Lisieux Normandie. La lycéenne se jette sous un train. Sa mère témoigne, son oncle interpelle la ministre

Après le suicide de Juliette, à Lisieux, jeudi 3 mars 2016, sa mère témoigne. Des photos intimes de la lycéenne avaient été diffusées. Son oncle a écrit à Najat Vallaud-Belkacem.

Mise à jour : 08/03/2016 à 16:42 par Julien Bouteiller

La jeune fille s'est jetée sous un train à Lisieux (Calvados) (photo Le Pays d'Auge)
Juliette, 15 ans, s'est jetée sous un train à Lisieux (Calvados), après la diffusion de photos intimes. (Photo © Le Pays d'Auge)

Jeudi 3 mars 2016, à Lisieux (Calvados), sa fille de 15 ans, Juliette, s’est donnée la mort en se jetant sous un train. « Rien n’a laissé penser qu’elle allait faire ça. Ça nous tombe dessus comme ça. On n’était au courant de rien », témoigne sa mère, Véronique Lebas, dans les colonnes du Pays d’Auge.

Une première tentative de suicide une semaine avant

Véronique est d’autant plus abasourdie qu’elle ne savait rien des photos intimes de sa fille, qui circulaient de téléphone en téléphone dans son lycée, photos qui seraient à l’origine de l’acte désespéré de l’adolescente. Des photos qui auraient été prises lorsqu’elle n’avait que 13 ans, et qui ont refait surface, deux ans plus tard. C’était une semaine avant le drame.

On n’a rien remarqué. Sa meilleure amie nous a dit qu’elle avait fait une tentative de suicide, une semaine avant son acte. Elle a voulu se jeter sous un train à la petite gare mais ses copines l’ont retrouvée et retenue. Juliette leur a alors dit de ne rien me dire, sinon elle leur parlerait plus. Et, elle leur a juré qu’elle ne recommencerait plus jamais. Si on l’avait su, on l’aurait emmenée d’emblée voir un psychiatre. Tout s’est passé si rapidement », regrette Véronique Lebas.

Désormais, la maman réclame justice pour sa fille et pour toutes les autres victimes de harcèlement scolaire. « On attend que la police fasse son travail pour se reconstruire et pour que d’autres enfants ne fassent pas la même chose. Ces sales gosses font du mal à tout le monde » confie-t-elle.

Une famille sous le choc

Véronique n’est pas seule à être en colère. Alexandre, l’oncle et parrain de Juliette, veut lui aussi des réponses. « Madame la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem, c’est le cœur lourd et noyé par le chagrin que je veux attirer votre attention sur le suicide de Juliette ». Ainsi commence la lettre ouverte publiée sur Facebook et adressée à la ministre de l’Éducation nationale.
Alexandre dénonce un « harcèlement monstrueux » dont aurait été victime Juliette. Il appelle désormais la ministre à se saisir de cette affaire pour qu’un tel drame ne se reproduise pas et qu’il ne reste pas impuni. Pour l’heure, le ministère n’a pas donné de réponse à cette lettre ouverte.

Madame la ministre de l’éducation Najat Vallaud Belkacem,C’est le cœur lourd et noyé par le chagrin que je veux…

Posté par Alexandre Ray sur dimanche 6 mars 2016

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