Alençon RSA contre « bénévolat ». En Normandie, les présidents de l'Orne et de l'Eure, sont « pour »

Alain Lambert, président du Conseil départemental de l'Orne, se dit « pour » l'idée du Département du Haut-Rhin : conditionner le versement du RSA, à des heures de bénévolat.

Mise à jour : 12/02/2016 à 09:36 par Manon Loubet

Alain Lambert, président du conseil départemental de l'Orne, s'est exprimé sur Facebook, à propos (Photo : Le Journal de l'Orne)
Alain Lambert, président du Conseil départemental de l'Orne, s'est exprimé sur le réseau social Facebook, le 7 février 2016, sur la question du RSA et du bénévolat. (Photo : Le Journal de l'Orne)

Dirigé par la droite, le Département du Haut-Rhin a annoncé, vendredi 5 février 2016, vouloir conditionner le versement de la prestation RSA (Revenu de solidarité active)… à sept heures par semaine de bénévolat.

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Depuis cette annonce, la guerre fait rage entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Alain Lambert, président du Conseil Départemental de l’Orne, dit être « d’accord sur le principe », sur le réseau social Facebook.

Alain Lambert (UDI), président du conseil Départemental de l’Orne, affirme sur Facebook, le 7 février 2016, qu’ « exercer une activité bénévole quand on ne trouve pas un emploi rémunéré, c’est se rendre utile, voire indispensable à la société, par ce qu’on lui apporte. L’activité doit demeurer la norme et le chômage et l’absence d’activité l’exception.
La dépense sociale, la solidarité doivent se conjuguer avec le respect et la dignité de la personne. Redéfinissons les modalités, aujourd’hui trop étatiques, de la redistribution c’est-à-dire développons et remotivons chacun, dans sa responsabilité de personne humaine. Donner une seconde chance à ceux qui sont à la recherche d’un emploi est notre exigence fondamentale. »

De son côté, le 5 octobre 2015, le président du conseil Départemental de l’Eure, Sébastien Lecornu (LR), avait menacé  de ne plus verser « les dizaines de millions dont a besoin la CAF (Caisse d’allocations familiales) pour payer les allocataires du RSA. » Objectif : mettre l’État « face à ses responsabilités ».

Depuis 2012, l’État a gelé à 40 millions d’euros sa participation, alors que les dépenses du RSA ne cessent d’augmenter. Entre 2014 et 2015, la facture a encore augmenté de 7 millions d’euros pour atteindre 77 millions d’euros. L’année prochaine, le Département va devoir verser la moitié des 80 millions d’euros nécessaires au paiement des allocataires du RSA. Je me pose la question : on s’arrête quand ? », avait indiqué Sébastien Lecornu, dans un communiqué, le 5 octobre 2015.

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Pour Marisol Touraine, « ce n’est pas possible »

Dans Le Monde, la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a déclaré, lundi 8 février 2016, qu’il n’était tout simplement « pas possible de conditionner le versement du RSA à l’exercice du bénévolat », comme l’a décidé vendredi 5 février 2016, le Département du Haut-Rhin. Les droits et devoirs liés au RSA sont définis « nationalement », a ajouté la ministre en déplacement à La Plaine-Saint-Denis. Elle a indiqué par ailleurs que le gouvernement allait « regarder précisément » la décision du Haut-Rhin.

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