Alençon Normandie. Depuis 30 ans, le trésor de 450 000 euros était caché dans un tiroir !

Dans l'Orne, un client est venu voir le commissaire-priseur, avec un reliquaire... pour tenter de le vendre quelques centaines d'euros. L'État vient de l'acquérir à 450 000 euros.

Mise à jour : 08/02/2016 à 07:51 par Manon Loubet

Ce reliquaire du XIVe siècle, d'une valeur de 100 000 euros, est resté caché dans un tiroir pendant 30 ans. (photo : DR)
Ce reliquaire du XIVe siècle, d'une valeur de 450 000 euros, était resté caché dans un tiroir pendant 30 ans. (photo : DR)

« C’est une histoire qui n’arrive qu’une ou deux fois dans la vie d’un commissaire-priseur », assure Patrice Biget, commissaire-priseur à l’hôtel des ventes d’Alençon (Orne). Un matin, un client est venu lui remettre un trésor qui dormait dans son tiroir depuis plus de 30 ans. Un vieil objet, pour lequel le client espérait récupérer quelques centaines d’euros.

Cet objet paraissait intéressant, très beau. Mais je ne savais pas si c’était un faux ou un authentique. Je l’ai alors fait expertiser à Paris, chez un spécialiste du Moyen-Âge », raconte avec enthousiasme Patrice Biget, à Normandie-actu. « Le client pensait le vendre dans les 1 000 euros. Au retour de l’expertise, je lui ai annoncé qu’il en valait près de 100 000 ! »

L’État préempte pour 450 000 euros

Mais la surprise ne s’arrête pas là, pour cet habitant de Normandie. Le reliquaire, qui a près de 700 ans, a été mis aux enchères, samedi 6 février 2016. Mise à prix : 50 000 euros. Rapidement, les enchères se sont envolées. La barre des 400 000 euros sera franchie en quelques minutes. « Au coup de marteau final, le reliquaire sera adjugé à 450 000 euros à un acheteur au téléphone », relate Ouest-France.
Nouveau coup de théâtre, quelques secondes après la fin des enchères. Le dernier acquéreur ne repartira pas avec le trésor : la pièce, exceptionnelle, fait l’objet d’une attention particulière. Celle de l’État, qui a décidé de se l’offrir pour compléter la collection du musée de Cluny, spécialisé dans le Moyen-Âge. Le reliquaire fait l’objet d’une préemption et appartient donc désormais au patrimoine national.

Un trésor sauvé de la Révolution

450 000 euros, une grosse somme pour ce client, un habitant de la partie ornaise du Pays d’Auge, qui n’est ni collectionneur ni antiquaire. Ce particulier possédait l’objet chez lui, sans connaître son histoire. « Il ne savait même plus vraiment d’où il venait… » Le reliquaire, une sorte de tableau fait d’argent, saphirs et de diamants, n’est autre qu’une pièce royale. Il a été conçu par Jean Pucelle, un célèbre orfèvre de la cour. « Cette œuvre a été réalisée selon une technique toscane du XIIIe siècle, qui s’est ensuite répandue dans les ateliers parisiens de la cour », continue avec passion le commissaire-priseur.
Datant du XIVe siècle, ce tableau représente un Christ en croix. « À l’époque, ce trésor vivait dans la Sainte-Chapelle de Paris. C’est l’une des rares pièces qui a réussi à survivre à la Révolution, où tout avait explosé…, précise Patrice Biget. A l’instar du reliquaire, une statuette de la Vierge et l’enfant était resté entière, elle est aujourd’hui exposé au Louvre. »

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