L'Aigle [Portrait] En Normandie, Christophe travaille à un voyage sur la planète Mars

Originaire de l'Orne, Christophe Lasseur est au cœur d'un vaste travail de recherches pour la réalisation d'un voyage de milliers de jours, à travers l'espace, vers Mars.

Mise à jour : 25/01/2016 à 07:59 par Valentine Godquin

Christophe Lasseur est chef de projet pour un programme visant à assurer l'autonomie des astronautes dans l'espace. (Photo :Le Réveil normand)
Christophe Lasseur est chef de projet pour un programme visant à assurer l'autonomie des astronautes dans l'espace. (Photo :Le Réveil normand)

Voyager sur Mars. Un rêve pour certains, un projet qui se travaille depuis de longues années pour d’autres. C’est notamment le cas de Christophe Lasseur, originaire de L’Aigle (Orne), responsable du programme Melissa (Micro-ecological life support system alternative) pour l’Agence spatiale européenne (ESA). Un travail qui vise à assurer la vie en autonomie des astronautes, sur de très longues durées.

De l’Orne à l’Agence spatiale européenne

Le Réveil normand présente le parcours hors norme de cet Ornais de naissance, qui occupe aujourd’hui une fonction majeure dans le projet de voyage sur Mars, en misant sur le recyclage des déchets, pour vivre un long voyage dans l’espace. Né à L’Aigle, Christophe Lasseur est fils d’éleveurs de chevaux. Attaché à sa région, il revient dans son temps libre en Normandie, retrouver sa famille, ou encore du côté de la Pointe du Hoc, dans le Calvados.
Ses études au lycée lui ont permis de trouver goût à la science et aux mathématiques, des passions majeures pour sa profession.

Aujourd’hui, je me retrouve à échanger avec les scientifiques, les staffs de la Nasa ou bien à former des astronautes comme le Normand Thomas Pesquet. C’est juste du bonheur tous les jours !

En 1987, il intègre Matra Espace, à Vélizy (Yvelines), pour y travailler sur les problématiques des plantes dans l’espace. Il a alors en poche un DEA de génie biologique.

Travailler le « support-vie »

Christophe Lasseur est chef de projet pour un programme visant à assurer l'autonomie des astronautes dans l'espace. (Photo :Le Réveil normand)
Parmi les outils de recherche, cette « usine à gaz », destinée à tester le recyclage des déchets produits par les rats. (Photo :©ESA)

Cinq ans plus tard, en juillet 1992, il intègre l’ESA. Il y est aujourd’hui responsable recherche et développement pour l’aspect support-vie, formateur d’astronautes, représentant européen pour la sécurité de la station spatiale internationale, et chef du projet Melissa. L’une de ses missions est de travailler sur l’autonomie des astronautes dans l’espace, pour notamment une première mission sur Mars, programmée aux alentours de 2040. Pour cela, des tests grandeur-nature sur Terre s’imposent.

Tout ce qui est naturel sur Terre devient un cauchemar dans l’espace.

En travaillant pour la création d’un micro-système artificiel complet, il participe ainsi à la réalisation d’une mission qui pouvait être considérées, il y a quelques années encore, comme un fantasme.

La Terre est un bidon. Un gros bidon avec beaucoup de monde dedans. Si on ne renouvelle pas, on meurt. Savez-vous où se trouve la plus forte densité de population ? Dans la station spatiale : Sur Terre, nous avons environ 3 km d’air, dans la station c’est 55 cm ! Autant dire qu’une pollution devient vite critique.

Melissa, toutes les sources sont utiles

Christophe Lasseur est chef de projet pour un programme visant à assurer l'autonomie des astronautes dans l'espace. (Photo :Le Réveil normand)
Production de salades en hydrophonie. (Photo : ©ESA)

Pas moins d’une centaine de personnes travaillent autour de ce projet Melissa, qui permettra l’autonomie complète des astronautes. En recyclant tous les déchets produits par l’homme, ce projet est toujours en phase de développement.

En terme de recyclage, le CO2 est actuellement totalement recyclé, les eaux grises (lavage, linge…) le sont à 85 %. Les efforts portent aujourd’hui sur les urines, dont la revalorisation est nettement plus compliquée.

Christophe Lasseur n’est pas le seul Normand à travailler sur ce projet, et compte autour de lui d’autres spécialistes originaires de l’Orne, tels qu’Hubert Barré, du Merlerault, près de Sées, spécialiste des satellite d’observation de la Terre, et Pascal Perrotte, de Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois, près de L’Aigle, et qui a la charge des tests. D’autres ambassadeurs de la Normandie tels que le médecin Brigitte Godard, de Bayeux (Calvados) et Philippe Gondouin, de Bernay (Eure), spécialiste de la partie optique, font partie de cette aventure.
Une aventure qui permettra un jour à l’Homme de dépasser les frontières terrestres, vers de nouveaux horizons galactiques.

Christophe Lasseur présente le contenu de nos assiettes, dans l’espace, sur Demain dans l’assiette :

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