Rouen Polémique après l’expulsion d’un enfant de trois ans

Un enfant de 3 ans a été expulsé jeudi 11 avril, au petit matin, vers la Suède. "Totalement perturbé par la situation, l’enfant n’a cessé de hurler", s’insurgent des associations.

Mise à jour : 11/04/2013 à 15:42 par Briac Trébert

Une mère et un enfant de trois ans, qui habitaient à Rouen, ont été expulsés jeudi 11 avril. Des scènes que l’on aurait voulu disparues, dénonce RESF (Photo d'lllustration : Flick’R/CC/Ernest Morales)
Une mère et un enfant de trois ans, qui habitaient à Rouen, ont été expulsés jeudi 11 avril. Des scènes que l’on aurait voulu disparues, dénonce RESF (Photo d'lllustration : Flick’R/CC/Ernest Morales)

« La région de Rouen compte deux ministres parmi ses élus, Valérie Fourneyron et Laurent Fabius. Elle est aussi, en ce moment, le théâtre de scènes que l’on aurait voulu disparues ». Le Réseau éducation sans frontières (RESF) ne décolère pas. Une mère et un enfant de trois ans, qui habitaient à Rouen après un passage en Suède, ont été expulsés, jeudi 11 avril, vers la Suède « d’où ils risquent fort d’être renvoyés vers le Congo », relate le collectif qui milite contre l’éloignement d’enfants étrangers scolarisés en France.

« Les policiers sont allés la cueillir dans son lit, à Rouen, avec son enfant »

« Cet enfant de trois ans a été enfermé au Centre de rétention de Oissel, près de Rouen, avec sa mère, une jeune congolaise (RDC). Elle était convoquée le 9 avril à “5 heures”, sans autre précision. Elle avait compris 17 heures, comme tout un chacun, les convocations à l’aube étant rares !
Ne la voyant pas arriver à 6 heures du matin, les policiers sont allés la cueillir dans son lit, avec son enfant. Malade ou totalement perturbé par la situation, l’enfant n’a cessé de hurler. Lors de l’audience du tribunal administratif de Rouen devant laquelle la mère et l’enfant ont été traduits, le petit a crié pendant plus d’une heure et demie. Sa mère n’a pas pu assister à l’audience car les cris de l’enfant couvraient la voix des avocats. Même l’escorte policière était atterrée », raconte à 76actu Chantal Czernichow, de RESF, à Rouen.

Mobilisation pour un père de famille d’origine arménienne, également

Lundi 8 avril, des membres de RESF et de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) s’étaient déjà réunis devant l’école Pouchet, à Rouen, pour soutenir un père de famille d’origine arménienne, arrêté et placé au centre de rétention de Oissel, lui aussi. « Cette famille a été déboutée du droit d’asile en procédure prioritaire », dénonce Sébastien Léger, président de la FCPE 76. Le père de famille aurait été arrêté en allant récupérer son courrier.

« Il a été emmené directement au centre de rétention de Oissel. D’abord libéré par le juge des libertés et de la détention, il a été maintenu en rétention après appel du préfet. L’Arménie a délivré un laissez-passer. On a tenté de l’embarquer de force dans un avion, entravé, bâillonné. Le pilote a refusé de l’emmener », poursuit-il.

« Il est de nationalité arménienne mais appartient à la minorité Yézide, persécutée en Arménie », tempête RESF. L’homme a aujourd’hui subi 42 jours de rétention à Oissel, et trois tentatives d’embarquement : la dernière mercredi 10 avril.