Condé-sur-Sarthe Orne. Un médecin molesté à la prison d'Alençon. La tension ne retombe pas

Au lendemain d'une prise d'otages, le personnel du centre pénitentiaire d'Alençon a fait face à un détenu particulièrement violent à l'encontre d'un médecin. Le climat reste tendu.

Mise à jour : 06/01/2016 à 18:47 par Valentine Godquin

Une nouvelle agression s'est produite au centre pénitentaire de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon. (Photo : ©Fotolia)
Une nouvelle agression s'est produite au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon (Orne). (Photo : ©Fotolia)

Les jours se suivent et semblent apporter leur lot de mauvaises surprises pour le personnel du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, près d’Alençon (Orne). Après une prise d’otages de deux surveillants, lundi 4 janvier 2016, un médecin aurait été pris à partie par un détenu le lendemain, lors d’une visite médicale. Une situation qui n’a que trop duré, pour les délégués syndicaux du monde pénitentiaire.

Deux surveillants blessés

Les faits se seraient déroulés vers 11h, alors qu’un détenu était emmené auprès d’un médecin, pour une visite médicale. « Il a été molesté, insulté et bousculé », commente Emmanuel Baudin, représentant syndical de FO Pénitentiaire, pour le Grand Ouest.

Un officier et un premier surveillant l’ont ceinturé, et ils ont dû être six pour arriver à le maîtriser ! Deux d’entre eux ont été blessés, et ont trois jours d’incapacité de travail. L’un est blessé à l’épaule, l’autre au poignet.

« Des grooms et des porte-clés »

Pour Emmanuel Baudin, cette situation n’est qu’un élément de plus parmi les nombreux faits reprochés dans la gestion de ce centre pénitentiaire, qui accueille à  « 80% des détenus exclus des autres établissements ». Ce dernier estime que la prison de l’Orne n’est pas utilisée de la façon initialement prévue, lors de la validation du projet.

Normalement, il y a des créneaux de mouvement, avec des heures fixes de sortie. Ici, les détenus entrent et sortent comme ils le veulent. Les surveillants ne sont que des grooms et des porte-clés ! Cela fait un moment que nous interpellons la direction administrative pénitentiaire de Paris, sur cette situation.

Considéré comme un lieu devant recadrer les détenus, en leur réapprenant à vivre en société, le délégué syndical ne voit pas vraiment de situation contraignante pour les détenus. « Ils arrivent à se regrouper entre eux, alors que tout devrait être fait pour l’éviter. Même ceux qui présentent un potentiel d’évasion peuvent unir leurs forces pour tenter de sortir. »

C’est un lieu que les détenus ne devraient pas fréquenter plus de neuf mois, et certains sont là depuis plus de deux ans ! Comme on ne fait rien comme prévu normalement dans cette structure, certains détenus ne veulent même pas en partir !

Dans un établissement où les effectifs se chiffrent à 120 détenus pour 206 places, le personnel demande à être entendu pour une meilleure application du règlement de l’établissement, pour le bien-être d’un personnel « en pleine souffrance psychologique ».

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