Rouen Pont Mathilde à Rouen : qui va payer ?

L'accident du pont Mathilde a causé de nombreux désagréments aux Rouennais. La destruction d'une partie de l'ouvrage pose une question essentielle : qui payera les réparations ?

Mise à jour : 25/11/2012 à 19:41 par Sarah Rebouh

Le pont Mathilde a été détruit par les flammes.
Le pont Mathilde a été détruit par les flammes.

Dans le cas de l’accident du pont Mathilde, et de tout autre accident entraînant une destruction partielle ou totale d’un bien public, plusieurs parties sont susceptibles de régler la note, qui sera pour le coup très très salée.

Rappel des faits

Le 29 octobre dernier, un camion-citerne transportant des hydrocarbures (plus de 22 000 litres de gasoil et 9 000 litres de super) se couche sur le pont Mathilde aux alentours de 10 heures 30 (notre article). Les pompiers évacuent le pont rapidement car la structure métallique se dilate sous l’effet de la chaleur. Un épais nuage noir se propage dans le ciel de Rouen.

En début d’après-midi, les pompiers dressent un premier bilan. Par chance, aucune victime n’est à déplorer. Néanmoins, trois caravanes de forains et trois camions leur appartenant, situés sous le pont, ont également pris feu.

Les véhicules des forains, situés sous le pont Mathilde.
Les véhicules des forains, situés sous le pont Mathilde.

D’après les premiers éléments de la police, le conducteur du camion-citerne arrivait de la zone industrielle de Sotteville-lès-Rouen et montait sur le pont Mathilde. Il a perdu le contrôle du véhicule, a ensuite tapé le terre-plein central avant de percuter un véhicule frigorifique qui arrivait en face.

Qui va payer ?

Une source policière confirme plus tard que le jeune conducteur du camion roulait au-dessus de la vitesse réglementaire. Cet élément suffirait donc à placer l’entreprise responsable du chauffeur en tord.
Le camion-citerne aurait été loué à l’entreprise Roullé, basée à Saint-Étienne-du-Rouvray, dans la banlieue de Rouen. Cette dernière « n’a fait que louer le poids-lourd, elle n’a donc aucune responsabilité dans l’accident », explique-t-elle à 76 actu. Le chauffeur du camion, quant-à-lui, travaillerait pour une entreprise installée à Valenciennes, du nom de VDK spécialisée dans le transport d’hydrocarbures*.
C’est sur cette entreprise que pourraient donc reposer les responsabilités financières de l’accident. Et Monsieur Bléart, le responsable de ce chauffeur chez VDK, joint également par 76actu il y a quelques jours, affirme que : « l’enquête censée déterminer les circonstances de l’accident n’est pas terminée ».
Cette enquête, une fois achevée, permettra donc de savoir qui est responsable des dégâts causés sur le pont Mathilde et qui devra payer.

La ville mise en cause ?

« Pour autant, des interrogations sur les suites financières pour la Ville de Rouen nous inquiètent, quand, par des échos venant du Conseil général, on entend dire que la Ville pourrait être mise en cause par l’assurance du transporteur pour avoir laissé stationner de façon illégale, les camions et caravanes des forains, qui en s’enflammant, ont provoqué un double foyer affaiblissant davantage la structure métallique du pont », écrit aujourd’hui Nicolas Ziuli, conseiller municipal centriste sur le site internet du groupe centre démocrate.

Selon l’élu, la Ville de Rouen pourrait donc être en faute, car elle a laissé des caravanes stationner sous le pont Mathilde, pendant la Foire Saint-Romain, ce qui est illégal. Si la municipalité n’a effectivement pas respecté la loi, le transporteur pourrait donc s’appuyer sur cet argument afin de minimiser ses responsabilités dans l’accident qui perturbe Rouen depuis presque un mois…

* : D’après nos recherches, l’entreprise Roullé et l’entreprise VDK font partie du même groupe. La société Mertz a racheté Roullé en 2010 et VDK en 2012. Cette dernière a également fait l’acquisition des Transports Marguerite à Caen et des Transports Lamboley à Nangis en 2011.