Caen Salon du livre de Caen, un tirage au sort des éditeurs qui passe mal

Le salon du livre "Époque" de la Ville de Caen (Calvados) déménage... et tire au sort les éditeurs à venir ! Une décision qui fait râler ceux "rejetés" de l'événement littéraire.

Mise à jour : 28/05/2015 à 19:40 par Valentine Godquin

Une vingtaine d'éditeurs normands sont accueillis au Salon, contre une quarantaine en 2014. (photo : Côté Caen)
Une vingtaine d'éditeurs normands sont accueillis au Salon, contre une quarantaine en 2014. (Photo d'illustration : Côté Caen)

La Ville de Caen (Calvados) organise, samedi 30 et dimanche 31 mai 2015, son salon du livre. Cette édition laisse place à la nouveauté. Après « Passages de témoins », place à « Époque », salon qui aura lieu désormais sur la place Saint-Sauveur et non plus au château de Caen.

Une nouvelle méthode de sélection a également été déterminée pour choisir les éditeurs régionaux présents pendant les deux jours : le tirage au sort ! Dans les colonnes de Liberté Le Bonhomme libre, l’éditeur du Calvados, Charles Corlet, ne cache pas son mécontentement. Ce dernier ne figure pas dans la liste des éditeurs retenus, alors que sa maison d’édition éponyme est l’une des plus importantes de la région.

On a été complètement mis de côté, sans aucune réponse », s’indigne l’éditeur à Normandie-actu. Nous ne le savions pas au moment des inscriptions. Je n’ai été informé que le 11 mars 2015.

Ce dernier est présent chaque année sur ce salon, et ne cache pas son exaspération, quant à cette décision. « Au départ, nous étions sages, puis je me suis dit que je n’allais pas laisser ça comme ça. » Il décide alors d’envoyer un courrier au Centre régional des lettres (CRL) de Basse-Normandie, pour exprimer son mécontentement. Une copie a également été adressée à la municipalité. Un courrier qui reste sans réponse. « Cela me met encore plus en colère. J’ai eu un échange de courriels importants avec des auteurs, des éditeurs, et même des libraires qui sont tous du même avis. » Plus d’une vingtaine d’éditeurs se sont vus ainsi refuser l’accès au salon.

Deux fois moins d’éditeurs normands

Les éditions Charles Corlet seront présente malgré tout, sur un stand tenu par la librairie Au brouillon de culture. (photos archives L'Orne Combattante)
Les éditions Charles Corlet seront présentes malgré tout, sur un stand tenu par la librairie "Au brouillon de culture". (Photo d'archive : L'Orne Combattante)

Officiellement, les éditeurs normands ne seront plus qu’une vingtaine à installer un stand place Saint-Sauveur. Ils étaient le double lors des précédentes éditions, au château de Caen. Cependant, un stand particulier va spécialement se mettre en place, pour donner une chance aux « refoulés » de présenter des extraits de leur catalogue. Il sera tenu par la librairie Au Brouillon de culture, de Laurent Layet. « Nous avons surnommé cet espace le “stand-des-éditions-normandes-qui-ne-viennent-pas”. Cet espace, créé en discussion avec la mairie, permet de proposer aux 25 éditeurs rejetés lors du tirage au sort d’avoir un espace où ils peuvent présenter les nouveautés de leur catalogue. »
Ils sont neuf à profiter de ce stand particulier, dont les éditions Charles Corlet. « Les équipes travaillant sur ce salon ont totalement changé par rapport à l’année dernière et il a fallu trouver rapidement une solution équitable pour choisir les éditeurs. Évidemment, c’est douloureux, du fait que c’est sans appel. Je comprends Charles Corlet, qui est un éditeur incontournable en Normandie, et qui met en valeur sa région, tout comme les éditions Orep, qui n’ont pas été choisies non plus. »
En proposant ce stand aux éditeurs qui n’ont pas été sélectionnés, la Ville et le libraire permettent ainsi à ces maisons d’édition d’avoir une vitrine – plus petite ! – sur ce salon du livre. « Je pense que la mairie a quand même veillé à trouver une solution pour que les éditeurs soient présents », poursuit Laurent Layet.

Redynamiser le cœur de ville

Emmanuelle Dormoy, maire-adjointe en charge de la culture, veut rassurer les éditeurs, en leur rappelant qu’ils ont tous leur place au salon du livre. « On ne pouvait pas accueillir tout le monde, mais nous voulons partir sur une alternance, de façon à ce que les éditeurs absents cette année soient pris, en priorité. »

Le calendrier était serré,  avec un changement de chargé de mission. On a maintenu le salon car on ne voulait pas faire de pause pendant un an, pour une réorganisation complète.»

Une nouvelle mesure permet enfin de permettre aux maisons d’édition présentes de recevoir un défraiement de la Ville, pour participer aux frais de déplacement. « Nous souhaitons être attentif en direction de toute la filière du livre, en trouvant notamment des solutions pour soulager les éditeurs régionaux. » La Ville de Caen se donne trois ans pour construire un salon qui se distinguerait des autres, et développer son rayonnement national, grâce à un nouveau concept. Le verdict sera fait dès ce week-end, avec l’avis du public.

  • Informations pratiques :
    « Époques, le salon des livres qui éclairent notre temps », du 29 au 31 mai 2015, à Caen. Entrée libre.
    Retrouvez toutes les informations sur le programme du Salon sur le site Internet de Caen.

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