Caen Richard Brunel présente Roberto Zucco, avec Pio Marmaï, au théâtre de Caen

Du 2 au 4 mars 2016, le metteur en scène Richard Brunel présente la pièce Roberto Zucco au théâtre de Caen (Calvados). Dans le rôle-titre, vous retrouverez le comédien Pio Marmaï.

Mise à jour : 23/02/2016 à 17:44 par Mathieu Girard

Rendez-vous les mercredi 2 et jeudi 3 mars 2016, au théâtre de Caen (Calvados), pour découvrir Pio Marmaï dans la peau de Roberto Zucco. (Photo : Jean-Louis Fernandez)
Rendez-vous du 2 au 4 mars 2016, au théâtre de Caen (Calvados), pour découvrir Pio Marmaï dans la peau de Roberto Zucco. (Photo : Jean-Louis Fernandez)

Une semaine après Le retour au désert d’Arnaud Meunier, Richard Brunel vous propose de découvrir une autre œuvre de Bernard-Marie Koltès. Du 2 au 4 mars 2016, le directeur de la Comédie de Valence présentera sa version de l’histoire de Roberto Zucco sur la scène du théâtre de Caen (Calvados).
Vous retrouverez notamment, dans le rôle-titre, l’excellent Pio Marmaï, qui a délaissé les plateaux de cinéma pour s’investir à fond dans ce projet qui relate l’histoire vraie d’un tueur en série italien.

Une langue à la fois très intime et universelle

Normandie-actu : Après Arnaud Meunier et Le retour au désert, vous êtes le second metteur en scène à présenter une œuvre de Bernard-Marie Koltès à Caen, en l’espace de deux semaines. Que représente cet auteur pour vous ?
Richard Brunel : Son œuvre brille aussi bien par son contenu que sa forme. Sa grand force est sa langue, qui est puissante, comique, contemporaine, prosaïque et extrêmement concrète à la fois, très intime et, en même temps, universelle. Mais on y trouve également une touche de désespoir et un certain lyrisme. Son œuvre parle à tout le monde. Par exemple, nous venons de jouer Roberto Zucco au théâtre Gérard-Philippe de Saint-Denis (Seine Saint-Denis), et j’ai été agréablement surpris de constater à quel point les jeunes du coin étaient happés par cette histoire.

Parmi les autres pièces de Koltès, pourquoi avez-vous choisi cette histoire ?
C’est lié à une proposition de l’Institut français de Moscou, qui m’avait invité à monter Quai Ouest en Russie. Mais j’en étais vite arrivé à la conclusion que cette pièce n’était pas mon truc. Je l’apprécie, mais je ne savais pas trop quoi en faire. J’ai donc relu toute l’œuvre de Koltès et l’histoire de Roberto Zucco m’a tout de suite passionné. Elle interroge les questions de la violence et de la bêtise, ce qui me semblait être des sujets intéressants vu le contexte. Je ne m’étais pas trompé, car très vite, les acteurs russes se sont montrés très divisés : certains estimaient qu’il y avait autre chose à raconter que l’histoire d’un tueur et d’autres pensaient exactement l’inverse. Et plus j’avançais dans mon travail et plus je me disais que c’était quand même dommage que moi, un Français, je monte cette pièce en russe.

Roberto Zucco :

Pio Marmaï dans la peau de Roberto Zucco

L’intérêt du comédien Pio Marmaï pour ce projet a été décisif…
Oui. Cela faisait un petit moment que nous travaillions ensemble, mais je n’avais pas trouvé de pièce qui lui convienne vraiment. Au départ, je n’avais pas pensé à Zucco, mais très vite, Pio m’a dit que ça l’intéressait. On a exploré ensemble ce texte et il a manifesté le très fort désir de jouer le rôle, proposant même de mettre momentanément entre parenthèses sa carrière au cinéma pour revenir au théâtre. J’ai réuni autour de lui une belle équipe de gens venant de familles théâtrales très différentes, car il y a dans cette pièce plein de beaux personnages.

Vous auriez quand même monté cette pièce sans lui ?
Bien sûr. Après, on a parfois envie de monter une pièce et on ne trouve pas l’acteur qu’il nous faut. Il faut être sûr de soi et avoir une bonne intuition. Il n’y a pas de mystère : la distribution est essentielle dans la réussite d’un spectacle. Mais si Pio a joué un rôle important, je tiens aussi à rendre hommage à Patrice Chéreau. Lorsque je suis devenu directeur de la Comédie de Valence, il était le metteur en scène du premier spectacle que nous avions produit, La nuit juste avant les forêt de Koltès, avec Romain Duris. Peut-être que la disparition de Patrice m’a poussé à faire Zucco

Pouvez-vous nous décrire votre vision personnelle de Roberto Zucco ?
J’ai décidé de mettre le duo Zucco-La Gamine au cœur de l’action. Dans cette pièce, le seul à avoir un prénom et un nom, c’est Roberto, tous les autres sont des archétypes ou des représentants de statuts sociaux ou familiaux : sa mère, son frère, son père, la patronne, la dame élégante, le mac impatient, le vieux monsieur… Mais ils sont indispensables pour la construction du personnage principal puisqu’ils sont à l’origine de toutes les étapes de la tragédie. Zucco existe car il rencontre les autres et c’est à travers eux que je révèle les différentes facettes de sa personnalité.

Une histoire très shakespearienne…

Il y a quelque chose de très shakespearien dans cette histoire…
Absolument. Koltès n’a jamais caché son admiration pour William Shakespeare. La première scène, avec deux gardiens dans la prison, est similaire à celle d’Hamlet. Et, un peu comme dans Macbeth, Zucco est tâché de sang et devient l’ennemi public numéro 1.

Dans la Robeto Zucco de Richard Brunel, Pio Marmaï (ici de dos) donne la réplique à une dizaine de comédiens dont les rôle
Dans Roberto Zucco de Richard Brunel, Pio Marmaï donne la réplique à une dizaine de comédiens dont les rôles révèlent les différentes facettes de son personnage. (Photo : Jean-Louis Fernandez)

La pièce originale de Koltès est très séquencée et n’est pas construite dans une logique de temps ou d’espace. Qu’est-ce que cela implique pour vous ?
Elle est en effet d’une grande complexité. Après des tentatives diverses, avec ma scénographe, nous avons choisi de créer un lieu unique dans lequel on peut raconter le parcours de Zucco dans un labyrinthe, dans un dédale de couloirs qu’il emprunte seul ou avec La Gamine. Chaque scène requiert des éléments scéniques particuliers et, en même temps, il faut faire en sorte qu’il y ait un lien entre les scènes, qu’elles puissent se croiser ou se superposer. Nous avons donc opté pour un espace unique dans lequel il y a plein de petits sous-espaces. C’est aussi une référence à la « prison mentale » dans laquelle est enfermé Roberto Zucco.

Avez-vous d’autres projets en cours ?
Actuellement, je travaille sur l’adaptation de l’opéra de Berlioz de Beaucoup de bruit pour rien. Parallèlement, je suis toujours en tournée avec le Trouvère de Verdi que je présenterai également au théâtre de Caen, les 19, 22 et 25 juin 2016.

Infos pratiques :
Mercredi 2, jeudi 3 et vendredi 4 mars 2016, à 20h,
au théâtre de Caen, 135 boulevard du Maréchal Leclerc, à Caen (Calvados)
Tél : 02 31 30 48 00
Tarifs : 8 à 26 euros

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