Rouen Rouen. Catherine Moisselin, 28 ans, dirige 116 policiers

Commissaire, chef de division sur la rive droite de Rouen depuis trois ans, Catherine Moisselin est passionnée par son métier. À 28 ans, elle dirige 116 personnes. Portrait.

Dernière mise à jour : 27/03/2013 à 12:12

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Commissaire sur la rive droite de Rouen depuis trois ans, Catherine Moisselin a toujours été fascinée par la police.

Sourire aux lèvres, queue de cheval et uniforme, Catherine Moisselin nous accueille dans son bureau du boulevard de l’Yser, à Rouen. Sa jeunesse et sa fraîcheur sautent aux yeux. Sous ses ordres, pourtant, 116 hommes et femmes qu’elle dirige pour assurer la sécurité des 15 communes dont elle a la responsabilité. Commissaire sur la rive droite de Rouen depuis trois ans, elle a toujours été fascinée par le métier de policier.

Après cinq années d’études de droit, la jeune femme tente le concours de commissaire « sans trop y croire ». Car, au-delà des épreuves écrites et orales très sélectives, les aspirants doivent se soumettre à des épreuves physiques très exigeantes, et surtout, éliminatoires. « Moi qui n’était pas sportive du tout, j’ai dû m’entraîner sérieusement », sourit-elle. Mais la jeune femme a su faire de son petit gabarit une force et a réussi le concours du premier coup. Elle intègre alors l’école nationale supérieure de police de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, près de Lyon, et se retrouve propulsée à Rouen pour son premier stage.

« On m’a tout de suite mise dans le bain »

Immédiatement, Catherine est plongée dans le métier, par ses aspects les plus difficiles. Rien ne lui est épargné. Lors de son premier jour de stage, alors qu’elle n’a que 23 ans, la jeune femme se retrouve ainsi confrontée au suicide d’une personne, sous les rails d’un train. « Il était coupé en trois, ce n’était vraiment pas évident », se souvient-elle. Le même jour, fait extrêmement rare, un important incendie se déclenche à l’Hôtel de police de la rue Brisout de Barneville. 800 personnes sont évacuées.

« Depuis, j’ai une réputation de chat noir… Ce qui n’est pas complètement faux puisqu’encore aujourd’hui, il se passe quelque chose à chaque fois que je suis de permanence. »

Animée par la passion du terrain et du service public, Catherine s’est rapidement intégrée parmi les policiers rouennais. À tel point qu’une fois son stage terminé, elle a souhaité revenir dans la ville aux cent clochers, où elle exerce depuis maintenant trois ans. Pour elle, sa jeunesse et son statut de femme n’ont pas été des obstacles à son intégration. « Les choses sont très cadrées dans la police, il y a un véritable respect de l’uniforme, souligne-t-elle. Donc, en voyant que j’avais le grade sur les épaules, les gens m’ont tout de suite appelée “patron”. »

Les choses ont été un peu plus compliquées avec les élus des communes dont elle assure la sécurité. « Ils ont vu une jeune femme débarquer, ils ont eu quelques doutes, raconte-t-elle. J’ai presque eu besoin de les convaincre de mes compétences, mais ça c’est finalement très bien passé. Il était normal qu’ils me testent. »
Autre difficulté à surmonter, le regard des gens :

« La première fois que j’ai passé l’uniforme et que je suis partie sur la voie publique, j’étais tellement fière… rapporte la jeune femme. Et pourtant, le regard des gens n’était pas celui auquel je m’attendais. Ils ont tendance à baisser les yeux en nous voyant… Je crois qu’ils sont impressionnés et que la police souffre d’une mauvaise image. »

« Un grand sentiment d’appartenance »

Aujourd’hui, la commissaire est à l’aise dans ses fonctions et se veut proche de son équipe. « Nous travaillons dans une bonne ambiance, décrit-elle, nous avons un grand sentiment d’appartenance parce que nous vivons des choses fortes ensemble ». Pas question pour autant de rester sur ses acquis. « J’apprends énormément de ma hiérarchie, mais aussi de mes effectifs. Je profite largement de l’expérience des autres. Plus on a de l’expérience, moins on est stressé et moins on est stressé, plus on est crédible », estime-t-elle.

