Ouistreham Près de Caen, aspergé de Javel et de déboucheur, un homme grièvement brûlé

La cour d'appel de Caen a rejeté, mardi 1er mars 2016, la demande de mise en liberté d'un homme de 18 ans, soupçonné d'actes de torture sur un quadragénaire, à Ouistreham.

Mise à jour : 01/03/2016 à 18:02 par La Rédaction

La cour d'appel de Caen a rejeté la demande de remise en liberté d'un homme de 18 ans, soupçonné « d'actes de tortures ». (photo d'illustration DR)
La cour d'appel de Caen a rejeté la demande de remise en liberté d'un homme de 18 ans, soupçonné « d'actes de torture et de barbarie ». (Photo d'illustration DR)

La rencontre, le 6 décembre 2015 de trois jeunes gens fascinés par les jeux vidéo avec un quadragénaire marginal et alcoolisé s’est mal terminée à Ouistreham, près de Caen (Calvados): brûlé au 3e degré par les jeunes agresseurs, le quadragénaire devra subir des greffes de peau. L’un des jeunes, majeur, a été mis en examen et placé en détention le 19 janvier 2016. Mardi 1er mars 2016, la cour d’appel de Caen devait examiner une demande de remise en liberté. Elle a été refusée.

Une jeune « très immature »

Cet immeuble de la rue Gambetta, dans le centre-ville de Ouistreham, présente une particularité : la plupart des appartements sont habités mais quelques uns sont squattés. Derrière les portes fracturées, les uns ingurgitent des flots de bière et alcool ; d’autres, plus jeunes, restent « scotchés » aux écrans de leurs consoles. Dans la soirée du 6 décembre 2015, un jeune de 18 ans et demi, que son avocat décrit comme « très immature » et accro aux jeux vidéo, décide, avec deux adolescents mineurs, de réveiller un habitué des lieux, un quadragénaire. Il est profondément enivré et ses agresseurs ne sont pas à jeun.

« Actes de torture et de barbarie »

La séance de réveil débute, si l’on peut dire, en douceur, avec des projections de farine et de ketchup sur le quadragénaire. La pression monte : on passe au vinaigre, pour embrayer sur l’eau de Javel, et conclure, avec du liquide déboucheur projeté sur la victime qui est atteinte à l’avant bras, aux fesses, aux cuisses et aux chevilles. Des brûlures au 3e degré qui nécessiteront des greffes. Ce que le parquet de Caen qualifiera ensuite « d’actes de torture et de barbarie » se termine avec un chalumeau improvisé : le gaz d’une bombe aérosol et des allumettes embrasent la chevelure du malheureux. Il s’est vu signifier une incapacité de travail de 42 jours.

Un ami de la victime signale les faits

Paradoxalement, la victime a gardé le silence sur ces faits : un de ses amis les a signalés plus tard à la gendarmerie. L’examen médical pratiqué le 12 janvier 2016 a conclu qu’une « prise en charge immédiate n’aurait n’aurait presque rien changé ». Placé en garde à vue, le jeune homme, qui suivait une formation de couvreur, a contesté l’ampleur des faits et mis en cause les deux adolescents. Mis en examen, le jeune homme a été placé en détention le 19 janvier 2016, le complice adolescent restant en liberté sous contrôle judiciaire. Le second ado, qui était hospitalisé, n’a pu être entendu.

« Volonté de minimiser les faits »

Devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Caen, le jeune homme demandait, mardi 1er mars 2016, sa remise en liberté, avec un hébergement en région parisienne. Il a fermé tous ses comptes sur les réseaux sociaux et prévoit de consulter un addictologue pour traiter son alcoolisme. L’avocat général, Pascal Chaux, refuse, au nom du parquet, cette remise en liberté afin d’éviter toute concertation et le renouvellement des faits. Et d’ajouter : « Ce jeune homme a aussi la volonté de minimiser les faits. »
Présentant son client comme un « gamin », son avocat Me Claude Marand-Gombar fait valoir que les « mineurs chargent son client alors qu’ils ont eu un rôle important dans les faits ». La cour d’appel a refusé la remise en liberté.

Louis Laroque

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