Caen Calvados. 57 licenciements à Koyo, à Moult. Les salariés devant les prud'hommes

Des ex-salariés de l'entreprise Koyo, de Moult, sont convoqués devant les prud'hommes, à Caen, jeudi 1er octobre 2015. Ils contestent le motif économique de leurs licenciements.

Mise à jour : 30/09/2015 à 21:57 par Lou Benoist

(©Wikimedia Commons/Arnaud Gaillard)
L'entreprise Koyo de Moult (Calvados) fabriquait des pièces de « roulements à aiguilles » pour l'aéronautique, notamment utilisées sur des avions Rafale (©Wikimedia Commons/Arnaud Gaillard)

Sur les 57 salariés licenciés de l’entreprise Koyo, basée à Moult, près de Caen (Calvados), 54 ont rendez-vous devant le conseil de prud’hommes de Caen, jeudi 1er octobre 2015. Ils contestent les mesures de licenciements prises par leur entreprise en juillet 2014, pour motif économique.

Rappel des faits

En juillet 2014, Koyo, spécialisée dans la production de « roulements à aiguilles » pour l’aéronautique (notamment pour Dassault, Schneider, Nadella…), annonçait le transfert de son activité vers une autre antenne du groupe basée à Vierzon (Cher). En vue de ce transfert – initialement prévu pour février 2015 – un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) avait été présenté par la direction en janvier 2015. Il avait été annoncé qu’une trentaine de salariés devraient être mutés.
En février 2015, la direction avait assigné en justice 21 salariés pour le blocage de l’usine, à la suite d’un mouvement de grève. L’entreprise avait été déboutée. En mars 2015, après un accord de fin de conflit, une quinzaine d’employés reprenaient la production « pour des commandes urgentes », indiquait alors Ouest-France. Les autres professionnels étant dispensés, avec leurs salaires maintenus.
Selon un rapport effectué par le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), l’entreprise était déclarée viable, « avec une réinjection de 700 000 à 800 000 euros », indiquait alors un syndicat.  « Soit 10% du montant du PSE », précisait leur avocate. Un rapport qui confortait les salariés, même si ces derniers estimaient que « le combat n’était pas terminé ».

Aucun salarié reclassé

Les locaux sont quasiment vides à Moult, et il ne reste plus aujourd’hui aucun salarié Koyo travaillant sur le site. Seule l’entreprise en charge du déménagement, et une entreprise de sécurité, y sont encore présentes. Un atelier si vivant par le passé, et d’une tristesse insoupçonnée lorsqu’il est vide… », regrette Arnaud Touchard, secrétaire du CHSCT.

Parmi les 62 salariés de Koyo à Moult « aucun n’a accepté d’être reclassé à l’usine de Vierzon, pour des raisons familiales évidentes » et « aucun reclassement en interne n’a été mis en œuvre non plus », souligne Arnaud Touchard. Selon lui, les notifications de licenciement « pour les salariés non protégés », seraient arrivées courant septembre 2015 :

Ce courrier met un terme à plus de 15 mois d’angoisse, de lutte pour sauver nos emplois, et d’espoirs ruinés. Le personnel est à la fois soulagé de pouvoir tourner la page, et profondément attristé de voir son usine et son emploi disparaître pour de bon », précise-t-il.

« L’État avait son mot à dire »

En septembre 2015, le combat n’est en effet pas terminé pour les salariés de Koyo. Avec agacement, Me Élise Brand, leur avocate, contactée par Normandie-actu, rappelle la spécificité et les atouts que possédait l’usine de Moult :

Ce que fabriquent ces salariés est particulièrement essentiel pour l’économie française. Ce sont des pièces pour des Rafales ! Je pense que l’État avait son mot à dire. Si on commence à fabriquer ces pièces dans les pays de l’Est… Selon moi, cela pose de nombreux problèmes, et notamment de confidentialité », estime-t-elle.

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