Le Havre Seine-Maritime. Comment Le Havre et Dieppe tentent de peser face à la Métropole de Rouen

La réforme territoriale veut réduire le nombre d'intercommunalités. En Seine-Maritime, Le Havre et Dieppe veulent peser sur l'échiquier territorial face à la Métropole de Rouen.

Mise à jour : 05/10/2015 à 14:32 par Valentine Godquin

L'agglomération havraise souhaite aussi un rapprochement avec Saint-Romain-de-Colbosc. (Photo : KL)
L'agglomération havraise souhaite aussi un rapprochement avec Saint-Romain-de-Colbosc. (Photo : KL)

La préfecture de Seine-Maritime a présenté, vendredi 2 octobre 2015, aux élus du département, ses préconisations pour un nouveau schéma départemental de coopération intercommunale. Celui-ci répond à une volonté de procéder à une réforme territoriale visant à réduire le nombre d’intercommunalités sur le territoire. Une décision obligatoire à prendre, mais qui provoque la colère de plusieurs élus de Seine-Maritime.

« Néfaste pour le développement de l’agglomération du Havre »

L’objectif de ce schéma est de s’appuyer sur la réforme territoriale fixée par la loi NOTRe, stipulant que les intercommunalités devront à l’avenir compter plus de 15 000 habitants. Les plus petites devront, quant à elles, réfléchir à une fusion avec les intercommunalités voisines jusqu’à ce que la Seine-Maritime ne compte plus que 18 Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) contre 36 à l’heure actuelle.
Et selon Normandinamik, le projet présenté par le préfet Pierre-Henry Maccioni, lors d’une réunion du Comité départemental de coopération intercommunale (CDCI) de Seine-Maritime, n’est pas du goût d’élus tels que le maire Les Républicains du Havre, Édouard Philippe, ou encore le maire PCF de Dieppe, Sébastien Jumel.
La Communauté d’agglomération du Havre (Codah), qui compte environ 237 000 habitants, ne fusionnerait qu’avec la communauté de Criquetot-l’Esneval (16 400 habitants). La nouvelle carte tracée par la préfecture conserverait l’indépendance d’une autre voisine, l’intercommunalité Caux-Estuaire, comprenant Saint-Romain-de-Colbosc (18 000 habitants). Une décision que conteste Édouard Philippe.

C’est un très mauvais signal, néfaste pour le développement de l’agglomération du Havre et de la Normandie. Vous êtes en train de faire prendre beaucoup de retard à ce territoire qui est au centre de la Normandie, a-t-il déclaré.

Un « mariage à six » avorté ?

Du côté de Dieppe, l’annonce est également mal reçue : l’idée de former une grande agglomération constituée de Dieppe et de cinq communautés de communes environnantes est balayée de ce nouveau plan.

Nous souhaitions un mariage à six. Nous remportons un veuvage », regrette le président DVD de l’agglomération Dieppe-Maritime, Jean-Jacques Brument.

Ces décisions découleraient de la volonté des EPCI plus rurales, qui préfèrent s’associer entre elles plutôt que de se fondre dans une grande agglomération urbaine. Saint-Romain-de-Colbosc se bat pour son indépendance, tandis que, du côté de Dieppe, Saâne et Vienne, Varenne et Scie, Les Trois Rivières veulent s’unir, pour former une nouvelle EPCI d’environ 36 000 habitants.
Une commune nouvelle est également en cours d’élaboration au sein de la Communauté de communes du Petit-Caux : elle s’unira avec sa voisine, l’EPCI Monts-et-Vallées (21 000 habitants au total).
D’autres élus se mobilisent, sur le littoral du Pays de Caux, et au nord du département, contre une grande collectivité allant du Tréport à Aumale.

Faire le poids face à Rouen

Là où certains défendent leur identité rurale, d’autres comptent défendre leur point de vue et faire entendre leur voix face à la Métropole Rouen Normandie. Les partisans de la création de grandes Agglomérations n’approuvent guère ces divisions. C’est le cas de Pascal Martin, président (UDI) du Département de Seine-Maritime et de la Communauté de communes des Portes nord ouest de Rouen. Ce dernier regrette de voir un tracé défini en ne s’appuyant que sur l’avis « d’une petite minorité » refusant la grande fusion.
Ce plan présenté par le préfet n’est pas définitif et de nouvelles suggestions devraient être présentées, avant que le Comité départemental ne pose des amendements pour de potentielles modifications de la carte. Ces amendements devront ensuite être validés à la majorité des deux tiers des membres du comité.

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