Sainte-Marie-des-Champs Seine-Maritime. Double meurtre près d'Yvetot. L'accusé condamné à 30 ans de réclusion

Accusé du double meurtre de son ex-femme et de son nouveau compagnon, un accusé de 47 ans a été condamné, jeudi 28 janvier 2016, à 30 ans de réclusion, à Rouen (Seine-Maritime)

Mise à jour : 28/01/2016 à 20:05 par Valentine Godquin

Le double-meurtre s'était produit au domicile des deux victimes, près d'Yvetot. (Photo archives)
Le double meurtre s'était produit au domicile des deux victimes, près d'Yvetot (Seine-Maritime). (Photo d'archives)

Après quatre journées d’audience, la cour d’assises de Seine-Maritime, à Rouen, a rendu son verdict, jeudi 28 janvier 2016, dans le cadre du double meurtre qui s’était produit le 23 avril 2013, dans un pavillon de Sainte-Marie-des-Champs, près d’Yvetot (Seine-Maritime). Emmanuel M. 47 ans, a été reconnu coupable du meurtre de son ex-femme, et du compagnon de cette dernière. Tous deux avaient été poignardés à de multiples reprises. L’accusé a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle, dont 20 ans de peine de sûreté. Il est également sous le coup d’une déchéance d’autorité parentale, sur ses deux enfants.

Arrivé de Paris en train

Au moment des faits, le couple vivait séparé depuis plusieurs années. L’accusé s’était rendu le 23 avril 2013 à Sainte-Marie-des-Champs, commune voisine d’Yvetot, quelques jours après avoir appris que ses droits de visite auprès de ses enfants de 4 et 5 ans étaient réduits, au bénéfice de son ex-compagne.
Fonctionnaire à l’Assemblée nationale, à Paris, ce dernier était venu en train jusqu’à Yvetot, avant de se rendre, vers 13h30, au domicile du couple. Il aurait alors acheté un couteau à son arrivée, avant de poignarder le compagnon de son ex-femme, à 11 reprises, puis de se retourner contre la mère de ses enfants, et lui infliger 19 coups de couteau. Au moment des faits, ses enfants et celui du compagnon, âgé de 12 ans à l’époque, se trouvaient dans le pavillon. Le compagnon s’est éteint quelques mètres plus loin, sur la pelouse d’un voisin.
La cavale de l’accusé ne sera que de courte durée, grâce aux témoignages du voisinage. Il sera retrouvé vers 15h30 à bord d’un train devant le ramener à Paris. Le procès a duré quatre jours. L’audience avait été reportée dans un premier temps, en octobre 2015, en raison d’un mouvement de grève des avocats.

« Un énorme gâchis »

Le verdict répond au réquisition de l’avocat général. Reconnu coupable, l’accusé a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle, dont 20 ans de peine de sûreté, de la déchéance de son autorité parentale, ainsi que l’obligation de suivre neuf ans de suivi socio-judiciaire. Pour Me Sébastien Béna, avocat des familles des victimes, qui se sont portées parties civiles, ce verdict a été entendu « avec beaucoup d’émotion et de soulagement, mais tout en étant conscient d’un énorme gâchis ».

La famille des deux victimes est soulagée de voir les enfants mis à l’abri de leur père, leur permettant de se reconstruire, de grandir et de se façonner », ajoute l’avocat à Normandie-actu.

De ces quatre jours d’audience, Me Béna retient l’image d’un accusé « peu communicatif », et « certainement sédaté ». Du côté des familles, il n’y avait « pas de sentiment de vengeance, mais une grande dignité, et de la retenue ».
Pour Me Patrick Chabert, la cour d’assises a été « sévère en suivant les réquisitions ». Ce dernier rappelle que son client, prostré et sous traitement lourd lors de l’audience, a été reconnu malade par des experts, et que « la prison n’est pas le bon lieu d’accueil pour un malade de ce type-là ».

Il restera quasiment sans soin pendant au moins 20 ans. Un réflexion est à faire sur les peines données aux personnes responsables pénalement, mais aussi malades. Cela même sur des faits horribles et injustifiables.

Me Chabert précise enfin que son client « devrait normalement faire appel de ce jugement ».

Verdict et réaction des avocats, par France 3 Normandie :


Procès aux assises de Rouen du double homicide

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