Rouen [Récit] Le 30 mai 1944, la Semaine rouge débutait à Rouen

Le 30 mai 1944, des bombardiers américains venaient bombarder Rouen. Une semaine de bombardements allait suivre, elle a pris le nom de Semaine rouge. C'était il y a 70 ans.

Mise à jour : 29/05/2014 à 22:46 par Thierry Chion

Saint-Vincent, une église détruite dès les premiers bombardements de la Semaine rouge. (Coll. Part.)
Saint-Vincent, une église détruite dès les premiers bombardements de la Semaine rouge. (Coll. Part.)

Le 30 mai 1944, des bombardiers moyens viennent à nouveau bombarder l’agglomération de Rouen, qui est toujours secouée par le raid de grande envergure qui l’a touchée le 19 avril 1944. Cette fois, la ville de Rouen est plus particulièrement touchée par les bombes. Pourquoi ? La réponse à cette question est toute simple. Rouen est un passage qui peut être utilisé par l’armée allemande. Deux ponts sont en service, en plus, le pont aux Anglais permet de faire passer des locomotives. Il faut gêner au maximum l’acheminement des renforts qui se dirigeront d’ici quelques jours vers le front de Normandie, voire les bloquer sur la rive droite de la Seine. Le raid du 19 avril 1944 sur Sotteville-lès-Rouen est un échec puisqu’il n’a pas paralysé le trafic ferroviaire.

Destructions et morts

Ces vagues de bombardiers, durant les premiers jours de la Semaine rouge, puis des chasseurs-bombardiers vont se succéder et meurtrir davantage Rouen, ruinant le bas de la rue Jeanne d’arc, située pourtant loin des ponts, provoquant d’importants incendies, détruisant l’église Saint Vincent, touchant Saint-Maclou, et même la cathédrale dont la tour Saint-Romain et le portail des Libraires prennent feu… Ces raids tuent aussi, des civils, mais également des pompiers présents en grand nombre dans les rues de Rouen.

La cathédrale qui brûle, une information reprise au niveau national. (Coll. Part)
La cathédrale qui brûle, une information reprise au niveau national. (Coll. Part)

Pompiers tués

Les soldats du feu rouennais reçoivent de nombreux renforts de Caen, Beauvais, mais aussi 450 hommes venus du régiment de sapeurs-pompiers de Paris. Les pompiers parisiens déplorent six morts, ceux de Beauvais, un tué, les sapeurs de Montville pleurent deux des leurs qui meurent noyés, coincés dans l’abri de l’école Catherine Graindor où ils avaient trouvé refuge pendant un bombardement. Même les pompiers de l’armée allemande sont venus en renfort des pompiers français, ce qui permet de soigner la propagande pro-allemande.

Après la Semaine rouge, Rouen compte encore plus de quartiers sinistrés. (Photo R. Jacques/COll. Part.)
Après la Semaine rouge, Rouen compte encore plus de quartiers sinistrés. (Photo R. Jacques/COll. Part.)

Bilan mitigé

Bilan de ces opérations, les ponts sont touchés, mais les troupes allemandes mettront des bacs en service, en amont et en aval de Rouen pour franchir le fleuve. Quant au pont aux Anglais, endommagé, il a servi, sommairement réparé, à l’armée allemande jusqu’à la Libération. Ensuite, les troupes Canadiennes et britanniques l’utiliseront dans les premiers jours qui ont suivi la Libération.