Rouen Transports : un compte Twitter pour signaler les contrôleurs

Alerte Contrôleurs est un compte Twitter destiné aux Rouennais. L'idée ? Prévenir les internautes de la présence de contrôleurs dans les transports de la ville. Explications.

Mise à jour : 06/05/2013 à 15:53 par Amandine Briand

 

(photo d'illustration : archives)
Alerte Contrôleurs est un compte Twitter participatif, destiné à informer les usagers de la présence de contrôleurs dans les transports en commun rouennais (photo d'illustration : archives).

« Tu es interpellé par un contrôleur de la Tcar ? Tweet @controleursTCAR suivi du lieu et du nom de l’arrêt pour informer tout Rouen ! » Ainsi se présente  le compte Twitter Alerte Contrôleurs, destiné à prévenir les Rouennais de la présence de contrôleurs dans les transports en commun de la ville. Nouveau sur la toile, le compte n’est pour l’instant suivi que par une quarantaine d’internautes. Pas encore suffisant pour s’imposer.

La direction de la TCAR « navrée »

Olivier Cosnefroy, secrétaire syndical à la TCAR (CGT) ignorait l’existence de ce compte. Immédiatement, le représentant syndical craint que la présence d’Alerte Contrôleurs ne favorise la fraude.

« Nous ne pouvons pas cautionner cela, analyse-t-il. En même temps, je ne suis pas certain que le mécanisme soit très efficace donc cela ne m’inquiète pas. Il n’est pas impossible en revanche que les services de la CREA envisagent un recours », avance le syndicaliste.

Contactée, la direction de la TCAR s’est quant à elle déclarée « navrée » de cette attitude « pas très civique ». « Le geste est anti-citoyen et il s’agit tout de même d’une incitation à frauder, estime Stéphane Bonnaud, directeur délégué de la TCAR. Cependant, nos équipes de contrôle sont extrêmement mobiles et le compte reste très peu suivi donc on peut douter de son efficacité. D’ailleurs, il s’agit d’une quarantaine de “followers” contre 195 000 personnes en moyenne, qui empruntent les transports chaque jour dans l’agglomération », relativise-t-il.  Quant à un éventuel recours, le directeur préfère rester prudent : « La réaction peut parfois être pire que le mal… ».

Des applications pour smartphones existent déjà

Le concept n’est pas nouveau. Déjà en mars 2011, Europe 1 évoquait le parcours de Vivien Thiébaut et Julien Verez, deux amis lillois informaticiens, créateurs de l’application pour smartphones Un ticket ? Développée à Paris, Lyon, Lille, Marseille et Toulouse, l’application gratuite permet à ceux qui la téléchargent de s’informer mutuellement quant à la présence de contrôleurs dans les métros. Et l’initiative a fait des émules : à Paris, Lyon, Toulouse et Lille, une autre application est ainsi disponible : Checkmymetro.

Comme à Rouen, l’idée n’a pas plu aux responsables des transports, qui redoutaient déjà la multiplication des fraudes grâce à de tels outils et qui ont déposé des recours devant le ministère des Transports, à Lille et à Lyon notamment. De leur côté, les créateurs de Un ticket ? se justifiaient sur Europe 1, indiquant que leur application n’incitait pas à la fraude mais qu’elle se contentait d’informer les usagers. L’application Coyote – qui avertit les automobilistes de la présence de radars – « a d’ailleurs été légalisée car elle avertit de la présence des radars, mais ne les détecte pas », concluaient-ils.