Perfectionniste, Catherine Moisselin aime arriver avant tout le monde et repartir une fois le commissariat vidé de ses effectifs. « Ça me permet de prendre le temps de lire les plaintes ou les mains courantes et de rédiger des rapports, au calme », explique-t-elle.
Un métier prenant donc, et surtout, un métier passion. « Si on ne le fait plus avec envie, c’est un métier trop difficile », admet la jeune femme. Avec 116 personnes sous ses ordres, elle pilote l’activité du commissariat. Entretenir de bonnes relations avec les élus, suivre l’activité du commissariat, se tenir au courant des plaintes et des mains courantes déposées, mettre en place des dispositifs en fonction des besoins, telles sont ses missions quotidiennes. Un véritable travaille de chef d’orchestre : « Je travaille pour ceux qui travaillent », résume-t-elle.

Dans les couloirs, ceux qui travaillent justement lui lancent des « bonjour commissaire ! » ou « bonjour patron ! » à tout va. Pas de « patronne » en revanche : « Ça fait un peu trop tenancière de bar », plaisante-t-elle. Dans les quartiers nord de Rouen, Catherine Moisselin est confrontée à des problèmes de vols avec et sans violences, de dégradations matérielles, ou encore, de prostitution sur les boulevards…
Amoureuse du terrain, elle essaie de s’y rendre aussi souvent que possible, au moins une fois par semaine. « Mais quand je prends le temps d’aller sur le terrain, je le paie le soir et je rattrape tout le travail administratif que je n’ai pas pu faire dans la journée. »

« Les gens sont très hostiles à la police »

Parmi les affaires qui l’ont marquée, la commissaire se souvient de l’agression de l’un de ses hommes, en mars 2012, sur les Hauts-de-Rouen. Un groupe d’individus s’en était pris à un agent de la brigade spécialisée de terrain (BST) ainsi qu’à plusieurs véhicules stationnés devant le bureau de police.
Les jeunes avaient lancé des cocktails Molotov et des boules de pétanque en direction du fonctionnaire qui avait dû répliquer en sortant son arme et en tirant à plusieurs reprises. « C’était une attaque gratuite contre la police, se désole la commissaire. Le constat que j’en fais, c’est que des gens nous sont très hostiles et je le regrette, car, de notre côté, nous sommes fiers de porter l’uniforme et de faire respecter la loi. »

Plus récemment, c’est l’agression violente d’un apprenti de 17 ans – qui a eu lieu au Centre de formation d’apprentis sur des Hauts-de-Rouen, lundi 18 mars dernier – qui a retenu l’attention de la commissaire et mobilisé ses équipes. Lorsqu’elle évoque cette affaire avec l’un de ses majors,  celui-ci se dit satisfait de la façon dont les choses ont été prises en main. Les dossiers en cours ont été mis de côté et tout le monde s’est mobilisé sur cette affaire. « Ce n’est pas si souvent que nous faisons du flagrant délit relate le major, ça a permis de “re-souder” les équipes qui n’étaient plus habituées à aller ensemble sur le terrain. Et notre travail a payé puisque nous avons arrêté quatre individus. »

« Ces affaires, c’est du concret, complète la commissaire. Nous bossons dur sur quelque chose mais nous voyons rapidement les résultats. » Et c’est cet amour du travail bien fait et du résultat concret qui l’anime. « J’aime le service public, faire respecter la loi, aider les victimes, car, derrière chaque plainte, aussi banale soit-elle, il y a une victime en souffrance. »

Lorsqu’elle enlève sa casquette de commissaire, Catherine aime aussi sortir entre amis et le revendique. « C’est très important d’avoir une vie à soi à côté, et de décrocher du quotidien, même si cela est difficile ». L’avenir, la commissaire le voit peut-être dans la police judiciaire. Mais pour l’instant, la sécurité publique lui correspond parfaitement.

 

  • Pour aller plus loin. Comment devenir commissaire ?

44 Boulevard de l'Yser, 76000 Rouen, France
Amandine Briand
Journaliste
  1. [...] Sur réquisition du procureur de la République de Rouen, une vingtaine de policiers dont la commissaire Catherine Moisselin, chef de la division nord, ont ainsi procédé aux contrôles et relevé 17 infractions : quatre [...]
  2. Soyouz
    28 mar 2013 08:45
    Une jeune femme, dynamique, qui commande un effectif de 116 personnes, dans un milieu a priori plutôt masculin, ça force le respect. On a besoin de gens comme elle.
  3. jfk
    28 mar 2013 08:06
    encore une qui ce la petttttttttt
  4. NAT
    27 mar 2013 17:15
    moi je suis femme d un flic brigadier chef et alors je voie pas la difference entre lui ou une autre personne qui fais un autre metier chacun son metier....faut arreter de mettre des gens en avant pour rien ....
  5. NAT
    27 mar 2013 17:11
    ET ALORS ,,,??? SA RESTE UNE FLIQUETTE COM LES AUTRES