Rouen Rouen veut s'offrir une rotonde de 28 mètres !

Gigantesque. Ce sera le mot pour définir le "panorama" que Rouen veut acquérir pour doper son tourisme, à l'image de Berlin, Leipzig et Dresde. Détails.

Mise à jour : 17/05/2013 à 09:48 par Hervé Pinson

Asisi a reconstitué Rome sous Constantin en 312 (photo DR)
Asisi a déjà reconstitué Rome sous Constantin en 312. Son travail sera bientôt visible à Rouen (photo DR)

Une petite cinquantaine de personnes, journalistes, représentants de la CREA (l’Agglomération de Rouen), Frédéric Sanchez en tête, mais aussi de la Région Haute-Normandie avec Alain Le Vern ont fait le déplacement, jeudi 16 mai 2013, à Dresde (Allemagne), pour découvrir un secret bien gardé : le projet “des panoramas” à Rouen.

Peinture circulaire monumentale

Après l’Armada et le festival Normandie Impressionniste, voici donc le nouveau projet phare de la Communauté d’agglomération de Rouen Elbeuf Austreberthe (CREA) : faire réaliser à l’artiste allemand, Yadegar Asisi, une œuvre monumentale à l’image de celles qu’il a déjà faites à Berlin, Leipzig et Dresde ! Il s’agira d’une peinture circulaire géante qui reconstituera la ville de Rouen au début du XVe siècle, à l’époque de Jeanne d’Arc.

Une rotonde de 28 mètres de haut pour 34 mètres de diamètre

Le tout placé dans une rotonde à ériger, d’une hauteur de 28 mètres pour 34 mètres de diamètre (ainsi qu’il en est pour les projets réalisés en Allemagne). Elle serait implantée sur les quais rive droite à Rouen, dans le prolongement de l’avenue Pasteur, entre le h2o et le hangar qui accueille l’espace des Marégraphes.

Un "Pôle muséal" dédié aux très grands format, sous le nom de "XXL" pourrait trouver sa place à l'entrée de la presqu'ïle Rollet. (Photo : DR)
Un "Pôle muséal" dédié aux très grands format, sous le nom de "XXL" pourrait trouver sa place à l'entrée de la presqu'ïle Rollet. (Photo : DR)

Vers un projet de pôle dédié aux très grands formats

Une installation qui pourrait n’être que provisoire puisque la CREA a déjà imaginé un projet définitif, si le succès se confirme au bout de cinq ans : un “Pôle muséal” dédié aux très grands format, sous le nom de “XXL” qui pourrait trouver sa place à l’entrée de la presqu’ïle Rollet rive gauche, entre le hangar 108 et le pont Gustave Flaubert. Là pourraient être accueillies des œuvres de Yadegar Asisi, mais aussi d’autres panoramas plus anciens tels que le musée du Louvre en possède et qui ne sont pas visibles par le public.
Cet équipement viserait à compléter l’Historial Jeanne d’Arc réalisé là aussi par la CREA dans le centre historique de Rouen et qui ouvrira ses portes fin 2014.

À quand l’ouverture ?

Concernant le panorama, le calendrier pourrait être le suivant, tel qu’envisagé avec Asisi Panorama International : juin 2013, déclaration de l’intérêt communautaire du projet d’exposition des panoramas soumise au Conseil communautaire de la CREA, porteuse du projet en association avec la Région et la Ville de Rouen ainsi que des partenaires privé (la Matmut) ; printemps 2014, construction de la Rotonde ; été 2014, installation d’un premier panorama et ouverture au public ; printemps 2015, installation d’un second panorama et ouverture au public ; automne 2015, installation du panorama sur Rouen médiéval.

Avoir l’exclusivité en France

Particularité du projet de panoramas : il est unique en France, et la CREA a bien l’intention de garder cette exclusivité pour doper l’attractivité de son territoire. Un vrai pari qui a un coût : la construction de la Rotonde est estimée à 2,5 à 3 millions d’euros, la licence (droit d’exploitation de l’œuvre) est de 1 million d’euros pour 5 ans, l’acquisition de deux œuvres existantes s’élève à 1,35 million d’euros et la réalisation du troisième panorama sur Rouen au début du XVe siècle coûterait 1,5 million d’euros au maximum.
Réalisé pour 5 ans, cet investissement représenterait alors un montant avoisinant 1,3 million d’euros par an. Les collectivités étudient actuellement le montage financier de l’opération auquel se joindrait la Matmut, partenaire au long cours des projets culturels de la région. Le coût de fonctionnement est estimé à 500 000 euros par an, sachant qu’une mutualisation poussée est envisagée avec la régie du h2o, pour limiter les coûts d’exploitation.

Qui va payer ? Quelles recettes ? C’est bien sûr l’inconnue. Car l’entrée devra être payante. Avec une entrée moyenne à 7 euros, l’équilibre financier de l’exploitation serait atteint avec 75 000 visiteurs par an. À 10 euros, il sera atteint avec 50 000 visiteurs, et l’amortissement de l’opération (investissement compris) pourrait être réalisé en 5 ans avec 150 000 visiteurs par an.
Utopique ?
À Dresde et Leipzig (520 000 habitants), les Panoramas Asisi attirent 300 000 visiteurs par an.

« Reste à savoir si le public français aura le même enthousiasme pour cette attraction », confie Jean-Yves Husson, vice-président de la CREA en charge des projets culturels. « Les anglo-saxons sont friands de ce type d’approche, en France on ne sait pas encore.»

Qui est Yadegar Asisi ? Artiste et architecte, l’Allemand Yadegar Asisi a relancé et renouvelé le genre des panoramas. Ses œuvres, gigantesques, spectaculaires et résolument réalistes restituent des lieux disparus ou inaccessibles : des lieux naturels exceptionnels comme le sommet de l’Everest ou la forêt amazonienne, ou des sites historiques comme la Rome antique en 312, l’Acropole de Pergame en 129, la Dresde baroque…
Sa technique allie la peinture, le dessin et l’utilisation d’images numériques. Elle repose sur un important travail documentaire et scientifique, mis en service de la “justesse” des œuvres. Ces dernières sont exposées en Allemagne dans deux gazomètres à Dresde et Leipzig, et pour le panorama Pergamon dans une structure spécifique de type rotonde située su l’Ile aux Musées, à Berlin. Ce dernier a attiré 1 million de visiteurs en 9 mois.