Régionales en Normandie. Un recours bidon pour favoriser le cumul d'Hervé Morin ?

Deux recours ont été déposés contre l'élection d'Hervé Morin et de ses colistiers au Conseil régional de Normandie. Des soupçons se portent sur l'un d'eux. Explications.

Mise à jour : 11/01/2016 à 20:14 par La Rédaction

(Photo d'archives © CD/Normandie-actu)
Hervé Morin, le président de la Région Normandie déjà au cœur d'une polémique ? (Photo d'archives © CD/Normandie-actu)

L’un des deux recours déposés contre l’élection d’Hervé Morin (UDI) et de ses colistiers (UDI-Les Républicains) au Conseil régional de Normandie est-il bidon ? C’est la question que se pose Philippe Brennetot, un citoyen d’Évreux (Eure), à l’origine de la deuxième procédure.

Un recours déposé par un proche de la gauche…

Quelques jours après l’élection, mardi 29 décembre 2015, le sénateur de l’Eure, Hervé Maurey, annonçait sur son compte Twitter que deux citoyens de Normandie avaient déposé des recours contre l’élection d’Hervé Morin en Normandie. Sa liste a remporté plus de la moitié des sièges à la Région, après être arrivée en tête au second tour des élections régionales, grâce à une (légère) avance de moins de 5 000 voix. Autant dire, très peu, à l’échelle de la grande Normandie.
Le premier recours, c’est un habitant d’Évreux, Philippe Brennetot, chef d’entreprise proche de la gauche (son compte Twitter en atteste) qui l’a déposé. Il reproche à Hervé Morin des affichages qui ne seraient pas réglementaires.

… et un autre, qui intrigue

Mais c’est le second recours qui intrigue ce citoyen eurois. Celui déposé par une femme, Isabelle Lourdeau. Selon L’Éveil Normand, qui révèle l’information lundi 11 janvier 2015, cette habitante du Calvados serait la mère d’Alexandre Le Moal, avocat parisien « réputé être un proche de François-Xavier Priollaud, le maire UDI de Louviers et conseiller régional », indique l’hebdomadaire, qui pointe du doigt un lien « d’amitié », sur les réseaux sociaux, entre les deux hommes.
Selon Philippe Brennetot, ce recours serait « bidon », répète-t-il à nos confrères. La même expression que celle employée lorsqu’un recours avait été déposé contre l’élection de Sébastien Lecornu, le président, Les Républicains, du Département de l’Eure (lire ci-dessous).
La manœuvre qui, si elle était avérée, n’est ni illégale, ni isolée. Elle permettrait notamment à Hervé Morin de conserver son poste de député de l’Eure tout en président le Conseil régional. Et par conséquent cumuler ces deux mandats jusqu’à l’extinction de tous les recours. Au sein de l’assemblée régionale, Hervé Morin n’est pas le seul dans ce cas…

Pouvoir cumuler, encore un peu

Hervé Maurey, sénateur UDI de l’Eure et membre de la commission permanente à la Région, a assuré n’avoir « jamais entendu » le nom de l’auteur du recours. « Ce sont des rumeurs ou des hypothèses qu’on a déjà entendu et qu’on ne peut pas éviter. Que les recours me permettent de rester quelques mois de plus dans cette situation, oui, c’est un fait incontestable. Mais il y a plein d’autres élus régionaux dans le cas. »
La question du cumul des mandats avait été évoquée par Nicolas Mayer-Rossignol, lundi 4 janvier 2016, après l’élection d’Hervé Morin comme président de l’assemblée régionale. Il avait pointé du doigt la situation du nouveau président.

Dans l’Eure, Sébastien Lecornu lui aussi attaqué

Dans l’Eure, l’élection de Sébastien Lecornu comme Conseiller départemental, en mars 2015, avait elle aussi été attaquée. Un recours avait été déposée par une mystérieuse habitante de Vernon, la Ville où il est maire. Si le tribunal administratif a finalement donné raison à celui qui est devenu président du Département de l’Eure (il était attaqué sur son affichage électoral et sur un bouquet de fleurs offert à une centenaire la veille de son élection), cette procédure lui a permis de cumuler, volontairement ou non, deux exécutifs locaux : maire et président du Conseil départemental.
Le leader du Parti socialiste, dans l’Eure, Marc-Antoine Jamet, avait même évoqué « un recours bidon », arguant que l’attaque de son élection permettait de « neutraliser, tant que la procédure sera en cours, l’incompatibilité entre les fonctions de maire de Vernon et de président du Conseil départemental de l’Eure. » Sébastien Lecornu avait, lui, préféré se passer de son indemnité de maire pour éviter la polémique, tout en conservant le poste quelques mois de plus…
Il n’avait jamais répondu à ces accusations. Après l’extinction de tous les recours, il a finalement démissionné du poste de maire (il a « échangé » de siège avec son adjoint François Ouzilleau, devenu maire) tout en conservant un total contrôle sur l’action municipale.

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