Péage gratuit au pont de Normandie. Des salariés de la cimenterie Lafarge manifestent

Mardi 23 février 2016, opération péage gratuit au pont de Normandie. Les salariés de la cimenterie Lafarge manifestent : sur le site, près du Havre, 113 emplois seraient menacés.

Mise à jour : 23/02/2016 à 11:15 par La Rédaction

L'accès au pont de Normandie était gratuit,
L'accès au pont de Normandie était gratuit, mardi 23 février 2016, de 6h30 à 9h. Les salariés de Lafarge protestent contre la restructuration annoncée du site de Saint-Vigor-d'Ymonville, près du Havre (Seine-Maritime).

La circulation était ralentie aux abords du péage du pont de Normandie, mardi 23 février 2016. L’accès au pont est resté gratuit, de 6h30 à 9 h du matin. Des salariés de la cimenterie Lafarge protestaient contre la suppression annoncée de 113 postes sur les 143 que compte le site de Saint-Vigor-d’Ymonville, près du Havre (Seine-Maritime). Les grévistes sensibilisaient la population à leur avenir. Ils promettent de nouvelles actions « coups de poing ».

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La fin de la production de ciment sur le site du Havre

Mardi 12 février 2016, les employés de la cimenterie Lafarge de Saint-Vigor d’Ymonville apprenaient la nouvelle : le groupe Lafarge-Holcim devrait arrêter la production de ciment dans deux usines. Le site de l’agglomération du Havre est touché par cette restructuration de l’entreprise et ce « projet de transformation de son outil industriel ». L’usine du Havre devrait, à l’horizon 2017, devenir une usine de broyage.

Sur les 144 collaborateurs que compte la cimenterie du Havre, Lafarge France s’engage à proposer aux 92 salariés concernés par cette transformation des solutions de reclassement en France, a annoncé la direction.

Les syndicats annoncent un chiffre de 114 salariés qui seraient touchés par ce plan de restructuration. Mobilisés, ils ont accueilli les automobilistes sur le pont de Normandie, qui ont pu passer les péages sans s’acquitter de la somme habituelle.

Nous accentuons maintenant les opérations de communication. Nous voulons dénoncer la politique du Suisse Holcim qui est devenu majoritaire dans notre groupe, en juillet 2015. Alors que nous produisons un ciment normand et qui profite à l’économie circulaire, les Suisses font le choix de casser notre outil industriel au profit de la côte boursière. Holcim a clairement exprimé ses intentions au comité européen : le site de Saint-Vigor-d’Ymonville est sacrifié pour assurer au groupe une plus grande rentabilité et accroitre les dividendes des actionnaires. L’objectif affiché est de multiplier par quatre, dans les prochaines années, les dividendes », peste le secrétaire général CGT du site de Saint-Vigor-d’Ymonville, David Auguet, sur Normandie-actu.

Sa colère est d’autant plus grande que 80 millions d’euros d’investissement étaient encore prévus sur le site, près du Havre, en 2012. Mais la fusion Lagarge-Holcim est passée par là et les Suisses vantent l’importation du clinker (NDLR : matière première pour fabriquer le ciment) étranger plutôt que de favoriser une production locale », se désole le syndicaliste. La CGT promet ainsi d’autres actions, dans les semaines à venir et programme, notamment, des rencontres avec les élus locaux et régionaux.

Nous allons défendre une solution alternative qui assurerait le maintien des emplois et d’un outil industriel local. Nous voulons voir si les politiques auront la volonté de défendre un produit estampillé « 100 % Normand ».

Le président de Région Normandie, Hervé Morin sera l’un des premiers élus questionné.

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