Rouen Risque de cancer héréditaire. Le CHU de Rouen à la pointe de la recherche

La Fondation ARC a accordé un financement de 350 000 euros à l'équipe du Professeur T. Frébourg, du service génétique du CHU de Rouen, pour ses travaux sur un syndrome rare.

Mise à jour : 13/01/2016 à 08:33 par Fabien Massin

L'équipe du Professeur Frébourg lors de la remise du chèque de la Fondation ARC, à Rouen en décembre 2015. (photo : Fondation ARC)
L'équipe du Professeur Frébourg lors de la remise du chèque de la Fondation ARC, à Rouen (Seine-Maritime), en décembre 2015. (Photo : Fondation ARC)

Jusqu’à 5 % des cancers seraient d’origine héréditaire. « 2 à 5 % des cancers diagnostiqués en France seraient liés à la transmission héréditaire d’une anomalie génétique », indique la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer.  Dans la recherche sur ces cas spécifiques, le CHU de Rouen (Seine-Maritime) est aux avant-postes. Au mois de décembre de 2015, la Fondation Arc a remis une enveloppe de 350 000 euros à l’équipe du Professeur Thierry Frébourg, qui dirige – entre autres fonctions – le service génétique de l’établissement de Rouen, pour soutenir ses travaux.

Prise en charge spécifique

Certaines anomalies génétiques héréditaires entraînent des risques élevés de cancers qui nécessitent une surveillance et une prise en charge adaptée, précise la Fondation ARC. À la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Rouen, l’équipe du Professeur Thierry Frébourg a identifié de telles caractéristiques génétiques chez des familles touchées par le syndrome de Li-Fraumeni, qui est associé à un risque très élevé de cancers. Cette découverte est très prometteuse pour l’amélioration des traitements proposés à ces patients à haut risque.

Une prédisposition rare

Le syndrome de Li-Fraumeni, examiné de près par l’équipe du Professeur Thierry Frébourg, entraîne un risque accru de cancer précoce, chez les enfants.

Le syndrome de Li-Fraumeni est une prédisposition génétique au cancer, rare, mais qui entraîne un risque de déclarer très tôt divers cancers (cancers du sein, tumeurs cérébrales, ostéosarcomes, sarcomes des tissus mous, tumeurs des surrénales…). Ces tumeurs surviennent en général à un âge précoce, le risque de tumeurs multiples est particulièrement élevé.

Risque de second cancer chez les adultes

Chez les adultes, il engendre un risque accru de second cancer, celui-ci étant la conséquence des traitements utilisés pour le premier.

Chez les personnes atteintes du syndrome de Li-Fraumeni, les traitements utilisés pour soigner le premier cancer peuvent endommager les cellules et contribuer à l’apparition d’un nouveau cancer, a expliqué le Professeur, lors de la remise du chèque de soutien. Nos travaux ont pour objectif de déterminer les traitements les moins génotoxiques et les mieux adaptés chez des patients particulièrement exposés au risque de tumeur. Notre équipe est très motivée pour faire avancer la prise en charge d’une maladie très éprouvante et qui peut décimer des familles.

Identifier les familles

300 familles seraient concernées en France, toutefois ce chiffre se situerait en-deçà de la réalité. Identifier les personnes atteintes par ce syndrome est ainsi crucial, notamment aux âges intermédiaires, ni enfant ni senior.

Devant un cancer du sein survenant chez une jeune femme de moins de 31 ans, il est important de rechercher un syndrome de Li-Fraumeni, cite en exemple le professeur Thierry Frébourg. Car si la patiente est effectivement atteinte de ce syndrome, il est préférable, si cela est possible, de ne pas faire de radiothérapie pour éviter la survenue d’un second cancer. Il convient aussi de lui recommander un suivi par IRM.

Nous vous rappelons qu'en envoyant votre commentaire vous acceptez de respecter la charte de modération. Vous êtes pénalement responsable de vos écrits.