Caen Polémique. Le professeur de Caen, Gilles-Éric Séralini, dénonce les tests sur la toxicité des OGM

Gilles-Éric Séralini de l'Université de Caen a publié une étude démontrant la présence d'OGM dans l'alimentation de rats servant de cobayes pour tester la toxicité... des OGM.

Mise à jour : 16/07/2015 à 14:14 par Lou Benoist

(Wikimedia Commons)
Le jeudi 2 juillet 2015, l'étude du Professeur Gilles-Éric Séralini, de Caen (Calvados), a finalement été publiée sur le site américain Plos One. (Wikimedia Commons)

Le scientifique de Caen (Calvados), Gilles-Éric Séralini, soutenu par le CRIIGEN (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique), a publié un rapport sur les régimes alimentaires des rongeurs de laboratoires, le jeudi 2 juillet 2015, qui pourrait une nouvelle fois relancer la polémique sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). En septembre 2012, le chercheur publiait une étude démontrant la dangerosité des organismes génétiquement modifiés (OGM) – notamment le maïs NK603 et l’herbicide Roundup fabriqué par Monsanto. Ses détracteurs s’étaient alors défendus en indiquant que les rats présentaient naturellement des tumeurs mammaires, invalidant ainsi son étude.

Selon la nouvelle étude du professeur Séralini, la nourriture donnée aux rongeurs serait déjà « toxique », faussant ainsi les tests effectués sur les rats, servant de cobayes aux sociétés utilisant les OGM.

> Lire aussi : [Entretien] Qualité de l’alimentation : à Caen, Gilles-Éric Séralini met les pieds dans le plat

Gilles-Éric Séralini répond à Monsanto

Gilles-Éric Séralini s’était attiré les foudres des plus grandes entreprises utilisant les OGM, avec sa publication parue en 2012. En réponse aux attaques du scientifique, les experts de Monsanto et des agences sanitaires (l’Agence européenne de sécurité des aliments et l’Agence française de sécurité sanitaire) mises en cause, avaient rappelé que les rats utilisés dans l’expérience, « présentaient naturellement des tumeurs mammaires » et « que les tumeurs observées par Gilles-Éric Séralini sur ces rongeurs nourris au maïs OGM NK603 entraient dans les normes historiques », rapporte la revue Sciences et Avenir.

Dans sa nouvelle étude, le chercheur caennais démontre à ses détracteurs que les croquettes données aux rats contiennent « des traces de 22 OGM, de 262 pesticides, 17 dioxines et furanes, 18 PCB et 4 métaux lourds (…) »  Les doses d’OGM pourraient ainsi « causer des pathologies graves et perturber le système hormonal ou nerveux des animaux », témoigne l’équipe de recherche du professeur. Le professeur contredit ainsi les déclarations de ses opposants, démontrant que l’origine des pathologies des rats de laboratoire relèverait de l’influence de l’environnement et de leur alimentation.

Gilles-Éric Séralini, invité dans le journal de midi de France 3 Basse-Normandie :

Une publication reportée

Le rapport scientifique du professeur devait être officiellement présenté le 17 juin 2015. Au dernier moment, sa publication avait été reportée, en raison de pressions exercées par les industriels, indique le chercheur. Selon le quotidien suisse Le Temps « les auteurs de l’étude n’avaient pas fourni leurs données brutes, ni déclaré tous les conflits d’intérêt potentiel ». De son côté, le docteur et journaliste Dominique Dupagne (assez critique par le passé avec Séralini, précise France 3 Basse-Normandie), invité à La tête au carré sur France Inter, affirme :

C’est une étude remarquable. (…) Là il démontre que les études des industriels sont faites avec une rigueur absolument nulle. Et moi honnêtement, je trouve qu’on devrait rétracter toutes les études de Monsanto.

Si l’article a finalement été publié, le 2 juillet 2015, l’Université de Caen s’est positionnée pour défendre la publication du rapport, mardi 7 juillet 2015. Elle justifie son soutien, en tant qu’organisme de l’État, aux travaux du scientifique :

Il apparaît par conséquent que l’origine des pathologies et des troubles des rats de laboratoire (tumeurs) est trop rapidement imputée à des causes génétiques. Contrairement aux affirmations des agences sanitaires, ces pathologies ne peuvent pas être appelées « spontanées ou naturelles », confirme-t-elle.

Le reportage de France 3 Basse-Normandie sur l’étude de Séralini :


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