L'astronaute de Rouen, Thomas Pesquet, réalisera une performance artistique dans l'espace

En novembre 2016, Thomas Pesquet, originaire de Rouen (Seine-Maritime) , sera embarqué dans une mission de « poésie spatiale » intitulée Télescope intérieure. Précisions.

Mise à jour : 29/07/2016 à 18:08 par La Rédaction

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L'astronaute Thomas Pesquet, originaire de Rouen, s'embarque dans une mission de « poésie spatiale » (photo d'archive)

Exporter l’art dans l’espace. Voici l’une des prochaines missions dont sera chargé Thomas Pesquet, astronaute français originaire de Rouen (Seine-Maritime). À la mi-novembre 2016, le presque quarantenaire rejoindra la Station spatiale internationale (ISS). À cette occasion, il sera acteur d’une « performance poétique » dans le cosmos, intitulée «Télescope intérieur », et imaginée par l’artiste américain Eduardo Kac, a annoncé le Cnes, agence spatiale française.

Thomas Pesquet, dixième Français à voyager dans l’espace
Thomas Pesquet, astronaute originaire de Rouen (Seine-Maritime), rejoindra la station ISS, en décembre 2016. Il sera le dixième français à voyager dans l’espace.
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Faire flotter le mot « MOI »

Elle sera «très simple», a indiqué Thomas Pesquet par téléphone, rapporte Le Point. La performance sera réalisée un dimanche, sur son temps libre. Elle consistera à faire flotter en apesanteur le mot « MOI » dans l’ISS, par un jeu de découpage et de pliage.

Cela renverra à la fois à l’observation lointaine et à l’introspection. [...] Ce n’est pas moi qui ai créé cette performance. Je ne suis pas capable d’inventer des choses comme cela. Mais j’en suis le vecteur. [...] J’aime bien l’idée de laisser de la place dans l’ISS à autre chose qu’à la technique et la science, explique cet ingénieur et ancien pilote de ligne.

Pour Thomas Pesquet, « les astronautes sont un peu les ambassadeurs de la Terre. Il faut représenter un peu tout le monde, pas juste les scientifiques ». Le Rouennais et l’artiste se sont rencontrés au Centre européen des astronautes à Cologne (Allemagne) pour échanger sur la performance, a précisé Gérard Azoulay, responsable de l’Observatoire de l’espace du Centre national d’études spatiales.

Réinventer le rapport au monde

Selon Eduardo Kac, le poème spatiale s’articule autour du mot «MOI », comme une référence à l’ensemble de l’espèce humaine. L’ « objet poétique » est constitué de la lettre « M », découpée dans une feuille de papier où un rond est coupé au centre et forme la lettre « O ». Le « I » est formé d’une deuxième feuille de papier roulée et glissée à travers le « O ». Le cylindre que forme le « I » est un tube creux, permettant au lecteur de regarder à travers comme une lunette. Cette structure matérielle produit une image poétique qui lie, grâce à l’ouverture cylindrique, le « soi » ( « MOI ») à l’environnement spatial. Le titre Télescope intérieur vient de la lettre « O » qui, étirée aux deux extrémités du cylindre, évoque la forme d’un télescope. Le « Télescope intérieur » devient, une fois manipulé en apesanteur, un instrument à la fois d’observation et de réflexion poétique pour réinventer notre rapport au monde.

Un manifeste de la poésie spatiale

La poésie spatiale est une poésie performative, puisque le corps du lecteur, dans ce cas l’astronaute en apesanteur, est engagé dans une expérience de lecture kinesthésique. Ils contiennent peu de mots mais engagent, pour une fois, la participation totale et directe du lecteur », explique Eduardo Kac.

Né en 1972, Eduardo Kac est l’auteur d’un « manifeste de la poésie spatiale » dans lequel il estime que « la poésie pourra se déployer sous de nouvelles formes lorsque le langage sera libéré des contraintes de l’apesanteur », selon l’Observatoire de l’espace. Le laboratoire Arts-Science a choisi ce projet artistique pour être réalisé à bord de la Station spatiale internationale pour sa portée universelle et sa faisabilité.

Représentant d’une parcelle de l’humanité dans l’espace, Thomas Pesquet incarne un point vivant, une part d’humanité exportée qui est ici l’activateur d’une poésie spatiale. Ses gestes proposent d’engager une méditation à propos de notre avenir sur Terre et sur notre présence croissante dans l’univers », détaille le communiqué de presse du Cnes.

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