Rouen Nicolas Bay, candidat FN en Normandie, au cœur d'une affaire de fraude au Parlement européen ?

La présidente du FN, Marine Le Pen, a-t-elle fraudé au Parlement européen ? Des eurodéputés, dont Nicolas Bay, candidat aux Régionales en Normandie, auraient voté à sa place.

Mise à jour : 03/11/2015 à 17:13 par La Rédaction

Nicolas Bay, conseiller régional de Haute-Normandie, député européen, a-t-il voté à la place de Marine Le Pen, mercredi 28 octobre 2015, au Parlement européen ?
Nicolas Bay, conseiller régional de Haute-Normandie, député européen, a-t-il voté à la place de Marine Le Pen, mercredi 28 octobre 2015, au Parlement européen ?

Mercredi 28 octobre 2015, les eurodéputés accusaient Marine Le Pen d’avoir fraudé durant une session de vote au Parlement européen. La députée européenne, Anna Maria Corazza, a dénoncé publiquement la tricherie : l’élue FN est accusée de s’être fait remplacer pour des votes. En son absence, sa carte de vote aurait été utilisée à au moins huit reprises. Les soupçons se porteraient sur le Néerlandais Marcel de Graaf, co-président du groupe parlementaire Europe des Nations et des Libertés. Selon l’élue du Parti populaire européen (PPE), Nicolas Bay, candidat FN aux Régionales en Normandie, aurait également voté à plusieurs reprises à la place de la présidente de son parti.

Des votes litigieux entre 14h15 et 14h18

Au Parlement européen, chaque vote est nominatif et chaque élu dispose d’une carte de vote personnelle. Selon les dires de la députée européenne, Anna Maria Corazza, quelqu’un aurait voté à la place de Marine Le Pen, alors qu’elle était absente de l’hémicycle. Peu avant, l’élue s’étant absentée, un autre député aurait voté en son nom. C’est Nicolas Bay que la députée européenne, à l’origine du scandale, désigne :

Mercredi dernier donc, un premier vote en assemblée plénière porte sur les émissions de CO2 par les voitures. Or, je vois madame Le Pen quitter son banc ostensiblement pour aller parler à un collègue. C’est le secrétaire général du FN et député européen Nicolas Bay qui vote à sa place. Prudente, j’attends la suite, confie Anna Maria Corazza à Paris Match.

Puis, Marine Le Pen quitte l’hémicycle. Durant son absence, sept votes sont enregistrés. Marcel de Graaf, député néerlandais coprésident du groupe d’extrême-droite Europe des nations et libertés (ENL), se serait exprimé en lieu et place de l’élue FN.

Une enquête ouverte

La députée européenne a dénoncé ce tour de passe-passe, choquée par cette atteinte à la démocratie.

Je me lève et interroge le président de séance: « Mais enfin que que se passe-t-il au groupe ENL? » À cette question, des applaudissements colossaux retentissent dans l’hémicycle. Le service de la plénière qui possède tous les enregistrements vidéo des séances est saisi. J’ai conscience de prendre un gros risque car s’il juge que je me suis trompée, on va me considérer comme folle. Le jour-même, le service saisi confirme mes dires. Jeudi matin, la conférence des présidents des groupes politiques se réunit.

De son côté, Marine Le Pen, en réponse à l’interview parue dans les colonnes de Paris Match, s’élève contre les « accusations diffamatoires de madame Corraza (…) Si un député a effectué six votes en mes lieu et place, il l’a fait de son propre chef et sans jamais avoir obtenu mon autorisation. Je rappelle que j’ai lors de cette session voté durant 2h15 plus de 400 fois. Ma totale innocence dans cette affaire a été actée devant la conférence des présidents. » De son côté, la députée conservatrice suédoise insiste :

Marcel de Graaf reconnaît qu’il a fait une erreur en votant à sa place. Comme Nicolas Bay me le confiera aussi. Lors de la plénière jeudi, je reprends la parole en demandant au président la suite qu’il entend donner à ces votes fantômes. Il assure qu’une investigation complète va être lancée. Madame Le Pen, elle, donne sa vision: son collègue de Graaf aurait agi sans son autorisation mais par «esprit chevaleresque». Elle se dit vraiment désolée d’avoir oublié sa carte électronique à sa place. Elle est littéralement huée par l’hémicycle.

Il appartient au président du Parlement, Martin Schulz, en concertation avec la conférence des présidents, de décider des suites à donner à l’affaire. Contacté par Normandie-actu, Nicolas Bay n’a pas souhaité s’exprimer et réfute le terme même de « fraude ». 

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