Gonfreville-l'Orcher Près du Havre, les baraquements des GI's du camp cigarette vont devenir un musée

La Ville de Gonfreville-l'Orcher a lancé, le 11 mai 2015, un important programme de restauration de deux baraquements de sa cité provisoire pour les transformer en musée.

Mise à jour : 25/05/2015 à 17:22 par Karine Lebrun

Les deux baraquements vont retrouver leur allure initiale (©Ville Gonfreville-L'orcher).
Les deux baraquements vont retrouver leur allure initiale (©Ville Gonfreville-L'orcher).

La Ville de Gonfreville-l’Orcher, près du Havre (Seine-Maritime) réhabilite deux anciens baraquements du camp américain Philip Morris, situés rue du 8 mai 1945, pour en faire des bâtiments témoins de l’époque. Le chantier a débuté le 11 mai 2015 pour une durée de sept mois. Les deux habitats vont être transformés en musée.

4 000 sinistrés du Havre hébergés dans le « camp cigarette »

« C’est un chantier atypique dont nous sommes très fiers », souligne Yamina Makhlouf, chargée de suivi du chantier pour le compte de la mairie. Les bâtiments étaient à l’origine des préfabriqués à ossature bois, livrés en éléments à assembler par l’armée américaine, par lesquels passèrent les GI’s dans l’attente de retourner chez eux à la fin de la guerre.

À partir de 1945, le plateau de Gonfreville-l’Orcher, en raison de sa situation géographique exceptionnelle dans l’estuaire de la Seine, a été l’un des plus grands camps de transit, dits aussi “camps cigarette”, pour le rapatriement des troupes américaines. Après le départ des derniers GI’s, ces baraquements ont servi à héberger environ 4 000  sinistrés du Havre jusqu’aux années 70 », raconte la Ville.

Gonfreville-l’Orcher a consacré un budget de 435 135 euros à cette transformation. Le projet est également soutenu par le Département de Seine-Maritime, la fondation de France et la fondation Total, à hauteur de 132 500 euros. Une fois les travaux achevés, un scénographe, en cours de recrutement, travaillera à la création de l’espace muséal des baraquements.

L’un qui va être restauré pour retrouver son “jus initial”, accueillera une chambre de GI’S, indique Yamina Makhlouf, le second sera transformé en un logement évoquant la vie dans les cités provisoires dans les années 50/60. »

Un appel à la générosité

La Ville collecte depuis plusieurs mois du mobilier et des accessoires représentatifs de ces deux époques. Elle est aidée dans cette démarche par l’Association gonfrevillaise des cités provisoires, qui, comme elle, se félicite « de pouvoir donner naissance à un espace de partage de l’histoire et du patrimoine gonfrevillais. » L’association possède, pour sa part, de nombreuses photographies et témoignages d’époque. Un appel a été lancé à toutes les personnes qui disposeraient de documents, films ou objets d’époque. Elles peuvent contacter le service des archives municipales au 02 35 13 18 00 ou l’Association gonfrevillaise des cités provisoires, dont les locaux sont situés dans le centre commercial Camp’us. Des permanences sont ouvertes au public, le mercredi et le samedi, de 14h à 18h. (Téléphone : 06 06 56 18 79).

Les circuits touristiques du Débarquement

Les travaux de restauration ont démarré quelques semaines après une grosse frayeur. Lundi 13 avril 2015, un incendie s’était déclaré dans les combles d’un des deux baraquements. « Heureusement, le feu s’est étouffé sans causer de dommages majeurs à l’habitat », se réjouit la chargée du suivi de chantier.
En décembre 2015, les deux baraquements seront prêts à accueillir le public. La Ville de Gonfreville-l’Orcher espère recevoir tant du public local qu’extérieur : « Notre souhait est d’intégrer cet espace de mémoire à des circuits touristiques consacrés au Débarquement ».

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