Normandie. Le plan de l'Agence régionale de santé pour mieux soigner, dans les campagnes

Quelle sera la carte des services de santé de demain, en Normandie ? Alors que des regroupements hospitaliers sont programmés, l'ARS dessine les traits de son futur plan régional.

Mise à jour : 27/03/2016 à 07:22 par La Rédaction

Les groupements hospitaliers de territoire pourraient être une réponse pour lutter contre la désertification médicale. (Photo : ©Fotolia JPC-PROD)
Les groupements hospitaliers de territoire pourraient être une réponse pour lutter contre la désertification médicale. (Photo © Fotolia/JPC-PROD)

Se regrouper pour survivre. Dans les centres hospitaliers de province, des changements d’organisation et dans l’offre de soins se produisent, depuis plusieurs mois : fermeture de maternités, de services d’urgences… Professionnels de santé et patients vivent au rythme des nouvelles annonces de l’Agence régionale de santé (ARS) de Normandie, qui travaille sur l’élaboration d’un nouveau Plan régional de santé (PRS), propre à la grande Normandie.
Manque de personnel, économies… La mutualisation des moyens et des services est de mise, pour garantir aux patients de la région un accueil optimal et une prise en charge correspondant à leurs attentes. Vincent Kaussmann, directeur général adjoint de l’ARS Normandie, fait le point sur les changements en cours sur le territoire.

Démographie médicale : un enjeu

Quelques semaines après la fusion des deux ARS de Normandie, le pôle régional se concentre sur l’écriture du prochain PRS, qui permettra de définir la carte des services de santé opérationnels dans la région. Un enjeu de taille, pour assurer l’équilibre de la démographie médicale.

Il faut prendre en compte les éléments de l’identité du territoire normand, et les similitudes de l’enjeu de la démographie médicale, tant sur les praticiens, que les établissements de santé publique comme privée, sur l’ensemble du territoire.

Urgences supprimées, maternités fermées…

Parmi les modifications en cours, dans la répartition des services de soins, le cas notamment des urgences de l’hôpital de Valognes (Manche), fait partie de ces réflexions menées dans le courant de l’année 2015. Ce service travaillait en équipe mutualisée avec le centre hospitalier de Cherbourg.
Or, durant l’été 2015, faute de spécialistes suffisants pour assurer le service, les urgences ont temporairement fermé leurs portes. « Les équipes étaient insuffisantes pour faire fonctionner les urgences, 24h/24 et 7j/7. » Pour résoudre ce problème majeur, une solution et un nouveau mode de fonctionnement ont été mis en place :

Depuis le 7 mars 2016, nous avons ouvert un centre de soins, à la place des urgences. Il est ouvert pour le moment 5 j/7, de 8h30 à 18h30. Pour s’y rendre, les patients doivent contacter le 15 pour être orientés en fonction des pathologies, dans ce service, ou aux urgences d’un autre centre hospitalier. L’appel est indispensable. C’est une évolution par rapport aux services de médecine ambulatoire, déjà mis en place ailleurs, et qui étaient encore insuffisants.

Les soins y sont prodigués sur de courtes périodes, et Vincent Kaussmann précise que le personnel présent dans ce nouveau service de Valognes éprouve « une grande satisfaction à faire fonctionner ce centre de soins ». Ce dispositif devrait également être mis en place à l’hôpital d’Aunay-sur-Odon (Calvados), pour un fonctionnement qui se déclinerait tout au long de la semaine, week-end inclus. « C’est une évolution importante, et le fonctionnement, tous les jours, sera à évaluer en fonction de l’attractivité de ce centre, dans les prochaines semaines. »

Vers des groupements de centres hopitaliers

À Valognes comme à Aunay-sur-Odon, l’évolution de la démographie médicale était un argument de poids, tout comme le manque de spécialistes, de plus en plus criant dans les hôpitaux de province. Pour pallier cette situation alarmante, la réforme de la Santé, initiée par la Ministre Marisol Touraine prévoit notamment la création de Groupements hospitaliers de territoires (GHT), dans l’ensemble de la France.
Cette alternative, en discussion notamment en Normandie, devrait permettre, dans un premier temps, de tracer les premières lignes de ce projet, d’ici au 1er juillet 2016.

Dans la conférence de presse que la Ministre a donnée, jeudi 17 mars 2016, il est question de mutualiser un certain nombre de fonctions entre différents centres hospitaliers », commente le directeur général adjoint de l’ARS Normandie.

L’idée serait de favoriser la coopération entre les hôpitaux publics, afin de « maintenir et de consolider l’égalité d’accès aux soins pour tous, en tout point du territoire », comme l’a évoqué la Ministre Marisol Touraine. Pour leur mise en place, une enveloppe de 10 millions d’euros a été débloquée par l’État, pour un « accompagnement national, régional et territorial de ces projets », ainsi que la mise en place d’un comité de suivi, pour aider les établissements à définir leurs projets.

Des pôles de santé, dans les campagnes

En parallèle, ces rapprochements entre professionnels de santé seront amenés à se développer sur le territoire normand, par la création, entre autres, de structures comme le pôle de santé libérale et ambulatoire (PSLA), dans les campagnes, afin de développer les liens entre professionnels de santé, et inviter les jeunes praticiens à s’installer dans les territoires moins attractifs, au premier abord.

Tous les acteurs sont réunis sur les territoires pour garantir un exercice professionnel attractif », ajoute Vincent Kaussmann. « Cela montre aussi que les professionnels recherchent un travail en équipe. Une équipe suffisante en nombre, pour partager les contraintes dans la permanence des soins.

Pour le directeur général adjoint de l’ARS de Normandie, ces regroupements entre les centres hospitaliers, ou entre praticiens de province, est un moyen « dans la durée », de retrouver « une certaine forme d’attractivité » sur les territoires où la désertification médicale est manifeste, et de permettre aux patients de bénéficier d’une offre de santé répondant à leurs attentes.
Le plan régional de santé, à définir dans la région, pourra ainsi devenir le moteur d’une meilleure répartition des soins, dans les campagnes les plus reculées.

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