Pont de Normandie. Fin des aides au péage, la gauche interpelle Hervé Morin

Nicolas Mayer-Rossignol (PS), souhaite que les cinq Départements et la Région Normandie se partagent le financement, partiel, de l'abonnement des usagers du pont de Normandie.

Mise à jour : 07/03/2016 à 12:28 par Fabien Massin

Les élus socialistes plaident pour que les cinq Départements et la Région Normandie partagent l'aide aux abonnements, pour les automobilistes normands qui empruntent quotidiennement le pont de Normandie. (Photo d'illustration © Le Pays d'Auge)
Les élus socialistes plaident pour que les cinq Départements et la Région Normandie partagent l'aide aux abonnés du pont de Normandie. (Photo d'illustration © Le Pays d'Auge)

À l’heure où les exécutifs locaux cherchent à réaliser des économies tous azimuts, certains choix ne créent pas l’unanimité. Ainsi, la décision du Département de l’Eure, présidé par Sébastien Lecornu, d’enterrer les aides aux péages, pour les automobilistes qui empruntent quotidiennement le pont de Normandie (mais aussi l’A13), fait bondir la gauche.

› Lire aussi : A13, pont de Normandie. Dans l’Eure, le Département enterre l’aide aux péages

Samedi 5 mars 2016, dans un courrier adressé à Hervé Morin, président la Région Normandie, plusieurs élus*, derrière Nicolas Mayer-Rossignol (PS), président du groupe d’opposition socialiste au Conseil régional de Normandie, demandent que la Région et les cinq Départements de Normandie se partagent le financement de ces abonnements.

Dans la Normandie réunie, les Normands doivent pouvoir circuler plus facilement et moins cher », défendent les élus socialistes. « Notre Région n’a pas besoin de frontières mais de traits d’union.

410 000 euros d’économies pour l’Eure

Depuis 2000, l’Eure aide les contribuables du département, qui travaillent en Seine-Maritime et qui doivent s’acquitter chaque jour du prix des péages d’Incarville (2,10 euros par passage au tarif normal) et du pont de Normandie (5,40 euros). Cette participation de la collectivité, destinée à limiter le coût de leurs abonnements, représente 154 000 euros par an pour la SAPN (1 200 abonnés) et 260 000 euros pour le pont de Normandie (850 abonnés), a précisé le Département de l’Eure, à Normandie-actu. En supprimant ces aides, une économie de 410 000 euros par an est ainsi réalisée.

« À rebours de l’Histoire »

Selon les élus socialistes, maintenant que la Normandie est « réunifiée », cette décision va « à rebours de l’Histoire ».

Élus de plusieurs territoires normands, nous avons appris avec surprise cette semaine la décision de la majorité de droite du Département de l’Eure de supprimer son aide financière aux abonnés du pont de Normandie. C’est un mauvais coup porté au pouvoir d’achat de près de 2 000 familles normandes. Cette décision nous paraît à la fois inacceptable et injustifiable. Inacceptable, car dans les difficultés économiques et sociales actuelles le pouvoir d’achat des Normands doit être préservé, et non affaibli. Injustifiable car ce pont, dont nous venons de fêter les vingt ans, est le symbole de la Normandie à nouveau réunie. Alors que notre nouvelle Région vit ses premiers mois, à l’heure où tout doit être fait pour rassembler les Normands, la décision du Département de l’Eure, qui fait suite au désengagement, identique, du Département du Calvados en octobre 2014, est incompréhensible et s’inscrit à rebours de l’Histoire.

« Vous avez tous les leviers »

En juin 2015, les élus socialistes avaient formulé la proposition, de faire contribuer l’ensemble des Départements et la Région au financement de cette aide… sans succès. Désormais que la droite est à la tête de toutes ces collectivités territoriales, la gauche lui propose qu’elle reprenne à son compte cette idée :

Vous et vos amis politiques avez désormais tous les leviers, ou presque, en Normandie. Vous dirigez la Région et les cinq Départements. Si franchir la Seine devient plus cher pour les Normands, à quoi sert de réunifier la Normandie ? À quoi sert le fameux « G6 », que vous et vos collègues présidents de Départements mettez régulièrement en scène ? Dès le 4 juin 2015, Laurent Beauvais et Nicolas Mayer-Rossignol avaient écrit conjointement aux cinq Présidents de Département pour leur proposer de partager, Régions et Départements, une prise en charge substantielle du coût du franchissement du pont pour les Normands. Aucun n’avait daigné répondre… à l’exception du Président Alain Lambert pour l’Orne, qui avait répondu… négativement. [...] La Région a les leviers pour agir. C’est pourquoi nous vous demandons de reprendre à votre compte cette a proposition, et de convaincre vos collègues de prendre en charge, Région et Départements rassemblés, une part substantielle du coût de l’abonnement au pont de Normandie pour les usagers Normands.

Régionalisation des trains : « une décision hasardeuse »

Pour les élus socialistes, la Région Normandie a les moyens de financer ce coup de pouce aux automobilistes. Ils en profitent au passage pour tacler les annonces d’Hervé Morin, en matière de politique ferroviaire :

Certes, les décisions budgétaires sont difficiles et les choix nécessaires. Mais certains nous semblent pour le moins contestables. Que valent les quelques centaines de milliers d’euros de prise en charge du coût de l’abonnement au Pont de Normandie, face aux millions, voire dizaines de millions d’euros que la Région s’apprête à dépenser inefficacement chaque année, suite à l’annonce hasardeuse de la « régionalisation » des lignes ferroviaires Intercités vers Paris ?

› Lire aussi : Trains Intercités. Ce qui va changer en Normandie. Les annonces, les réactions

* Les signataires du courrier : Marc-Antoine Jamet, Mélanie Mammeri, Timour Veyri, Janick Léger, Nicolas Rouly, Gilles Deterville, Anna Pic, Frédéric Leveillé, Oumou Niang-Fouquet, Estelle Grelier, Catherine Troallic, Laurent Beauvais et Nicolas Mayer-Rossignol.

Fabien Massin
Journaliste à Normandie-actu - Twitter

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