Rouen Notre enquête sur le quartier Saint-Clément

S'il est un quartier de Rouen où il fait bon vivre, c'est bien le quartier Saint-Clément. Éloigné de l'effervescence du centre-ville, il a tout pour plaire et il se développe.

Mise à jour : 04/04/2013 à 15:15 par Hervé Pinson

Saint-Clément, son église, son quartier, ses rues au nom parfois insolite, comme la rue de la Folie, adjacente à la rue Saint-Julien. Lorsque l’on interroge quelques passants, tous sont unanimes : « Il n’y a pas grand-chose à voir par ici, mais on y vit bien. » Loin du tumulte du centre-ville de Rouen pourtant tout proche.
Un sentiment de petit village dans la ville, avec ses commerçants, ses écoles, son habitat varié et en plein développement. En témoignent les 65 logements et une crèche d’entreprise en cours de réalisation à côté de la caserne Pélissier. Bientôt, à l’ancienne place des Chartreux, en limite de Petit-Quevilly, des promoteurs immobiliers vont également construire des logements par dizaines.

De Richepanse à Pélissier

Cette caserne, justement, est l’un des fleurons historiques du quartier. Démilitarisée et reconvertie en logements, elle est le témoignage le plus imposant du passé militaire de Rouen. Sa construction a débuté en 1882 pour se terminer en 1885 sur plus de 7,5 hectares. Elle s’appelait Richepanse au départ et a accueilli 1 000 hommes et 800 chevaux du 12e chasseur. Puis elle a accueilli d’autres garnisons par la suite : le 103e régiment d’artillerie lourde, le 406e régiment d’artillerie anti-aérienne, le 42e bataillon ou encore le 12e régiment du Génie. Elle a servi aussi de dépôt aux prisonniers allemands à la Libération. C’est en 1974 que la caserne a pris pour nom Pélissier, nom du maréchal victorieux de Sébastopol en 1855.
Lorsque l’armée s’est réorganisée dans les années 90, les militaires sont partis. Dans les années 2000, le site a été reconverti et laisse place au collège Jean Lecanuet, à des logements, et à un gymnase. La Ville de Rouen y a installé ses services techniques.

La beauté et le calme du Jardin des plantes

Autre fleuron du quartier et non des moindres : le Jardin des plantes dont voici une vue panoramique :

Successivement nommé le « Jardin de l’académie », le « Jardin Planterose » en 1741, puis le « Jardin Trianon » en 1801, il est devenu la Seinatorie de la Seine-Inférieure, après son acquisition par Napoléon en 1811.
En 1820, un horticulteur anglais, Carc Clavert, y a établi ses serres et a cultivé des dahlias. La Ville de Rouen achète un terrain en 1832 pour y transférer le jardin botanique. Le « Jardin des plantes » est créé et ouvert en 1840. C’est aujourd’hui un vrai poumon vert où aiment se rendre les Rouennais et en particulier ceux qui habitent tout près de lui.

Les habitants aiment leur quartier

Guillaume Dartois est coiffeur place saint-Clément. Installé depuis 8 ans, il préside l’association des coiffeurs de Rouen et de son arrondissement.

« J’adore ce quartier. Je viens de Neufchâtel-en-Bray et je retrouve ici le village dans la ville. On y trouve des commerces de qualité, plutôt traditionnels, et un état d’esprit bon enfant. Tout le monde se dit bonjour et se connaît plus ou moins. L’avantage, c’est le Jardins des plantes, à proximité, c’est une bouffée d’oxygène. J’y vais le dimanche avec mes enfants. »

Il nuance toutefois concernant les derniers aménagements : « On aurait aimé avoir une zone bleue, mais depuis quelques mois, la rue Saint-Julien est devenue payante. Nous avons des pistes cyclables mais en nombre insuffisant et pas assez larges. »

Manque de dynamisme ?

Boulanger bien connu rue Saint-Julien, Jean-François Osmont aime lui aussi cet esprit villageois.

« On est dans les faubourgs de Rouen. Les riverains disent lorsqu’ils vont dans le centre-ville de Rouen qu’ils vont en ville ! Il y a un manque de communication avec le reste de l’agglomération, du coup. Il faudrait rétablir un trafic simple et direct sur la place des Chartreux, et peut-être revitaliser le centre du quartier commercial, rue Saint-Julien. Le secteur doit être redynamisé. »

Une redynamisation qui passe justement par le renouvellement urbain, déjà commencé, et qui devrait prendre encore de nombreuses années.

  • Et vous, que pensez-vous de ce quartier ?