occuper de notre fille pendant deux ans, alors pourquoi maintenant ? »

Ils se sentent révoltés. Selon la loi du 11 février 2005 « le minimum est de répondre de manière adaptée aux besoins de ces enfants souffrant de handicap. Ce qui n’est pas le cas. La preuve, dans les classes ordinaires, on en voit si peu ! », regrette Arnaud. Les chiffres du ministère de l’Éducation nationale confirment ce constat. Sur les 310 000 enfants en situation de handicap scolarisés en 2013-2014, seulement la moitié l’était en classe ordinaire.

Le papa menace d’attaquer en justice l’Éducation nationale

Si la situation ne se débloque pas, que va-t-il advenir de la petite Juliette ? Il y a bien les Clics (Classe pour l’inclusion scolaire de douze élèves maximum en situation de handicap), mais, d’après son père, la plus proche est située à Amiens (Somme), soit à une heure de leur domicile. Ingérable. Arnaud le sait, certains aimeraient voir ces enfants placés dans des instituts spécialisés. Un avis qu’il ne partage pas :

Sauf en cas de handicap très lourd, il n’y a aucun intérêt à mettre ces enfants à l’écart. Bien au contraire, il faut réussir à les intégrer à la société. »

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À une semaine de la rentrée, l’inquiétude règne. « Il n’y a eu aucun recrutement, pas l’ombre d’une AVS à l’horizon ! », note Arnaud qui, dans un dernier élan, a écrit à la directrice académique. Le papa de Juliette a également lancé une pétition « pour le maintien de l’AVS de Juliette à la rentrée scolaire », qu’il compte faire parvenir au ministre de l’Education. En moins de dix jours, l’opération a déjà reçu plus de 22 000 signatures. Le soutien est général ! Ce combat, explique Arnaud, ne concerne plus seulement le sort de sa fille. Il aimerait que son action vienne en aide aux parents qui se découragent face au même problème.
Mardi 1er septembre, Arnaud et Magali emmèneront Juliette à l’école de Blangy-sur-Bresle, avec l’espoir que d’ici là, une auxiliaire aura été recrutée. Dans le cas contraire, Arnaud est ferme, il engagera une procédure judiciaire contre l’Éducation nationale.

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