Rouen Mort en garde à vue, à Rouen, en 2009. Un médecin au tribunal, à Paris

Christian, un jeune homme de 22 ans, était mort en garde à vue à Rouen (Seine-Maritime), début avril 2009. Un médecin est jugé pour « homicide involontaire ».

Mise à jour : 27/01/2016 à 14:23 par La Rédaction

(Photo d'illustration © SICOP/DGPN)
En avril 2009, un jeune homme de 22 ans était mort au cours de sa garde à vue, à Rouen. (Photo d'illustration © SICOP/DGPN)

Christian, un jeune homme alors âgé de 22 ans, placé en garde à vue dans le cadre d’une commission rogatoire d’un juge enquêtant sur le décès suspect de son bébé de trois mois, était mort, début avril 2009, à l’hôtel de police de Rouen (Seine-Maritime). Il avait été retrouvé décédé vers 7h du matin, lors d’une ronde de policiers dans une geôle du commissariat où il avait passé la nuit.

Vu par des médecins pendant sa garde à vue

Le parquet de Rouen avait ordonné une enquête confiée à la sûreté départementale de la Seine-Maritime, et une autopsie. Elle n’avait pas révélé de traces de violences sur le corps de la victime, mais le parquet avait ordonné des analyses toxicologiques complémentaires.
Le jeune homme, domicilié à Saint-Étienne-du-Rouvray, avait été vu plusieurs fois par des médecins au cours de sa garde à vue, commencée la veille, peu avant 10h. Des médicaments lui avaient été à chaque fois prescrits. L’avocat de la famille, Me Philippe Drouet, avait demandé que soit vérifié si les médicaments prescrits étaient les bons au regard des symptômes, et s’ils étaient compatibles entre eux.

Une dose trop élevée de méthadone

Un médecin de Rouen, aujourd’hui âgé de 80 ans, est jugé pour « homicide involontaire » devant le tribunal correctionnel de Paris, mercredi 27 janvier 2016. Il devra s’expliquer sur une ordonnance délivrée la veille du décès de Christian. Sur une dose trop élevée de méthadone – associée à d’autres médicaments – qui aurait provoqué sa mort.
Le papa de la victime, Claude Courchay, témoigne dans Paris-Normandie, mercredi 27 janvier. Son fils avait été convoqué à l’hôtel de police dans le cadre d’une enquête ouverte après le décès en septembre 2008 de sa fille âgée de trois mois qui aurait pu être victime du syndrome du « bébé secoué ».

« Nous n’avons jamais su ce qui s’était passé »

Le parquet avait ouvert une information judiciaire en ce sens à la suite d’un signalement fait par l’hôpital où l’enfant était mort. « Mon fils, son ex-compagne et mon ex-femme avaient été placés en garde à vue pour ces faits. Nous n’avons jamais su ce qui s’était passé. En mourant, Christian a emporté son secret avec lui », relate le père de la victime, dans les colonnes du quotidien régional.
Après la mort de Christian, un non-lieu avait été prononcé dans cette affaire. Le jeune homme, père de deux autres garçons, âgés aujourd’hui de 7 et 8 ans (ils ont été placés en foyer), avait toujours affirmé qu’il n’était pas responsable de la mort de Célestine.

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