Évreux [Révélations] En Normandie, Gégé, de Koh Lanta, soupçonné de six agressions sexuelles

Gérard Icardi, personnage emblématique de la 11e saison de Koh Lanta, était jugé devant le tribunal correctionnel d'Évreux, jeudi 5 février 2015, pour des agressions sexuelles.

Mise à jour : 20/03/2015 à 15:19 par Christophe Degand

 

« Tout cela, c'est un tissu de mensonges. Jamais de ma vie je n'ai posé les mains sur qui que ce soit », estime Gérard Icardi, l'ancien candidat de Koh Lanta. (Photo d'archives/L'Impartial)
« Tout cela, c'est un tissu de mensonges. Jamais de ma vie je n'ai posé les mains sur qui que ce soit », estime Gérard Icardi, l'ancien candidat de Koh Lanta. (Photo d'archives/L'Impartial)

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« On a détruit ma vie. Moi, je n’ai plus rien, tout a été foutu en l’air. Ma famille, mes amis, les banques. Tout le monde me tourne le dos ». À la barre du tribunal correctionnel d’Évreux (Eure), « Gégé », le célèbre candidat de Koh Lanta, sur TF1, craque.
Il est 19h30, jeudi 5 février 2015, et le procureur-adjoint, Yves Dupas, vient de réclamer trois ans de prison avec sursis contre Gérard Icardi, 69 ans, soupçonné d’avoir agressé sexuellement six jeunes filles, mineures, dans son parc animalier de Vascoeuil, dans l’Eure. Des agressions qu’il nie.

Koh Lanta, Splash : des aventures télévisuelles

Gérard Icardi, c’est ce pétillant retraité, star de la 11e saison de l’émission Koh Lanta. Un aventurier téméraire qui réalisait son rêve, en 2011 : dépasser ses limites, montrer de quoi il est capable, avec le soutien de millions de téléspectateurs. Un goût du risque qui l’avait entraîné, deux ans plus tard, dans Splash, une autre émission de TF1 où le retraité vedette devait s’élancer d’un plongeoir situé à plusieurs mètres de hauteur.
Cette deuxième épreuve, c’était peu de temps après sa mise en examen pour agressions sexuelles, dévoilées dans les hebdomadaires La Dépêche et L’Impartial, en 2013. À l’époque, une victime était évoquée. Jeudi 5 février 2015, en fin d’après-midi, ce sont six jeunes femmes qui étaient partie civile dans une affaire mise en délibéré. Les juges ont jusqu’au mardi 10 mars pour se prononcer sur sa culpabilité.

« Il parlait de sexe tout le temps »

Tout a débuté en janvier 2011. Deux jeunes femmes viennent d’effectuer un stage dans le parc animalier, qu’il a monté avec son épouse à Vascoeuil (Eure). Gérard Icardi élève 180 animaux. Des chats d’une quarantaine de races, qu’il soigne quotidiennement et fait découvrir aux visiteurs.
À l’époque, le parc accueille régulièrement des stagiaires, élèves de BEP ou CAP, passionnés d’animaux. Deux d’entre elles viennent d’écourter leur stage.
À Gaillac (Tarn), d’où elles sont originaires, elles déposent plainte. Les deux adolescentes ont été « choquées » par les propos du retraité qui devait les former et chez qui elles étaient hébergées. Mais, surtout, l’homme aurait tenté d’embrasser l’une d’elles et lui aurait touché, au détour d’un couloir, les fesses. « Il parlait de sexe tout le temps », relatent les jeunes femmes, lors de leur audition par les gendarmes.
Des gendarmes qui transmettent l’affaire à leurs collègues de l’Eure. Ceux-ci retrouvent une déposition, faite un an et demi plus tôt, par une autre stagiaire.

Six jeunes femmes portent plainte

La jeune femme, qui a fait son stage en 2009 à l’Arche féline, n’avait pas porté plainte. Mais elle avait tenu à expliquer aux gendarmes ce qu’elle avait vécu, au cours de son stage. Le « bisou », les gestes déplacés.
En interrogeant les anciennes stagiaires reçues par Gérard Icardi, les gendarmes ont trouvé six jeunes femmes, mineures à l’époque des faits, qui décrivent des agressions sexuelles. Six se portent partie civile et trois d’entre elles réclament des dédommagements de 3 000 à 5 000 euros.
Comme l’adolescente qui avait été accueillie en 2009 et qui fait face au tribunal. Son avocat, Me Diego Castioni (du barreau de Rouen), dit qu’elle « n’a pas pu, après cette agression, poursuivre son CAP ». Et que, depuis, « elle ne peut plus imaginer faire un stage ». Si elle n’avait pas porté plainte à l’époque des faits qu’elle dénonce, « c’est parce qu’elle avait déjà vécu cette situation, les confrontations, la procédure, et que, pour elle, ça allait être trop difficile à supporter. Pour les autres », elle avait tout de même voulu laisser une trace, « au cas où ».

L’avocate plaide la relaxe

L’avocate de « Gégé » décrit un homme « qui ne comprend pas, car toutes ces déclarations, tous ces témoignages, sont issus de choses qui le dépassent ». Pour Me Lucile Matrand, « que M. Icardi ait posé les mains sur les hanches ou qu’il ait claqué une fesse, c’est possible », mais c’était parce que le couloir était exigu et qu’il fallait s’activer pour s’occuper des nombreux chats du parc animalier. « Il a son humour… Ça ne m’étonnerait pas qu’il ait fait des plaisanteries, car tout le monde fait des plaisanteries ».
Pour son client, il s’agit d’un complot, d’une vengeance d’une ex-stagiaire, qui est restée plus d’un an dans le parc et qui se retrouve, elle aussi, partie civile. L’avocate plaide la relaxe de son client et dit que, depuis la révélation de l’affaire, le parc se retrouve en difficulté. « Je n’ai pas travaillé tant d’années pour que tout cela finisse comme cela », soupire Gérard Icardi.

Trois ans avec sursis requis

Le parquet a requis trois ans de prison avec sursis, une mise à l’épreuve comprenant une obligation de soins, l’indemnisation des victimes, l’interdiction de tout contact avec elles, l’interdiction de toute activité professionnelle qui implique l’encadrement ou un contact avec des mineurs, l’interdiction des droits civils, civiques et familiaux et l’inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais).
Le tribunal doit rendre son délibéré le mardi 10 mars 2015.

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