Caen [Vidéo] Presbytère squatté à Caen. Le collectif redoute l'expulsion

Un trentaine de personnes occupent illégalement le presbytère de l'église Saint-Ouen, à Caen, depuis mi-septembre 2015. Le diocèse a porté plainte et assure proposer des solutions.

Mise à jour : 02/10/2015 à 10:33 par Lou Benoist

(©LouBenoist)
Le presbytère de l'église Saint-Ouen à Caen (Calvados) est occupé illégalement par 28 personnes (©LouBenoist)

Sur la boîte aux lettres du 46 rue Saint-Ouen, à Caen (Calvados), un message : « Ce lieu est dorénavant notre domicile et notre résidence principale. Notre nom est affiché sur la porte de l’immeuble, aucune expulsion ne peut avoir lieu sans décision exécutoire du tribunal ».
Depuis la semaine du 21 septembre 2015, le presbytère de l’église Saint-Ouen, composé de deux bâtiments, est occupé par 28 personnes. Informé samedi 26 septembre 2015, le diocèse de Bayeux-Lisieux, propriétaire des lieux, a porté plainte.

Une plainte déposée par « mesure de sécurité »

Sur la barrière d’entrée du bâtiment, un autre message, sur une banderole cette fois-ci : « Résistons contre toutes les expulsions ». C’est une petite dizaine de familles, d’origines Mongole, Albanaise et Kosovare selon le collectif  Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions, qui a pris possession des lieux. Interrogé par Normandie-actu, le Père Berthoux, se veut rassurant :

Une plainte a été déposée, formellement, par mesure de sécurité. En effet, ces lieux sont vétustes, explique-t-il. Ce que nous voulons, c’est trouver des solutions à ces personnes, sous un angle humanitaire. C’est pourquoi nous avons pris contact avec une association, « le temps d’un toit ».

Selon l’ecclésiastique, un « groupe d’accompagnement » a été mis en place pour aider les occupants à trouver un autre logement. « Aucune expulsion par les forces de l’ordre n’a été demandée », assure-t-il.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

« Une dizaine d’enfants » : le collectif craint l’expulsion

Si aucune demande d’expulsion n’aurait été formulée par le diocèse, les membres du collectif restent méfiants. Dans la cours du presbytère, ils témoignent :

Ce dont nous avons peur, c’est que la police intervienne pour expulser les familles. Nous nous interrogeons au sujet de la plainte déposée par le diocèse. N’a-t-il pas porté plainte contre les occupants afin de ne pas avoir à expulser ces gens lui-même ? Ce qui nous préoccupe, c’est qu’il y a une petite dizaine d’enfants ici.  »

« Ce logement était inhabité depuis très longtemps. Lorsque nous sommes arrivés, l’électricité était coupée. Nous l’avons rétablie. Nous ne savons pas très bien qui est propriétaire des lieux ».
Le Père Berthoux, lui, précise que l’établissement devait accueillir de nouveaux propriétaires  : un acte de vente aurait été signé avant l’occupation.

Vidéo. Regardez le reportage de France 3 :

Nous vous rappelons qu'en envoyant votre commentaire vous acceptez de respecter la charte de modération. Vous êtes pénalement responsable de vos écrits.