Lisieux Normandie. La lycéenne se jette sous un train. Sa mère porte plainte

Jeudi 3 mars 2016, une jeune fille de 15 ans s’est jetée sous un train, à Lisieux (Calvados). Sa mère a porté plainte contre X, pour « atteinte à l’intimité » de la vie privée.

Mise à jour : 11/03/2016 à 11:32 par La Rédaction

Juliette, 15 ans, a été fauchée par un train, jeudi 3 mars 2016 (Capture d'écran Facebook)
Juliette, 15 ans, a été fauchée par un train, jeudi 3 mars 2016. (Capture d'écran Facebook)

Drame, jeudi 3 mars 2016, à Lisieux (Calvados). Juliette, 15 ans, a mis fin à ses jours, en se jetant sous un train. Selon plusieurs témoignages, l’adolescente n’aurait pas supporté la diffusion de plusieurs « photos intimes », la mettant en scène.

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Quelques jours après les faits, la mère de l’adolescente a porté plainte contre X pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » et contre « toute autre infraction que l’enquête pourrait permettre d’établir », rapporte le Pays d’Auge. « On attend que la police fasse son travail pour se reconstruire et pour que d’autres enfants ne fassent pas la même chose », avait-elle confiée dans un entretien avec l’hebdomadaire. Les obsèques ont eu lieu mercredi 9 mars 2016, à Courtonne-la-Meurdrac (Calvados).

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L’ex-petit ami mis en cause ?

Selon RTL, le commissariat de Lisieux aurait auditionné l’ex-petit ami de Juliette, qui aurait « reconnu qu’il était bien l’auteur des photos prises il y a près de deux ans (…). En revanche, il aurait nié être responsable de leur diffusion sur les réseaux sociaux, et donc du harcèlement qui s’en est suivi ». Une information sur laquelle le parquet de Lisieux s’est refusé à tout commentaire :

L’enquête est en cours. Les auditions ne sont pas terminées. La police doit encore entendre un certain nombre de personnes de l’entourage de l’adolescente. Elle n’a pas laissé d’explication, ni écrite, ni orale », a répondu David Pamart, procureur de la République.

La ministre l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, répond à la famille

Au lendemain du drame, Alexandre, l’oncle et parrain de Juliette, avait interpellé la ministre Najat Vallaud-Belkacem : « Madame la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem, c’est le cœur lourd et noyé par le chagrin que je veux attirer votre attention sur le suicide de Juliette ». « Je connais votre engagement et le combat que vous menez contre toutes formes de harcèlement à l’école ainsi que les convictions qui sont les vôtres en matière de protection de notre jeunesse. Je vous demande de vous saisir de cette affaire, je vous supplie saisissez cette affaire ! », avait-il demandé. Quelques jours après, la ministre s’est exprimée auprès de nos confrères de Paris-Normandie, répondant à la détresse de la famille :

Il n’y a rien de plus injuste, de plus terrible, que la perte d’un enfant (…) La lutte contre le harcèlement, le cyber-harcèlement, est une priorité de chaque instant et est l’affaire de tous (…) Les pratiques de “sexting” et de “revenge porn”, où des jeunes filles sont attaquées via des images ou vidéos intimes diffusées sur les réseaux sociaux, se multiplient et causent des véritables drames »

La ministre avait également rappelé les actions mises en place contre le harcèlement, notamment grâce à l’association Non au harcèlement.

Une enquête est en cours donc je ne peux, pour le moment, m’exprimer directement sur le décès de cette jeune fille », avait-elle précisé.

Selon les chiffres du gouvernement : 4,5 % des collégiens seraient victimes du cyber-harcèlement. L’utilisation d’internet, des téléphones portables ou encore des réseaux sociaux « fait que le harcèlement entre élèves se poursuit en dehors de l’enceinte des établissements scolaires ». Un numéro vert national « Net Ecoute » , 0800 200 000, propose des solutions juridiques et psychologiques adaptées à la victime de cyber-harcèlement, à sa famille et au personnel éducatif.
Selon une enquête réalisée par l’Unicef et l’Observatoire : 12% des écoliers (CE2, CM1, CM2) souffriraient de harcèlement, soit 295 600 élèves sur 2 463 065. Et 5 % des élèves subissent un harcèlement sévère, soit 123 000 écoliers. 10% des collégiens subissent un harcèlement, soit 332 000 élèves sur 3 332 000 collégiens. Et 7% des collégiens sont confrontés à un harcèlement sévère, soit 233 000 élèves (enquêtes de la Depp 2011, 2013). 3,4% des lycéens souffrent de harcèlement, soit 73 000 lycéens sur 2 140 900. Et 1,3% des lycéens de harcèlement sévère, soit 27 830 lycéens.
Le numéro vert 3020 « Non au harcèlement », ouvert du lundi ou vendredi de 9h à 18h (sauf les jours fériés), est animé par un réseau de 250 « référents harcèlement », chargé de la prise en charge de situations de harcèlement. « Ils aident et conseillent également les écoles et les établissements pour la résolution des situations de harcèlement. »

Video. La dernière campagne contre le harcèlement.

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